[CRITIQUES] The Gaslight Anthem – Handwritten – Mercury Records (2012)

The Gaslight Anthem - Handwritten - Mercury Records (2012)

Ça fait toujours un petit quelque chose de voir un de ses groupes préféré devenir populaire, connu par la petite sœur de ton amie et acclamé par toutes les critiques. Et que dire de les voir passer de band de petite salle à super groupe d’aréna faisant des prestations chez les big shots à la Jimmy Fallon, Letterman et cie? Peut-être que ça vous est arrivé avec Rise Against, Green Day, Offspring et j’en passe. Certains sont capables de garder un son qui leur est propre et de rester intègre, mais la plupart sont plutôt engouffrés par le courant du surmarketing et la gloire entourant le fait d’être dorénavant des rockstars. En allant voir Gaslight à Toronto la semaine dernière, on ne pouvait s’empêcher de grincer des dents à regarder Alex Levine se la jouer beau, bon et célèbre.

Il y a donc bien sûr tout cet engouement pour le groupe qui plane depuis leur signature sur le très gros Mercury Records. Engouement, non parce qu’ils ont sortis du meilleur stock, mais seulement parce que le label a sorti la machinerie lourde de marketing et de campagnes médiatiques. Achat sans risque chez HMV, en promotion sur les comptoirs du Wal-Mart, etc. On est loin de l’humble stratégie auparavant adoptée par Side One Dummy sur les autres albums.

Qu’en est-il de la musique? On connaît le groupe pour ses balades entraînantes, ses douces chansons de post break-up et ses tounes de road trips. On n’écoute assurément pas Blue Jeans & White T-Shirts pour se mettre dedans avant de sortir et pas plus Here’s Looking at You, Kid pour se rendre à une manif. Sur ce point, l’ensemble d’Handwritten garde cette même vibe. Un bon mélange de mélancolie, de rock et de balade bonbon. Certaines chansons sont plus catchy que ce qu’on a entendu auparavant au courant des 3 albums précédents. On n’a qu’à écouter Here Comes my Man pour s’en rendre compte. Incontestablement une excellente chanson de radio, mais pour nous, Gaslight a toujours fait ce genre de chanson.

Par contre, ceux qui s’étaient butés devant American Slang seront encore plus déçus devant ce nouvel opus. Handwritten est tout à fait en continuité avec le dernier, qui lui, marquait un grand changement avec le sophomore et très excellent The 59 Sound. La formule est la même que dans American Slang: une ouverture grandiose (45), un hit rappelant leur début (Handwritten) et une dernière chanson (sans compter les bonus) douce et tendre à la Horrible Crowes (National Anthem). Mais malgré tout le succès que cette recette puisse rapporter, pour nous, l’âge d’or du groupe est définitivement derrière eux, et c’est purement dû au fait qu’il est impossible de reproduire un album aussi bon que le fameux The ’59 Sound. Ça ne nous empêche pas d’apprécier le nouveau stock. C’est seulement qu’il nous agace dans sa façon d’être projeté au monde en tant que produit de consommation.

Si vous avez vos billets pour le show en septembre avec Hot Water Music et Rise Against, on vous garantit que vous serez comblé par la prestation du groupe. De bons musiciens, avec un frontman beau à rendre fou nos blondes et un setlist sachant respecter la discographie complète du groupe. On est loin des prestations fait lors des premiers Fest de Gainesville, mais on doit plutôt apprécier le groupe en tant que monument musical. On ne saurait effectivement douter de l’étendue où cet album les projettera. Les prochains Pearl Jam, Foo Fighters et autres légendes du rock américain? C’est ce qu’on sent en les écoutant: une grandeur impressionnante qui fera tourner les têtes.

En magasin le 24 juillet.
En streaming sur NPR.