[CRITIQUES] Whirr – Pipe Dreams – Tee Pee records (2012)

Whirr - Pipe Dreams - Tee Pee records (2012)

Entre l’ombre et la lumière

Whirr fait partie de ces groupes qui renouent avec le courant shoegaze anglais du début des années 90. À l’instar des nouveaux venus Anne, Nothing ou encore Shores, le combo de la Bay Area propose une alternative à la vague nu-gaze un peu plus « hype ». Leur éthique DIY jumelée à une attitude punk amènent une dimension moins introvertie que les pionniers du genre.

Après un subtil changement de nom (le band se nommait autrefois Whirl) suivi d’une signature avec la désormais mythique étiquette Tee Pee, Whirr nous livre un premier album complet. Si le précédent EP Distressorétait fort agréable mais quelque peu brouillon, Pipe Dreams se veut davantage abouti et nuancé.D’entrée de jeu, Reverse nous place en terrain connu : intro feutrée, chant rêveur noyé dans des nappes de guitares fuzzées. Le tout propulsé par une rythmique minimaliste mais efficace. Pas de doute, on a bel et bien affaire à un album shoegaze! C’est avec le deuxième titre, Junebouvier, que la formation sort de sa zone de confort pour venir nous surprendre au passage. C’est plus rapide avec une basse typée post-punk et l’ensemble devient un brin plus sale. Car, si le son de Whirr lorgne du côté des incontournables My Bloody Valentine et Slowdive, on peut également y déceler le penchant upbeat des premiers Catherine Wheel ou Lush. Le sextuor oscille avec aisance entre atmosphère menaçante et sensibilité pop indéniable tout au long de l’album.
Sur des pièces comme Hide ou encore la très catchy Flashback, le groupe n’hésite pas à dévoiler une touche plus lourde. Ces sonorités massives ne sont certainement pas étrangères au fait que le guitariste Nick Bassett manoeuvre aussi la six cordes chez les excellents Deafheaven.Si les changements de dynamique provoquent un sentiment d’urgence intéressant, les arrangements sur Pipe Dreams redonnent une certaine fraîcheur au style. L’utilisation de synthé et la guitare acoustique omniprésente enrichissent le mur de son construit à grands coups de distortion et d’effets de reverb. En arrière-plan, les voix masculines viennent souvent s’harmoniser à celle de l’ensorcelante Byanca Munoz. Leurs mélodies empreintes de mélancolie nous font presque oublier qu’ils vivent sous le soleil de San Fransisco. Ça sent l’automne à plein nez!La très appropriée Reverie vient clore sur une ambiance dream-pop réconfortante à souhait. Après coup, on se dit que le mouvement shoegaze est loin d’avoir reçu toutes ses lettres de noblesse.

Oli