[CRITIQUES] Comadre – Homonyme – Vitriol Records (2013)

Comadre - Homonyme - Vitriol Records (2013)

Le groupe nous avait déjà prévenu en lançant le single Cold Rain que Comadre s’enlignait vers quelque chose d’énorme. Jack Shirley était très occupé dernièrement en participant à l’élaboration de plusieurs albums monstres en 2012 dans son fameux Atomic Garden Studios, on était donc d’autant plus curieux de voir comment il allait jouer ses cartes dans sa propre cour. Le processus d’écriture et d’enregistrement s’est fait sans aucune date butoir, échelonné sur une majeure partie de 2012. En fait, on a été au courant que le groupe le préparait quelques mois seulement avant sa sortie physique. Une aussi longue période en studio peut mener au meilleur, comme au pire. Dans ce cas-ci, ce processus a permis à Comadre de pouvoir repousser les limites de ce qu’ils avaient atteint jusqu’à maintenant.

La première écoute du Self-Titled est plutôt déstabilisante. La musique est totalement différente de ce à quoi les gars nous avaient habitués dans les dernières années. Une sorte de mélodie pop très joyeuse à laquelle on y ajoute la voix perturbatrice du chanteur. Le contraste au début est presque dérangeant, on se demande où ça va nous mener. Mais même si Comadre a toujours été reconnu pour offrir des chansons funky et de mélanger certains éléments musicaux qu’on n’aurait jamais pensé marier, ils montent ici la barre un peu plus haut. On utilise des instruments tels que la trompette (ce n’est pas une toune de ska, promis) ou l’orgue, dans un contexte de cacophonie post-hardcore jubilatoire. Ce qui fait la beauté de la chose, c’est qu’ils sont incorporés de façon fluide et efficace. Les gars se surpassent ici, en voulant pousser l’expérimentation musicale à son comble. Du Comadre au sommet de son art.

Ça nous donne des titres inattendus comme Untitled, un jam instrumental d’environ 3 minutes qu’on n’aurait jamais pensé entendre sortir de leurs amplis. Plus globalement, c’est très jovial et entraînant, ça nous donne le goût de remuer les hanches. Des chansons comme The Moon ou Story Teller nous montrent un visage différent du groupe, un travail plus façonné et audacieux. Mais au fond, ça reste du Comadre qu’en plus élaboré. Les petites subtilités instrumentales qui y sont insérées se font remarquer au fil des écoutes. Il n’y a donc pas vraiment d’autre choix que d’utiliser ta table tournante pour ce joli vinyle 180g, et ainsi profiter au maximum de la richesse sonore qu’on peut trouver sur cet album. Les nostalgiques de A Wolf Ticket, ou du split avec Glasses, vont peut-être reprocher un son trop clean, mais l’originalité du LP nous fait vite oublier ce petit détail. Soyez ouverts d’esprit, ça va vous faire du bien, vous allez voir.

Chez Vakarme, on n’aime vraiment pas donner des étoiles, des chiffres ou des patentes du genre pour juger un album. Par contre, si j’avais à le faire, je donnerais un bon quatre agneaux plus une cuisse sur 5.

Lamb