[MÉDIAS] PRIMEUR EXCLUSIVE: Carey dévoile le premier extrait de Desolation, ‘Buried’

Toujours dans le but de vous offrir la possibilité de découvrir des nouveaux talents locaux, on aime bien vous dénicher des petites primeurs exclusives en provenance de notre terroir musical. Cette semaine, vous avez la chance d’entendre le premier extrait de l’album Desolation de la formation hardcore  Carey qui nous viens de la région de l’amiante. Bien que la formation clame des influences de post-rock dans leur musique, la pièce qu’ils nous font découvrir aujourd’hui nous démontre plutôt leur côté hardcore moderne dans la veine de Verse et Modern Life Is War. On vous laisse découvrir leur côté plus doux avec le teaser de l’album:

Et pour ce qui est de la pièce Buried, vous la trouverez tout de suite après l’entrevue qu’un membre de la formation nous a accordé. 

Carey - Desolation

Veuillez introduire les membres du groupe ainsi que leurs affiliations à d’autres groupes de la scène.

Premièrement, il y a Jérémie à la voix, qui a jadis chanté dans le groupe Hold Up! de Québec. On a Olivier à la guitare, qui chante et joue de la guitare dans le groupe punk rock Cold Days de Victoriaville. Ensuite il y a Miguel qui joue de la bass et qui a autrefois chanté dans le groupe Airport Avenue en plus d’être fill-in à la bass pour The Sleep et Stand As One il y a plusieurs années. John joue de la batterie et il est également batteur dans le groupe punk rock Jeffrey Lost Control et fill-in dans The Sleep. Finalement, je suis Pascal et je joue de la guitare. J’ai aussi fait partie des groupes The Sleep, Stand As One, inblood et je joue présentement dans le groupe hardcore reversal.


Quels sont les origines du nom du groupes et le concept derrière ‘Desolation’?

Carey provient de la mine d’amiante du même nom située à East Broughton et qui a fermé ses portes en 1986. Le concept qui est à la base du groupe et de « Desolation » est l’histoire économique de notre région, qui jusqu’aux années 1980, était limitée presque exclusivement à l’exploitation minière de la fibre d’amiante. Pour le présent album, nous avons procédé de façon chronologique pour décrire certains évènements marquants et illustrer la vie à cette époque dans la région des mines et des lacs. Pour se faire, nous avons décidé d’utiliser un narrateur; un vieil homme de 89 ans qui nous raconte une vie difficile passée dans les mines d’amiante durant la période sélectionnée (de la fin des années 30 jusqu’au déclin de l’industrie de l’amiante qui se prolonge encore aujourd’hui).

Vivez-vous une partie de cette réalité dont vous parlez dans vos paroles?

Non, je ne crois pas qu’aucun d’entre nous n’ait vécu cette réalité directement. Ce pourquoi nous avons choisi d’écrire l’histoire et les paroles par l’entremise d’un narrateur. Par contre, nous en vivons tous les répercussions à long terme en nous en rendant plus ou moins compte. Comme il est expliqué dans les lyrics, la plupart des éléments physiques sont encore très présents dans le paysage de la région. Les « dumps » de résidus miniers, les voies ferrées rouillées, les moulins abandonnés, les chevalets d’extraction, les immenses trous (pour ne nommer que ceux-ci en exemple) font tous partie du panorama quotidien. Il y a aussi la réalité de provenir d’une région où on a pendant longtemps exploité l’amiante. Curieusement, certains (même dans notre propre province) croient que tout le monde ici a l’amiantose, que celle-ci est contagieuse, que toutes les sortes d’amiante sont également dangereuses, que l’amiante tue (personnification de la fibre, haha), que les conditions de travail sont encore comme dans les années 40 etc. Plusieurs ne sont que mal informés et ont peur à cause de la désinformation.

Croyez-vous qu’il y a une pénurie d’artistes engagés au Québec? Si oui, parlez-nous de l’importance que vous accordez à un discours engagé dans le hardcore et des causes qui vous tiennent à cœur.

Définitivement. Cependant, il est important de mentionner que nous ne sommes pas un groupe avec un message particulier ou une quelconque allégeance politique. Les paroles ont été écrites à travers la main d’un ouvrier qui porte un regard sévèrement critique sur plusieurs acteurs qui furent impliqués dans l’histoire de l’industrie de l’amiante (ex. Le gouvernement Duplessis, l’Église Catholique, les syndicats après 1975, le corps policier, le patronat, etc.) Évidemment, la majeure partie de ces éléments peuvent être transportés à notre époque et sont toujours d’actualité. Nous ne cherchons pas à prendre une position politique précise (même pas en ce qui a trait à l’utilisation de l’amiante) pour des raisons de divergences ou d’indifférence politique dans le groupe, donc critiquer et questionner des éléments du passé qui peut encore être d’actualité aujourd’hui est un peu notre façon d’être engagés, si on veut.


Musicalement, vos influences vont du hardcore au post-rock. Quels sont les groupes qui vous ont le plus influencé?

 À la base, que ce soit au niveau littéraire, musical ou esthétique, sans chercher à révolutionner quoi que ce soit, nous avons dès le début tenu à explorer des avenues que nous n’avions jamais empruntées avec nos projets précédents, afin de créer quelque chose d’artistiquement intéressant et excitant/challengeant à jouer. Que ce soit dans le hardcore, post-hardcore, punk rock, post-rock, post-metal ou peu importe, il y a beaucoup de musique différente qui nous inspire chacun individuellement ou collectivement. Par exemple, des groupes ou artistes comme Verse, Defeater, The Promise, Piano Becomes the Teeth, Renee Heartfelt, By a Thread, Balance & Composure, Make do & Mend, Caspian, Mogwai, Tides Of Nebula, Rosetta, This Will Destroy You, Lavinia, Bréag Naofa, Olafur Arnalds, Ludovico Einaudi etc.


Avec la parution prochaine de votre premier album, avez-vous des projets à long terme pour Carey?

Dû à nos horaires ou à la distance qui nous sépare les uns des autres, c’est assez difficile de prendre le groupe autrement qu’au jour le jour, mais nous avons déjà commencé l’écriture de nouvelles pièces qui continuent l’évolution qu’on pourra entendre sur notre premier album. Nous allons bien entendu essayer de faire le plus de shows possible pour promouvoir notre album selon nos disponibilités.


Comment s’est déroulé le processus de composition de ‘Desolation’? Est-ce que le concept était établi avant de composer la musique?

Si ma mémoire est bonne, j’ai soumis le concept à Mig et John au tout début et nous l’avons élaboré pas mal dans les premières pratiques entre John et moi. Avec l’aide de Mig, j’ai composé les 2-3 premières chansons qu’on a montées et modifiées par la suite avec John. Pour les suivantes, on a composé et monté le tout à deux avec John et on a apporté les modifications nécessaires lorsque le groupe a été complété l’an passé. John et moi avons composé et jeté un nombre incroyable de chansons/riffs durant une année complète et nous avons eu la participation de quelques chums qui sont venu s’essayer jusqu’à ce qu’on trouve les membres qui forment le groupe aujourd’hui. Les paroles, elles, ont toutes été écrites de façon indépendante à partir de recherches historiques dans des livres, de documents d’archives de la SAHRA et d’entrevues avec d’anciens mineurs après que presque toute la musique ait été terminée. Les nouveaux morceaux sur lesquels on travaille présentement incorporent la participation plus active d’Olivier avec John et moi.


Vous sortez l’album de manière purement indépendante, sans même l’aide d’un label indie. Est-ce un choix délibéré d’adoptez une approche 100% DIY? Pourquoi?

Non dans la mesure où nous sommes tous issus de groupes qui ont toujours fait la promotion directe ou indirecte de cette éthique, donc ce fut un choix plutôt naturel. Et oui puisque dans ce cas-ci, nous avons décidé d’y mettre une emphase plus grande en effectuant l’entièreté du processus de création de l’album nous même (financement, enregistrement, design et lay out, composition, recherche, promotion, etc.) D’autre part, c’est un moyen assez direct de contrôler l’ensemble de la création de notre album sans avoir aucune contrainte d’éléments extrinsèques.


Aimeriez-vous remerciés des gens ou des groupes en particulier?

Oui, tous les gens qui ont accepté de nous donner notre chance même si nous n’avions toujours rien de disponible pour écoute, tous les groupes avec qui on partage souvent la scène ou avec qui nous sommes amis, sans n’avoir encore partagé le stage jusqu’à présent. Bien entendu, un merci tout spécial à JF et Vakarme pour l’entrevue et la diffusion exclusive de notre premier extrait « Buried».