[CRITIQUES] Burning Love – Rotten Thing To Say – Southern Lord (2012)

Burning Love - Rotten Thing To Say - Southern Lord (2012)

Dans le style, c’est facile de tomber dans le cliché d’un rock à saveur du sud. Des pitounes, des chars pis des solos de guit que t’as déjà entendu au moins 20 fois. Pourtant, Burning Love a toujours réussi à offrir quelque chose de renouvelé. Après un démo qui défonçait des crânes et le très haineux Songs For The Burning Lovers en 2010, ils lancent Rotten Thing To Say sous l’étiquette Southern Lord Records, avec comme producteur nul autre que Kurt Ballou.

L’attente a été longue et on se demandait vraiment comment ça allait virer. Au lieu de prendre une nouvelle direction avec un deuxième album très attendu comme on le voit trop souvent de nos jours, Burning Love ont décidé de garder la même recette gagnante. Ils conservent le même cap sur l’autoroute du rock sale à saveur de décadence et de sueur. Sur Rotten Thing To Say, y’a pas d’artifice. Juste un son bien crasseux et corpulent. L’album sent l’arrogance à plein nez. T’as vraiment l’impression que Chris Colohante fait de l’attitude comme il le fait si bien live mais direct dans ton salon.

Déjà que c’était lourd, on dirait qu’ils ont encore dropé leurs cordes d’une coche. Ça fait vibrer tout ce qui t’entoure. Ça bounce par boutte comme sur 12:31, mais ce sont surtout les guitares qui sont toujours aussi flippantes. On assiste d’ailleurs à de maudits bons échanges, ils se lâchent particulièrement lousse sur Broken Glass, sans tomber dans l’excès. L’album est moins catchy, il n’y a pas de chanson comme Alien Vs Creditor sur RTTS. Mais à force de l’écouter, tu comprends que c’est tout aussi foudroyant et qu’il y a plein de petites surprises cachées qui n’attendent qu’à être découverte. La bombe du disque, c’est Tremor : 39 secondes de punk-hardcore authentique. Sinon, ils présentent certains rythmes plus variés, mais ça reste dans l’esprit de l’obscénité et du mépris.

Burning Love ont choisi une voie qui semble être la bonne, soit celle de rester fidèle à ce qu’ils ont toujours fait. C’est certain qu’ils ne se sont pas réinventés sur Rotten Thing To Say, mais en même temps, on ne croit pas qu’ils avaient besoin de le faire, vu l’efficacité de la recette habituelle.