[CRITIQUES] Milanku – Pris À La Gorge – Tokyo Jupiter Records / Désordre Ordonné (2012)

Milanku – Pris À La Gorge – Tokyo Jupiter Records / Désordre Ordonné (2012)

Milanku est un groupe de Montréal qui roule sa bosse depuis quelques années au Québec. Pour ceux qui ne connaissent pas, on pourrait dire qu’il s’agit d’une musique plutôt antipode. Ils nous offrent de longues pièces très mélodiques qui sont accompagnées d’une voix rugueuse et lourde qui vient donner toute la spécificité du band. Après avoir sorti l’album Convalescence qui nous avait envoyé au septième ciel, Milanku revient avec un nouveau disque : Pris à la gorge. Il s’agit d’une nouvelle étape dans le cheminement du groupe. Juste à voir la pochette, on sent déjà qu’une marche de plus vient d’être franchie. Un enregistrement professionnel qui donne tout le crédit à la qualité musicale des titres. Le résultat nous donne quoi ? Probablement un des albums indépendants qui marquera le plus la scène méchante de Montréal cette année. Et ça, on ne va définitivement pas le dire souvent !

Avec La Chute, la pièce d’ouverture de l’album, Milanku vient rompre d’un seul coup avec ses habitudes musicales. On nous envoi immédiatement en pleine gueule un mur de son auquel on y ajoute la voix tapageuse du chanteur. Ça va directement au but. C’est au milieu du titre que le groupe reprend ce à quoi il nous a habitué avec un riff très ambiant et des guitares lointaines qui viennent former une mélodie hors du commun. Une pièce de 9 minutes qui, malgré sa pesanteur, pourrait être comparé à un orchestre tellement les harmonies sont sublimes et délicieuses. L’inclination, c’est une sorte d’épopée mystique auditive. Tu ne sais pas vraiment dans quelle direction ça va t’amener, mais tu emboites de pas.

Lorsqu’on est rendu à la moitié de Pris à la gorge, on se dit que c’est mission accomplie et on sent qu’on en a eu pour notre argent. Pourtant, le groupe nous propose Hypomanie : une véritable œuvre d’art musicale de 10 minutes. Le genre de chanson qu’on se tanne pas vraiment d’écouter. Vraiment différent de ce que Milanku nous a habitué et on va se l’avouer, on n’haït pas ça du tout. Comparable aux meilleurs titres que Caspian nous a offert, mais avec une dose finale de rudesse bien de chez nous. Ce n’est pas rien ça!

Parce qu’en fait, c’est que Milanku nous propose une forme de post-rock bien garnie. Du moins, la plupart du temps c’est comme ça. Lorsque Guillaume Chamberland sort sa voix, il nous transporte ailleurs. Il s’agit probablement d’une des grandes forces du groupe.  L’art d’exécuter une transition musicale sans embûche ni grincement d’oreille. On aime ça, nous autres, voyager sans avoir à quitter notre salon.

En gros, c’est véritablement un must dans tous les sens du terme. Une des seules choses qu’on pourrait reprocher à Milanku, c’est qu’on sent parfois que la structure des chansons sont semblables. Pourtant, l’originalité est présente durant les 54 minutes que Pris à la gorge joue. Donc NON, cet album ne nous reste définitivement pas pris dans la gorge.