[CRITIQUES] Vestiges / Ghaust – Split – Replenish Records / Mayfly Records / Maniyax Records (2011)

Vestiges / Ghaust - Split - Replenish Records / Mayfly Records / Maniyax Records (2011)

Ce split a cette qualité de pouvoir réunir des groupes qui vivent à des milliers de kilomètres de distance et qui ne partagent pas le même style musical, mais qui restent tout de même complémentaires. Ça permet à ce petit bijou d’offrir une expérience qui ne donne pas dans l’homogénéité. D’un côté, on y retrouve Vestiges, un groupe de Washington qui donne dans une sorte de doom apocalyptique aux influences crust et black métal qui n’est pas sans rappeler les vertueux Fall Of Efrafa, mais en plus tranchant. Ceux-ci nous reviennent avec un nouveau chapitre qui donne suite à la trame narrative établie sur The Descent Of Man, qui relatait l’éradication de la race humaine sur terre. Sur l’autre face du vinyle, il y a Ghaust, un duo instrumental provenant de Malaisie qui propose un post-métal efficace que l’on pourrait qualifier de cosmique. Chaque groupe se partage une tranche de 10 minutes bien remplie, soit 1 long titre pour Vestiges et 2 pour Ghaust.

Avec la pièce VI, Vestiges nous présente le résultat de l’instinction humaine. Ce cataclysme permet de trouver la paix intérieure à travers la mort, suite aux nombreux outrages que l’homme a pu exercer durant son existence. Cette mort propagée à l’ensemble de la race est présentée pour ne pas oublier et surtout ne pas reprendre le chemin que l’homme a su prendre lors de son évolution. Le résultat ? C’est la liberté absolue et l’ouverture vers un monde meilleur. C’est la reformation de la nature, celle que l’humain avait abandonnée. Au niveau musical, on a l’impression que la pièce est un condensé de The Descent Of Man. Tous les éléments sont en places, mais on y ajoute une dose de rage supplémentaire et les blast beats infernaux font un retour marqué. VI représente l’apogée de Vestiges tel qu’on les connait, une pièce maitrisée à la perfection qui nous fait encore une fois entrer dans leur univers pessimiste empreint d’urgence et d’environnementalisme.

Avec Ghaust, on tombe dans un autre registre. Malgré l’absence de paroles, on trouve en quelque sorte la même profondeur qu’avec Vestiges, mais sous une forme instrumentale. Sans trop savoir pourquoi, on ressent une énergie particulière lorsqu’on écoute Amongst The Ashes. Les notes utilisées viennent nous chercher directement à la poitrine. Le deuxième titre est tout autant planant. Ghaust réussit à faire ce que peu de groupes instrumentaux sont capables de produire : faire parler leurs instruments grâce à une hégémonie remarquable. On ressent un peu d’euphorie, mais surtout de l’espoir.

Sur chacune des facettes du vinyle, on peut y trouver son compte. Lorsqu’on a envie d’une musique démente qui nous permet quand même de s’évader, on laisse tomber l’aiguille sur Vestiges. Par contre, si on se sent plus serein et qu’on veut une dose de calme sans toutefois développer de carences en décibels, Ghaust est une excellente alternative.