[CRITIQUES] Fifteen Dead / Chronocide – Split – Le Crépuscule Du Soir (2012)

Fifteen Dead / Chronocide - Split - Le Crépuscule Du Soir (2012)

La plupart des bands qui récolte l’attention médiatique ces temps ci sont universellement boudés par l’élite kvlt as fvck mais jouissent d’une popularitée grandissante, quoique polarisée. Blackened shoegaze, blackened hardcore, blackened moi ci, blackened moi ça. On a l’impression que le gabarit de groupes s’exercant dans le domaine s’agrandit sans cesse. C’est pas désagréable mais comme tout ce qui est bon dans la vie, on peu finir par se faire chier à la longue quand on se fait sans cesse bombarder par des trucs trop similaire.Heureusement, il y a des groupes comme Fifteen Dead et Chronocide qui décident d’adopter une approche 100% DIY, prenne un ton nihiliste et assument complètement leur positions. Ils viennent donc s’ajouter à une panoplie d’autres groupes plus intéressants les uns que les autres tel que Vestiges, Céleste ou encore Tempest.

Le groupe écossait Fifteen Dead nous offrent la moitié de l’album la plus prometteuse. La sauce qu’on nous sert est un crossover de black métal et de crust punk franchement brutal et sauvage qui vous saignera à blanc de par sa fougue carnassière. Ils appellent ça du NecroCrust. Les premiers moments que nous ferons vivre Fifteen Dead sur la pièce False Conviction sont un piège d’une efficacité redoutable. Aux premiers abords, on nous leurre avec du piano accompagné de guitare simplette, mélancolique et aérienne. On se laisse hypnotiser et on savoure le crescendo qui ne cesse de gagner du momentum. La voix du controverser et autoproclamer antithéiste Christopher Hitchens se fait entendre, les tambours révèlent leur présence… Quelle mascarade! À peine 1 minute 35 secondes dans notre trance, le groupe s’élance et vous matraque un bon gros coup de d-beat en pleine poire digne des meilleurs moments de Ekkaia, le tout bien agrémenté de tremolo pickings. Le registre vocal executer par trois voix différentes varie entre un ton lugubre, gras, opressant et des tons plus aigue, criards et grincants.

Bien que le crossover de black métal et de crust n’en soit pas a ses premiers balbutiements, Fifteen Dead se démarque avec leur intelligence et la dextéritée particulière avec laquelle ils manient leurs instruments. Ils ne font vraiment pas de la peinture à numéros et le titre Introversion vous en donnera la preuve. La bass qu’on nous sert au début du numéro est savoureuse. Ca nous rappel un peu les passages plus mélodiques qu’on aura pu entendre sur ‘At War With Satan’ de Venom. Old school, mais intemporel. Ca sert également de preuve irréfutable que le groupe écrit de la musique structurée, calculée et bien ficellée. Les arrangements de voix franchements bizzarres aux qualités rituelles qui se feront entendre à quelques reprise durant la pièce démontre de l’audace et un penchant pour l’exploration.

Pour ce qui est du mandat artistique, la 4eme pièce s’intitule tout bonnement Fvck Trve Cvlt. Les intentions son claires, je pense. Le message est concis, c’est une déclaration de guerre contre la monotonie et la stagnation. Parue sous forme d’un single en février, la pièce fait ici son apparition sous une forme réenregistrée et retravaillée. C’est un morceau monumental qui nous offre les blast beats les plus vicieux depuis belle lurette. On termine tout en laideur avec In Closing, une pièce de noise / drone angoissée et torturée qui vient clore le périple d’une manière glauque. Fuck les happy endings.

Même si le clou de cet album est Fifteen Dead, Chronocide finit tout de même par livré la marchandise avec leur grindcore salit et roulé dans la bouette qui devrait plaire aux fans de Brutal Truth, Pig Destroyer et autres esprits déviés. Bien que le groupe n’ait pas encore dévoilé la totalité du matériel qu’ils offriront sur le split au moment où ces lignes sont écrites, ce qu’on a pu entendre pour l’instant nous indique que le groupe ne dévie pas trop de la recette qu’ils avaient sur leur album The Solitude Of Man paru en 2010. Toujours influencé par le black et le death mais avec une attitude grind plus classique… Voilà la direction que le groupe semblent vouloir emprunter.

Bref, si vous n’êtes pas effarouchés à l’idée d’une prod lo-fi et que vous aimer la musique belligérante sous toute ses formes, ignorer cet album pourrait entrainer des carences.