[CRITIQUES] The Road Most Traveled By The Camaraderie Collective – Collecté Par Chuck Ragan (2012)

The Road Most Traveled, By The Camaraderie Collective, Milner Crest Publishing

Il y a un certain temps qu’on n’avait pas effectué l’exercice intellectuel de lire autre chose que des paroles. On trouvait que le timming était bon. Chuck Ragan a assemblé différents témoignages de tous les gens qui sont associés à la musique punk-rock et la route. La tournée a toujours été l’objet d’une certaine admiration. Pour certains, c’est l’objectif ultime lorsqu’on forme un groupe. Partir pendant des mois sans savoir ce qui nous attend. Pour d’autres, il s’agit simplement d’amis qui partent se soûler et faire des shows devant qui veut bien le voir. Ce recueil est un ramassis d’histoires, de conseils, de façons de vivre créés par ceux qui ont la route dans le sang.  Si vous n’êtes pas un lecteur chevronné, ce livre est très léger. Les anecdotes de chacun ne dépassent jamais plus que 3 pages. Il s’agit donc d’un bon  moyen de se changer les idées sans trop forcer du cerveau.

La liste des artistes qui ont participé à cette épopée livresque est longue et impressionnante. Évidemment, il y a des figures connues comme Brian Fallon, Chris Cresswell, Greg Attonito, Jon Snodgrass, Dennis Casey ou Frank Turner. Un des éléments pertinents de ce livre est l’amalgame de personnages qui y contribuent. Que ce soit des roadies, des gérants de tournée, des fondateurs de maisons de disques, des organisateurs de spectacles de différents pays, chacun y met son grain de sel en nous offrant sa version de ce que représente une tournée. C’est probablement la grande force du recueil. Tous les points de vue y sont inclus pour nous donner un aperçu à 360 degrés de toute l’expérience que représente une tournée à long terme.

Seulement après quelques pages, notre idée stéréotypée de la tournée a déjà été modifiée. Les embrouilles au quotidien et la difficulté de vivre en communauté dans une van pratiquement 20 heures par jour nous font réaliser que la route n’est pas faite pour tous. Le fast food, la malpropreté, l’éloignement des proches deviennent une routine qui vient agresser le moral. Imaginez être pris en plein milieu d’un pays dont on ne parle pas la langue, sans argent, sans endroit où dormir où ton groupe donne une performance devant 6 personnes. Avoir à utiliser son chandail comme papier de toilette. Se faire suivre par des chasseurs ivres qui tirent du fusil en 4×4 sur l’autoroute.  Aller en prison en Italie lorsqu’on a trop bu. L’appel de la maison devient immense. C’est le genre de récits qui nous sont expliqués dans ces pages.

Pourtant, le collectif insiste sur l’importance de chaque individu lors d’un spectacle, qu’il soit sold out ou pratiquement vide. Voilà un témoignage parmi tant d’autres qui reflète à merveille ce que le livre veut nous faire comprendre. Personne ne se plaint de son sort, au contraire, chacun des témoignages insistent sur la chance qu’ils ont de pouvoir faire ce qu’ils aiment. Il s’agit plutôt d’une sorte d’avertissement pour toutes personnes qui veut tenter l’expérience ou qui croient que la vie en tournée est chose facile.

On insiste aussi sur une sorte de code d’éthique de la tournée. Des éléments qui sont cruciaux pour qu’elle ne devienne pas un désastre. PJ Bond insiste à mainte reprise sur le Be Great. L’humilité semble être une caractéristique que tous tentent d’appliquer.  Ne jamais refuser une opportunité, puisqu’on ne sait jamais dans quelle péripétie elle peut vous amener à la fin de la soirée.  Virgil Dickerson, le fondateur de la maison de disque Suburban Home, dresse même une liste de 20 préparatifs qu’un groupe doit prendre en considération avant de partir au large. Ces conseils vont du nombre d’album à amener en tournée jusqu’à des calculs pour évaluer le prix du gaz ou de la nourriture.

The Road Most Traveled est intéressant, dans la mesure où l’on veut en apprendre plus sur les aspects d’une tournée. Même si on retrouve certaines anecdotes crusty, le livre va au-delà de ces aspects. C’est véritablement un guide de tournée basé sur les expériences personnelles de chacun qui nous font comprendre dans quelle galère on s’embarque lorsqu’on décide de partir à l’autre bout du pays, en ayant pour but de faire des spectacles. À la fin du livre, on réalise que lorsqu’un artiste qu’on aime passe dans le coin, on se doit d’aller l’encourager. Puisque c’est lui qui se déplace pour nous. Une petite dépense comme un album ou un chandail représente pour eux bien souvent leur salaire de la journée. Ils vous en seront probablement énormément reconnaissants.

Vous pouvez commander le livre ici.