[CRITIQUES] Run, Forever – Settling – Tiny Engines (2012)

Run, Forever - Settling - Tiny Engines (2012)

Le trio de Pittsburgh nous revient avec leur deuxième album, Settling, qui fait suite au EP A Few Good Things paru en octobre 2011. Depuis la création du groupe en 2009, le groupe a su se tailler une place de choix parmi le genre, leur son a fait un bond énorme, et tout ça, à travers des moments assurément difficiles comme celui de la mort d’un des membres, Corey Wolfram.

On avait été habitué à des paroles très personnelles dès leur début, et cette animosité vécue par rapport à ce monde écrasant et ingrat ne semble jamais avoir diminuée dans les écrits de Anthony Heubel. Elle influence, au delà des paroles, une musique qui vient définitivement chercher le côté très raw du folk rock, des mélodies accrocheuses d’un pop-punk sans prétention et l’esprit DIY d’un indy des plus intègres.

It’s been two years, and I only feel worse. When everything’s perfect I still find a way to get hurt. Ce sont les premières paroles de l’album, et dès lors, elles nous avertissent de deux choses très claires: Rien n’a changé, la mélancolie et la hargne sont toujours aussi présentes, encore bien prises à la gorge. Et aussi que l’expérience et la confiance acquises sur le stage sont incontestables. La voix est plus riche que jamais et la musique mieux construite en ce sens: elle est poignante, dans un beau mélange entre guitare punchée et drum en parfaite harmonie. C’est tellement accrocheur et saisissant, on sent tout le malheur dans les paroles. Une introspection tout à fait humaine et 100% honnête. Un véritable coeur déposé sur une table d’opération.

Il y a tellement d’authenticité dans cet album, il est très difficile de rester indifférent et de ne pas s’identifier dans nos moments les plus profonds d’intériorisation. À croire que l’on vit la même chose, et ce même si ce n’est pas le cas.

I just wanna be a part of something worth saving. […] It’s the courage that I always lack.

Chaque titre a quelque chose à offrir, un album concis sous les 30 minutes, où l’on partage parfaitement les moments rapides et émotifs avec ceux plus mellows et personnels. Run Forever réussi à se renouveler, à nous attirer et nous en faire vouloir plus et plus encore. Il est rare que je ne me tape pas l’album deux fois de suite, et aucune écoute ne passe sous le radar de mon attention. Entendre une des chansons viendra directement capter mon attention, peu importe ce que je fais à ce moment-là. Et ça, c’est d’une magie plutôt unique.

PM