[CHRONIQUES] L’Incipide Mainstream VS. L’Intègre DIY

Mainstream VS DIY

Depuis l’avènement du digital on entend parler que l’industrie de la musique se porte mal. Mes oreilles saignent. Les grands labels comme Universal sont en perte de croissance, EMI se fait acheter, Roadrunner ferme des bureaux partout en Europe. Bref, ça va mal pour les grands manitous.

C’est vrai que les grosses machines à cash vont perdre quelques millions par années. Les téléchargements illégaux représentent un viol aux comptes en banque de nos très chers rock stars. Est-ce que ça vous fait brailler ? Moi, pas vraiment. Je sais que ça peut représenter un fléau pour les plus petits groupes, mais ça peut aussi être très bénéfique. De toute façon, je ne veux pas débattre de l’impact des téléchargements illégaux.

Mon point ici, c’est d’essayer de voir ça de l’autre côté de la médaille. Alors qu’on cri dans les médias qu’on pourrait assister à la mort de l’industrie musicale, la musique indépendante, elle, vient profiter de la merveilleuse vitrine que représente Internet. Côté visibilité, pas besoin de vous faire un dessin pour vous démontrer que les différentes plates-formes telles que Bandcamp, Myspace ou plus récemment Grooveshark représentent une véritable révolution en soi.

Tighrope DIY

En demandant une légère contribution ou simplement en offrant gratuitement le téléchargement, le public peut facilement ajouter la musique à son MP3 pour prendre goût au groupe. Pour Bandcamp,  c’est 4 millions de chansons et près de 500 000 albums disponibles en streaming ou téléchargement, le tout provenant de 180 différents pays. La tendance devient générale. Plusieurs artistes décident de publier en exclusivité un album tout juste avant sa sortie, une espèce de nouvelle technique de marketing qui vient définitivement plaire aux consommateurs que nous sommes.

Grâce à ces outils, n’importe quel groupe avec le moindre talent peut se faire connaître à travers la planète, ayant des appuis et des écoutes du fin fond de l’Alaska jusqu’à la Thaïlande. On n’a qu’à penser à la découverte des jeunots d’Iceage ou celle du duo de Japandroids (vous voyez le portrait). L’objectif de se faire signer sur une grosse boîte devient moins important, puisqu’on commence à comprendre qu’on peut s’auto distribuer si facilement. Ainsi, la musique indépendante prend son expansion. Le DIY devient une norme pour plusieurs.

De l’autre côté,  les labels qui se disaient autrefois indépendants deviennent de plus en plus fades avec une formule ‘’gagnante’’ qui vient m’effriter les tympans. Un album sans âme que j’appelle. Mais de toute  façon de la crap, il va toujours en avoir. Ce que j’admire, c’est l’explosion des vrais labels indépendants. Les amis des groupes qui veulent les aider. Le petit label sorti de nulle part de l’Allemagne, mais qui veut distribuer le band du Mexique. La distro de Montréal qui sort un band de la République tchèque.  J’aurai 1000 noms d’étiquettes à vous donner, mais vous comprenez le principe. Bref, on assiste à une sorte d’épuration dans le domaine musical. La musique préfabriquée, on la remarque. La musique indépendante, celle qui est fait pour les vraies raisons, on l’aime et on l’achète.

Verdun DIY

Il devient d’autant plus facile de se procurer une copie physique ou autres avec des sites tel que Big Cartel,  gérés très souvent par les bands eux-mêmes. Pour se démarquer, les groupes en viennent à utiliser les anciens formats, tels que les vinyles ou même les cassettes. Les pochettes de CD fabriqués à la main. On offre quelque chose de plus personnalisé,  d’original et de plus intéressant, notamment en proposant des items limités, numérotés ou sérigraphiés. Quelque chose qui vient stimuler et animer le consommateur. Quelque chose qui ne se retrouve pas dans les bacs des grandes chaînes de magasins de musiques et qui ne se retrouvera définitivement pas sur le billboard. T’as compris HMV ?

Autrement dit, arrêtons de parler que l’industrie musicale se porte mal. La vraie scène musicale, elle, est en train de prendre son expansion. Elle se crée d’elle-même et se distribue d’elle-même. Elle est faite non pas par ceux qui voient un signe de piace lorsqu’un nouvel album sort, qui va être retravaillés par 4 producteurs pour qu’elles puissent rejoindre le plus de clients possible,  mais par ceux qui le font par amour, par passion et surtout par dévotion.

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