[CHRONIQUES] L’augmentation des prix de la poste et les incidences sur la scène DIY

Ventes de VinylesOn ne se le cachera pas; nous vivons une ère de changements et de renouveau. D’anciens modèles archaïques, qui avaient jadis prouvé leur efficacité, n’ont désormais plus raison d’être. On pense à la façon dont on découvre et consomme la musique, mais aussi à la façon dont on se la procure. Dans les 10 dernières années, et aussi avec la venue du modèle d’Amazon, l’Internet aura permis à une véritable meute de selfmademans de se partir leur propre label et de s’autogérer. 2012 à elle seule représente une année de ventes records pour le vinyl (source). Mais, étant donné la présence négligeable du format dans les grands magasins, qui eux se tuent à nous dire que les téléchargements illégaux nuisent à leurs chiffres d’affaires, ce sont les petits disquaires indépendants et le commerce électronique qui en bénéficie.

Et pourtant, même en ayant droit à une liste de prix wholesale (l’achat au prix du coût de production), une distro se voit quand même obligée de vendre ses items plus chers afin de pallier aux prix de livraisons parfois exorbitants, en plus de devoir se prendre une petite marge de profits sur chaque album vendu pour pouvoir continuer de commander des nouveautés et ainsi répondre aux demandes de sa clientèle. Mais pourtant, les petites affaires s’épanouissent et le vieux modèle de consommation de masse et des profits équivalents se voit laissé de coté, au dépend du fleurissement des labels indépendants et de l’initiative volontaire qui flirte parfois avec le bénévolat. Ainsi, c’est un nouveau modèle de micro-distribution qui débute et qui permet à un petit label de la Lettonie d’envoyer ses parutions directement à Montréal, et vice-versa.

Le hic?

Poste CanadaLe hic, c’est que le bureau de poste détermine en quelque sorte le prix du produit que vous achetez. Que ce soit pour un 7 », un 12 » ou une cassette, les tarifs de la poste sont assujettis à des augmentations. Bien que les hausses tarifaires sont choses communes et qu’elles se sont produites par le passé, elles peuvent parfois être drastiques.

Le hic, c’est aussi que, depuis le 27 janvier 2013, les frais de poste ont subi une telle hausse drastique. En ce qui concerne les frais de port au pays, nous sommes déja habitués de payer des sommes faramineuses pour faire venir un album de Toronto jusqu’à Montréal. Mais là où ça fait mal, c’est au niveau des relations internationales, plus particulièrement la relation entre les États-Unis et le Canada qui se voit ciblée. Si, comme nous, vous aviez l’habitude de commander des disques chez nos voisins du Sud, vous allez directement subir les conséquences de cette hausse. Un LP de 12 » qui vous coûtait 17$ après frais de manutention vous en coûtera maintenant 21$, et ce si le label avec qui vous faites affaire est prêt à essuyer une perte de marge de profits. Sinon, eh bien, préparez vous à en cracher encore plus.

Les répercussions n’affectent malheureusement pas seulement les consommateurs mais aussi les artistes et les labels, qui doivent dorénavant débourser encore plus cher pour sortir un album. Car, à moins d’être chanceux, l’usine de pressage ne se situe jamais à la porte d’à côté! Pour se faire envoyer les 500 LP tout frais et tout chauds, il fallait déja débourser un montant dépassant les mille dollars pour qu’ils soient livrés à bon port. Tout ces frais supplémentaires viennent aussi déterminer le prix cost de l’album et, par conséquent, le prix de base à lequel le band et le label devront vendre le fruit de leur labeur. Décidément, cette hausse fait (et continuera de faire) couler beaucoup d’encre, et ce, à juste titre. Il se trouve que ce sont encore les plus petits qui doivent en écoper, mais il en est aussi dommage pour les plus grands qui se voient encore obligés de subir l’ajout d’un clou supplémentaire à leur cercueil. Ce sont des milliers d’emplois qui sont en jeu, autant à la poste américaine que dans les centres de commerce au détail.

Cela nous forcera sans aucun doute à changer nos habitudes de consommation. Il faudra être plus patient et mieux s’organiser. Informez-vous auprès de votre distro et label local pour faire des commandes plus grosses, groupées et moins fréquentes. Dites à vos amis que avez envie de vous commander un album et proposez-leur le même, ou encore un autre item en catalogue pour ammenuiser le fardeau du shipping. Faites-vous un budget en conséquence, et continuez d’encourager vos disquaires, labels et distro indépendants locaux!

JF