[CRITIQUES] Metz – Homonyme – Sub Pop Records (2012)

Metz - Homonyme - Sub Pop Records (2012)

Je vais être franc avec vous, je sais que Metz roule depuis un certain temps et qu’ils ont sorti plusieurs vinyles 7 pouces qui ont eu raison de la hype indépendante au pays. Pourtant, j’ai eu vent de leur existence seulement lorsque la nouvelle du spectacle de Hot Snakes à Pop Montréal est tombée. Ce groupe manquait définitivement à ma culture. Pour les incultes comme moi, Metz est un trio de Toronto qui se démène dans un post-punk embryonnaire bien noisy. Il s’agit de leur premier LP qui parait sous Sub Pop Records. Même si le groupe est davantage reconnu pour ses prestations live et pour une énergie hors du commun, leur album éponyme vaut définitivement la peine d’y consacrer quelques lignes.

Le travail derrière la console est tout simplement majestueux. Rares sont les albums qui réussissent encore à avoir un son aussi pur qui n’est pas sans nous rappeler les si lointaines années 90. On dirait qu’un voile de son est présent tout au long du LP, comme si on camouflait la qualité sonore pour se rapprocher de la dissonance de l’expérience live. On dirait qu’il a été enregistré dans un sous-sol sans trop de moyen. Pourtant, c’est tout le contraire. La distorsion est la clé sonore qui permet à Metz d’être aussi convaincant. Ce n’est pas sans nous rappeler The Men en version plus loud ainsi que le jeu de guitare dérangeant de Hot Snakes. Les premières écoutes sont plus difficiles à s’approprier, puisqu’on comprend mal dans quoi Metz veut nous chahuter. Le tout s’éclaircit au fil des écoutes et on adopte vite les riffs démentiels du trio.

Le bal s’ouvre avec Headache et ne déhanche pas d’une seconde jusqu’à la fin. Une anarchie sonore qui nous transporte dans une odyssée de fond de ruelle avec des titres comme Rats ou encore Wasted. Ce qui est bien avec Metz, c’est qu’ils n’entrent pas dans un moule prédéfini comme trop de groupes aiment le faire aujourd’hui. On nous balance des titres remplis de furie et d’anxiété sans aucune prétention. Un band qui se la joue low-profile mais qui prouve par cet album qu’ils sont beaucoup plus que des pions dans l’échiquier du post-punk actuel.

Metz nous rappelle qu’on peut encore donner dans l’originalité en adoptant un son que plusieurs tentent de se réapproprier sans trop d’efficacité. Évidemment, lorsque termine l’écoute du LP, on n’a qu’une envie : entendre les morceaux live pour en avoir plein la gueule.

-Lamb