[CRITIQUES] Luther – Let’s Get You Somewhere Else – Chunksaah Records (2012)

Luther - Let's Get You Somewhere Else - Chunksaah Records (2012)

Depuis la sortie de leur premier EP Siblings & Sevens l’an dernier, Luther a traversé un chemin assez incroyable. Avoir l’occasion de partager la scène avec des groupes comme Hot Water Music, Smoking Popes, Bouncing Souls, Dear Landlord, Swingin’ Utters, Mikey Erg, Cheap Girls, Ceremony, Bomb the Music Industry!, Title Fight et j’en passe, c’est bien signe que les choses vont bien pour le jeune groupe de Phily. Et puis voilà, ils ont une scène assez forte qui permet de mettre en place des shows locaux aux line-up déments comme celui-là : The Menzingers | Tigers Jaw | The Holy Mess | The Front Bottoms | Luther. Ouin. Bon…

Siblings & Sevens nous avait quand même bien charmé à sa sortie l’an dernier. On sentait qu’ils se cherchaient encore un peu puisque ça allait un peu dans tous les sens. Mais c’est plutôt normal pour un premier release, et on était plutôt impatient de voir ce qui allait suivre. C’est à pareil temps l’an dernier que l’on a eu droit à deux nouvelles chansons sur le 4 way split avec The Copyrights, Grey Area et The Reveling. Vraiment solides, et un raffinement du son qui annonçait déjà la direction plus pop-punk que ce que l’on avait pu entendre sur leur premier jeu. Quelque chose de plus lèché qui nous rappel Sundials, Elway ou bien, justement, The Copyrights. Bref, on sentait que ça s’éloignait des quelques références plus grasses qui nous y faisaient voir du bon vieux FHH (les titres The Communion et This is Like Fight Club sur S&S).

Dès les premières notes de Let’s Get Your Somewhere Else, on ré-affirme de plus bel cette direction très très claire. Ils s’incrustent avec maturité, diversité et brio dans un style qu’ils maîtrisent à 100%. La différence est pratiquement choquante à la première écoute. Et ça nous amène à vous dire pourquoi ça l’a pris plusieurs semaines avant de faire ce review. On ne l’aimait pas au début. Exactement de la même façon que Heart Beats Pacific, ou même On The Impossible Past, nous avaient déçu du premier coup. Ces trois albums ont ceci en commun: ils marquent un tournant dans la discographie de leurs groupes respectifs. Un tournant qui est caractérisé par un budget supérieur au niveau de la production (Pete Steinkopf (Bouncing Souls)) et du mastering (Rob & Nick @ New Alliance Est (Against Me!, AWS, Gifts from Enola, MLIW…). Mais aussi au niveau de la ligne directrice de l’écriture des chansons qui garde une harmonie constante, tant instrumentalement qu’avec les vocales plus contrôlés.

C’est définitivement plus pop. Plus bonbon. Et c’est toujours une direction qui est très difficile à prendre sans traverser cette limite qui te distingue d’un New Found Glory ou d’un MXPX, mais qui te garde plutôt du côté d’un Lemuria, Banquets ou House Boat. Un pop qui sonne vrai et authentique, et non sell out. Et c’est cette subtilité très très importante qui fait que ça passe bien à nos oreilles. C’est cette twist essentielle qui fait que l’on retourne le disque pour une deuxième, une troisième et une quatrième fois. Parce que lorsque c’est fait consciencieusement, il n’y a rien de plus accrocheur et feel good. C’est donc mission accomplie pour nous, puisque Lambert et moi ne pouvons tout simplement plus arrêter de faire tourner l’album depuis quelques semaines.

Écoutez The Second Star ou encore The Concrete Sound pour vous laissez convaincre, mais il faut absolument se taper attentivement l’album dans son entier.