[CRITIQUES] Caspian – Waking Season – Triple Crown Records (2012)

Caspian - Waking Season - Triple Crown Records (2012)

Faire la critique d’un album instrumental n’est pas chose facile. Chaque personne peut interpréter la musique à sa façon. C’est d’autant plus vrai dans le cas de Caspian puisque le son est tellement travaillé et intersidéral qu’on ne peut que se laisser bercer devant un son aussi élaboré. Le groupe nous avait éblouis avec Tertia, un record très sombre qui nous faisait découvrir une nouvelle facette du groupe. On avait aussi entendu dire que certains éléments de vocal seraient insérés dans l’album, mais ne vous inquiétez pas, puisque ceux-ci sont utilisés aux mêmes titres que les autres instruments. Ça reste donc bel et bien du Caspian, mais plus fermenté.

Waking Season est probablement l’album le plus enflammé de la carrière du groupe. On assiste à des moments vraiment intenses qui sortent de nulle part. Du post-rock à son état pur. On insiste sur l’élément de pureté ici, puisque c’est réellement l’impression qu’on a en écoutant ce disque. Même si leurs travaux précédents étaient irréprochables, on parle ici d’un disque prodigieux. Malgré la rupture du premier titre, le reste de l’album se tient tel un bloc monolithique. Vous n’avez donc pas d’autre choix que de l’écouter du début à la fin, sans aucune interruption.

Les chansons que Caspian nous offre, c’est une utopie en soi. Quelque chose auquel on n’aurait jamais pensé avoir droit dans une vie, mais qui finit par prendre forme à même notre labyrinthe auditif. C’est aussi une sorte de thérapie, puisque tu te sens en extase en écoutant Gone In Bloom And Bough. Tu fermes les yeux et tu te laisses transporter au son des guitares exaltantes. Croyez-nous, ça peut vous amener n’ importe où. La force de cette musique instrumentale et des convergences créatives des membres du groupe sied dans la liberté qu’ils laissent à l’individu de peindre un pastiche de ses ambitions, de ses peurs, de ses peines, mais aussi de ses joies.  En les mettant en images dans son psyché, Caspian vient fournir la trame sonore et bercer une méditation pensive avachi aux creux de son lit ou en prenant le métro pour aller subir le 8 à 5 quotidien.

Waking Season va et vient telle la marée. Il se promène allègrement entre des titres plus courts et distillés à point (comme Akkiko du haut de ses sobres 3:33) et d’autres plus long comme la sus-mentionné Gone In Bloom And Bough qui durera plus de 10 minutes. L’album vient se clôturer avec une véritable apocalypse auditive – Fire Made Flesh. Même si au début on croirait entendre une chorale d’église accompagnant un drone soutenu, Caspian nous hypnotise progressivement  vers un riff de guitare monstrueux qui nous amène dans les sillons d’une véritable épopée qui n’est pas sans rappeler les belles années d’Isis. Une chanson monumentale qui vient mettre un terme à un album qui se retrouvera probablement dans notre top 10 des albums de l’année.

Allez vous faire votre propre idée, car ce genre d’album s’apprivoise de manière très personnelle.  Donnez-nous en des nouvelles, on est curieux de savoir qu’elle a été votre feeling en écoutant le petit dernier de Caspian.