[CRITIQUES] Cloud Rat / Republic Of Dreams – Split – IFB Records / React With Protest / Moment Of Collapse Records / 50 Year Storm (2012)

Cloud Rat / Republic Of Dreams - Split - IFB Records / React With Protest / Moment Of Collapse Records / 50 Year Storm (2012)

Il y a des parutions qui sont faciles à négliger. Surtout quand la vague de ‘skramz revival’ à laquelle on a droit depuis quelque temps concerne des bands qui ont plus à voir avec l’émergence du emocore qu’on aura vu surgir au début du nouveau millénaire que le punk discordant, pulvérisateur et engagé d’Orchid, Anomie ou encore His Hero Is Gone. C’est pourquoi il est rafraichissant de pouvoir mettre la main sur un split comme celui-ci: sans équivoque, sans compromis. Pas de cover fancy; juste une sérigraphie à la main noir et blanc sur un carton recyclé. Un insert qui fait l’effet de lire un zine de 12 pages. Pas de couleurs loufoques, juste de la grosse wax bien noire, fruit du labeur de 4 maisons de disques indépendantes.

Et c’est sans parler de ce punk hardcore discordant, pulvérisateur et engagé que l’on retrouve sur la galette. D’un côté, on a les spectaculaires Cloud Rat, trio de grindcore poisseux, mais mélodique en provenance du Michigan. De l’autre, les féroces Republic Of Dreams débarquent de l’Allemagne et de la Pologne pour nous défoncer les tympans avec un screamo urgent, dissonant et qui coupe creux dans le gras pour n’offrir que le strict nécessaire pour passer leur message. Le tout nous laisse satisfait d’avoir écouter un excellent split bien équilibré avec 2 groupes au propriétés explosives.

Cloud Rat a une particularité: pas de bass. Un drummer. Un guitariste avec trop de gear. Une chanteuse. Est-ce que le groupe en écope de cette ‘lacune’? Pas du tout.  Le trio vient nous livrer la marchandise avec aplomb comme ils le font si bien depuis 3 ans. Trois ans qui leur auront permis de sortir 4 LP, un 7 », un démo et d’apparaître sur un nombre incalculable de compilations. Pas pire! Surtout que la qualité est toujours au rendez vous. Le meilleur moyen de décrire le son de Cloud Rat serait de cette façon  30% grindcore, 30% crust d-beat, 20% powerviolence, 10% screamo, 20% black métal, 110% annihilation auditive. Le groupe allie avec aise tous ces éléments pour créer un tout cohésif et efficace. Sur la première pièce du split Burning Doe, le groupe dévoile d’entrée de jeu leur coté plus slow, un peu sludgy. Ce n’est pas une nouvelle tendance pour le band comme certaines pièce de leur discographie le témoigne, mais de commencer l’album de la sorte est tout de même intéressant puisqu’ils nous avaient habitués jusqu’ici à des titres bien brutaux pour débuté leur albums. Pourtant, vers la mi-chemin, les blast beats refont surface et on s’en prend plein la gueule. Puis, le salvo en succession rapide de Parachute viens cimenter Cloud Rat comme étant un des meilleur groupe agressif présentement en train de sévir au sein des États-Unis.

Les 2 morceaux qui se démarquent le plus de la facette du groupe sont les 2 dernières pièces. Moving Mouths débutte avec un riff vraiment stoner avant de vous matraquer le corps jusqu’à liquéfaction des organes internes. Astronomy vient clôre les festivités de façon mémorable. C’est non seulement le plus long titre que le groupe nous offre, mais aussi le plus dynamique. On voit bien toute les influences du groupes à travers ce titre et ça ne donne pas le goût de flipper le disque tout de suite mais plutôt de remettre l’aiguille sur le premier sillon.

Par contre, ne pas tourner le disque serait une erreur car Republic Of Dreams (constitué d’anciens membres de Louise Cyphre, The Apoplexy Twist Orchestra et Resurectionnists) est le band  de screamo le plus disjoncté qu’il nous aura été donné d’écouter depuis belle lurette. Avec une approche très politisé au niveau des paroles et une attitude qui pue l’intégrité, les vétérans nous bombardent d’une succession rapide de titres d’emo-violence classiques tourbillonnants qui vous donneront la nausée (c’est positif? Oui, on vous le jure!). Avec des titres de chansons comme An Enlightened Macho Is Still A Macho, on devrait se douter que les concours de quéquettes, le sexisme, l’homophobie, la partisanerie et la cruauté (animale OU humaine) ne sied pas bien dans le coeur des individus qui compose ce groupe.

Republic Of Dreams font le chaos à la perfection. La rage est palpable sur chaque note qui est joué. Les paroles, déjà explicites, sont quand même expliquées et mises en contexte dans le livret. Il n’y pas eu de band qui ont joué de ce style de musique avec autant d’aplomb et de conviction depuis un bon moment déjà. Difficile de voir comment les fans de Loma Prieta et d’Ampere seraient déçus par ce groupe.

Vous pouvez d’ailleurs streamer les chansons de ce split ainsi que celui de Beau Navire via bandcamp.