[CRITIQUES] White Lung – Sorry – Deranged Records (2012)

White Lung - Sorry - Deranged Records (2012)

Pour un de mes derniers reviews de l’année, je tenais à faire un papier sur le quatuor de Vancouver White Lung qui s’est fait remarqué ces derniers temps à travers la scène indépendante du pays. Leurs éthiques de travail DIY ainsi que leur son n’est pas sans rappeler les belles années de la scène post-punk des années 80, auquel on y ajoute la touche féminine qui lui manquait définitivement.

Après une série de vinyles 7 pouces, des tournées dans des sous-sols et tout autre endroit qui voudrait bien les accepter et un LP explosif qui les a mis sur la carte, White Lung offre un deuxième LP qui déménage. Le groupe avait réussi à se démarquer avant tout par ses prestations endiablées et par sa chanteuse qui débordait de charisme. Pourtant, on sent qu’il y a beaucoup plus que l’image d’une chanteuse qui s’impose sur scène lorsqu’on écoute le LP Sorry.

C’est la fusion entre des titres remplis de vigueurs et d’ardeurs qui font de cet album une pièce maîtresse dans l’échiquier du punk canadien de 2012. Les rythmes de guitares sont explosifs, la basse se fait aller d’un bord et de l’autre, le drum est épris d’une fureur constante et la voix de Mish Way est parfaitement balancée entre l’impulsivité du moment et des passages plus accrocheurs. Ça nous rappelle même parfois le chant de Kim Gordon (Sonic Youth, Duhh !) en pleine extase sur scène qui criait à tu tête son mal de société. Donc imaginez le tout, ou l’on balance bien l’influence post-punk-hardcore whatever des 80’s et un son plus « actuel ». Mais ne vous inquiétez pas, il n’y a aucun élément cliché datant de 2000 sur cet album. Que du vrai. Des cigarettes et un dynamisme effréné.

Le tout nous est assemblé en dix titres qui ne dépassent pas les 20 minutes. Une tradition punk qui vient personnellement toujours me chercher. Pas qu’un plus long album n’est pas intéressant, mais on dirait qu’on va directement au point sans aucun détour (ou remplissage). Aucun temps mort, aucun mid-tempo, juste 3 filles et un gars qui décident de mettre toute la véhémence qu’ils peuvent en un album. La même énergie qui se trouvait sur It’s The Evil est transposée sur ce nouvel opus, mais dans un nouvel emballage. Un peu moins criard par moment, mais tout autant savoureux et délectable.

Par exemple, lorsque le deuxième titre Bag se met en branle, on est hypnotisé par le shred de Kevin McCorkwall à la guitare qui n’arrête pas durant le 1 min 50 de la chanson. C’est surement la plus catchy, puisqu’on doit avouer que le refrain nous reste coller aux oreilles lorsque Way dit : And I Want To Warm You, Il’l Come Back To Warm You. On a toujours l’impression qu’elle chante la déchéance, qu’elle s’adresse directement à quelqu’un en face d’elle en lui disant ses quatre vérités.

Sorry est définitivement une des belles sorties cette année. Plusieurs critiques aiment les comparer à Fucked Up, qui eux aussi avait commencé leur route sur Deranged Records. Pourtant, j’ai l’impression que le groupe va prendre une autre direction. Je verrais mal White Lung jouer aux MTV awards ou dans une énorme salle. Mais bon, on ne peut jamais rien prédire. Tout ce qu’on peut dire, c’est que le groupe semble pour le moment sur le bon chemin. Il ne leur reste qu’à décider quelle route ils entreprendront en 2013!

Lamb