[CRITIQUES] Jowls – Cursed – Tiny Engines (2012)

Jowls - Cursed - Tiny Engines (2012)

Tout vient à point à qui sait attendre…

Chez Vakarme, on aime bien les groupes intègres qui ont une éthique de travail minimaliste. Ceux qui restent discrets dans leurs démarches et qui offrent leurs musiques à qui veulent bien l’entendre. Jowls représente parfaitement cet archétype du groupe low-profile qui réussit à se démarquer dans la scène underground américaine avec seulement un EP et un split avec The Reptilian.

Leur petit dernier Cursed était censé voir le jour il y a déjà quelques mois sous Doghouse Records, mais suite à des divergences d’opinions le groupe a décidé de faire paraitre le vinyle 10 pouces avec Tiny Engines Records. Une décision qui nous paraît tout à fait censée, même si on aurait aimé avoir la pièce entre nos mains bien avant.

Jowls avait toujours eu un son bien envoyé et rudimentaire. Des chansons courtes, mais sans détour qui valaient leur pesant d’or. Ils exploitaient les bases d’un post-hardcore dilué dans un soupçon de screamo, le tout propulsé par un duo guitare-drum. Avec Cursed, le groupe joint à ses rangs un bassiste pour venir renforcer sa force de frappe. Cet ajout vient évidemment solidifier les assises du groupe comme étant l’un des plus efficaces dans sa branche.  La basse s’incruste comme si elle y avait toujours été, sans aucune gêne et nous donne des moments exquis comme sur Monotoned.

Au-delà de cet élément, la structure des chansons sont franchement plus directes et soignées que sur Cunt Punch. Ça reste du Jowls, mais avec une saveur un peu différente qui a définitivement bon goût. La voix garde sa touche dissonante et singulière qui vient interpeler directement l’auditeur, mais on sent qu’un effort supplémentaire à été mit dans l’enregistrement. Les gars de Jowls viennent donc nous confirmer  avec Cursed qu’ils méritent bien la place qu’ils prennent dans la scène underground. Un EP très solide qui prouve qu’on peut réorienter le son de son groupe sans tomber dans le cliché d’un album voué à une plus grande accessibilité. Un petit seize minutes qui est franchement bien investit dans une vie aussi courte que la nôtre

Vous pouvez encore vous procurer l’album en précommande ici.

Lamb