[CRITIQUES] Circa Survive – Violent Waves – Indépendant (2012)

Circa Survive - Violent Waves - Indépendant (2012)

La première fois qu’on a entendu Juturna de Circa Survive il y a déjà plusieurs années, on avait été estomaqué. Non seulement par la voix d’Anthony Green qui frôle la perfection, mais aussi à cause de l’univers dans lequel le groupe nous embarque. C’est une expérience, tu entres carrément dans une autre dimension. Un des rares groupes qui a réussi à survivre et se réinventer durant les années post-2000 ou plusieurs on fait feux de paille. Pourquoi ? Parce que Circa Survive est tellement complexe et absorbant qu’on ne peut que s’incliner devant un tel génie musical. Après On Letting Go et Blue Sky Noise, Green et sa troupe nous reviennent avec un autre petit chef-d’œuvre en soi.

La première chanson frappe fort : Birt Of The Economic Hit Man dure à elle seule 7 minutes et ouvre le bal à ce que Violent Waves représente, soit une nouvelle direction pour le groupe. On nous l’annonce d’entrée de jeu : Maybe we have to forget everything we learned, about where we came from, to find out where we need to go. It’s not so important to collect as many coins from the fountain before our time is up. Justement, le groupe a décidé de se détacher de l’emprise d’une maison de disque en sortant par lui-même cet album. Une décision courageuse que l’on aime toujours voir de nos jours et qui aura su piquer l’intérêt de notre staff.

Avec Blue Sky Noise, le groupe semblait être sur le chemin d’un relatif succès commercial. Pourtant, on comprend vite que sur cet album, c’est l’expérimentation qui y est proné. Les thèmes exploités sur l’album sont orientés vers une sorte de crise existentielle du groupe. Progressivement, les chansons prennent une nouvelle anatomie qui se cristallise  avec la dernière pièce : I’ll Find A Way. Cette balade ténébreuse qui frôle les 8 minutes se veut l’achèvement d’un nouveau processus créatif. Le résultat est colossal.

En général, la voix de Green est plus lointaine, on laisse plus d’espace aux guitares planantes ainsi qu’à des rythmes très ambiants. On est loin des riffs poignants de Act Apalled. C’est doux et soyeux, on se laisse bercer au son des mélodies. Il y a quand même des titres plus tranchants, comme The Lottery qui fait honneur au passé plus fougueux de Circa Survive. Mais dans son ensemble, cet album représente une nouvelle phase dans l’épopée du band. Une nouvelle voie dans laquelle le groupe semble prendre son aise.

Parce qu’il commence à faire froid dehors, c’est l’album parfait pour venir te réchauffer le moral et passer à travers l’hiver qui cogne à la porte.