[CRITIQUES] Gaza – No Absolutes In Human Suffering – Black Market Activities (2012)

Gaza - No Absolutes In Human Suffering - Black Market Activities (2012)

Depuis longtemps, on assiste à l’émergence de groupes hybrides. C’est-à-dire qu’ils vont piger à travers différents styles musicaux pour arriver avec un tout qui sort de l’ordinaire. Parmi ces rangs, on peut compter les gars de Salt Lake City, Gaza. Ils offrent une sorte de métal expérimental, qui frôle à l’occasion le hardcore, le sludge et parfois le doom. Le résultat nous donne une musique très chaotique, qui est difficile à décrire formellement, mais qui s’écoute à merveille dans nos moments d’ultra-violence. Après l’album He Is Never Coming Back qui déchirait comme jamais, le band nous revient avec No Absolutes In Human Suffering.

Le disque s’ouvre avec Mostly Hair And Bones Now, une chanson de défonce totale qui nous fait disjoncter. D’entrée de jeux, on remarque une différence comparée aux travaux précédents de Gaza. La musique est plus déconstruite, mais la qualité d’enregistrement vient rendre tout le crédit que le groupe mérite. C’est plus rapide et surtout tellement plus enragé. Gaza semble avoir mis de côté l’élément d’expérimentation pour emprunter la voie de la sauvagerie à son paroxysme. Mais attention, on assiste encore à des moments de lourdeur extrême, comme sur la pièce titre de l’album. 3 minutes 39 secondes à se balancer la tête grâce à la pesanteur des riffs.

Après quelques écoutes, on remarque inévitablement que la plupart des chansons ont sensiblement la même structure. Gaza utilise un contraste extrême : ils débutent les chansons avec une férocité démesurée pour arriver avec un rythme pesant qui s’allonge. Près de la moitié des titres sont constitués de cette façon. On ne parle pas ici d’un manque d’originalité, il semble plutôt que le groupe ait trouvé une formule dans laquelle il se sent à l’aise. Une des exceptions est No Absolutes In Human Suffering, soit celle qui clôt l’album. On utilise encore une fois la densité et la lourdeur des guitares, pour toutefois arriver avec une accalmie inhabituelle. Gaza réutilise le chemin de l’expérimentation, mais dans une direction auquel le groupe ne nous avait définitivement pas habitué.

Bref, l’album est intéressant, dans la mesure où No Absolutes In Human Suffering est surprenant à la première écoute. Cependant, on remarque progressivement que la même recette est utilisée à plusieurs sauces. On aurait quand même mieux aimé que Gaza continu son expérience auditive comme sur Routine And Then Death. Peut-être que celle-ci ouvre la voie à un prochain album un peu plus audacieux…

Le groupe sera de passage à Montréal le 20 novembre en compagnie de Full Of Hell et Code Orange Kids au Katacombes.