[CRITIQUES] Beau Navire – Lumens – Moment Of Collapse Records / React With Protest (2012)

Beau Navire - Lumens - Moment Of Collapse Records / React With Protest (2012)

Mais que mettent-ils dans l’eau de la baie de San Francisco? Il devient légitime de se poser la question en ramifiant un peu l’arbre généalogique de Beau Navire et en constatant le parcours ainsi que le pedigree impressionnant des membres du groupe. Comprenant des membres de Loma Prieta et de I Wrote Haikus About Cannibalism In Your Yearbook, il n’est pas difficile d’imaginer les couleurs que le groupe affiche.  Mélodies dissonantes, distorsion désaturée, tempos hypersoniques et accalmies oniriques se côtoient et s’entremêlent. Lumens est une œuvre dichotomique déchirée entre le bruit parasitaire et la mélodie, la joie et la haine, la vie et la mort. Une célébration des hauts et des bas de la vie ainsi que des excès de caféine le matin. Ou quelque chose comme ça…

Après 3 splits, le EP Life Moves et un long jeu, la troupe débarque à nouveau à peine un an après la sortie de Hours pour nous remettre ENCORE une claque de hardcore spastique et chargé d’émotions. Est-ce que je vous entends vous plaindre?

Les premières secondes passées avec le premier titre de l’album Prisms, comportent un lot de familiarité. Oui, on a un peu l’impression d’avoir très récemment entendu quelque chose du genre sur I.V de Loma Prieta. Mais l’impression de déjà vu n’est que ça; une impression. Autant I.V aura su polarisé les vieux fans de Loma dû a un certain manque de structure mélodique, Lumens trouvera une comparaison plus facile chez son grand frère spirituel Dark Mountain. L’œuvre de Beau Navire se doit par contre d’être considérée parallèle à celle de Loma Prieta et non entremêlée. Les chemins empruntés sont similaires, mais le voyage et la destination sont bien différents.

Étant donné que les principaux ingrédients ayant fait de Hours un incontournable du screamo en 2011 (dont ce fameux Jack Shirley derrière la console) sont tous de retour, Lumens saura satisfaire les vieux loups et saisir l’attention de nouveaux fans. Ou du moins convaincre les sceptiques qui ont trouvé leur petit dernier un peu trop brouillon et éparpillé. Les idées sont ici plus développées, plus ambitieuses et exécutées avec une plus grande précision. Si le premier long jeu du groupe vous étourdissait, celui-ci vous donnera le vertige.

La première moitié de l’album s’envole en un clin d’œil. Les choses finissent par ralentir un peu, le temps que Disgust & Fate finisse de torturer les tympans, amplificateurs et guitares dans un morceau sale et tortueux aux accents grunge. Du haut de ses 4 minutes 13 secondes, la chanson comble à elle seule presque le quart de la totalité des 21 minutes offertes sur cet album. La majorité des autres titres sont des tourbillons intenses d’environs 1 :30. Ah, les vieux punks vous le diront! Pas besoin de plus de temps pour écrire une excellente chanson. La moitié peut même suffire! Tout les moyens sont mis de l’avant pour s’assurer que pas une seconde n’est gaspillée et on a même droit à quelques (brefs) répits bien mérités à travers tout ce chaos.

Définitivement un album qui aura une place de choix sur vos tablettes, entre 2 records de Raein et Yaphet Kotto.

* En show mardi le 12 juin au Divan Orange avec We were skeletons, TDOAFS et Dark Circles