[CRITIQUES] Mine – Homonyme – Holy Roar (2012)

Mine - Homonyme - Holy Roar (2012)

Retour vers le futur

Au-delà des vulgaires copies et des revivals à n’en plus finir persiste toujours la créativité. Plusieurs se complaisent à décrier le manque d’originalité, l’état de stagnation profonde ou la facilité de toujours aboutir à la même conclusion. Tout à déjà été dit, tout à déjà été fait. Si cet énoncé peut parfois s’avérer vrai, c’est aussi adopter une attitude réductrice envers l’esprit créateur. L’art étant ce qu’il est, on peut plutôt dire que tout reste à faire. Dans cette optique de l’inépuisable, d’une vision sans borne, surgit souvent de bien belles surprises. C’est dans ces moments d’euphorie qu’on se dit que notre passion ne peut s’éteindre.

Mine débarque donc du Royaume-Uni avec un premier EP éponyme. Brise de fraîcheur, certes, mais non dépourvue de l’inévitable grisaille londonienne. Si les antécédents des membres du groupe penchent du côté métallique (Hang The Bastard, Centurions Ghost, A Long Time Dead), les traces de ces derniers sont ici à peu près inexistantes. Les premiers instants de Crossed Out déambulent tout en douceur avec sa guitare clean agrémentée d’une subtile dose d’écho. De quoi nous rappeler davantage les paysages sonores éthérés d’Explosion In The Sky que la suffocation malsaine du sludge. Ce léger préambule laisse toutefois place à une musique teintée de débauche. La bass bourdonne à fond s’alliant parfaitement avec les lignes de guitares psychédéliques bien noisy.

Pas noisy comme la vague de nouveaux venus chez Youth Attack ou Painkiller records. Non, on pense plus sérieusement aux Stooges (période « Fun House ») ainsi qu’à l’empreinte nihiliste de Black Flag ou encore les délires de Flipper. En fermant les yeux, on peut y entendre certains vestiges de Seattle du début des années 90, ou encore les attaques les plus mordantes de Dinosaur Jr. et Sonic Youth. Le groupe puise aisément dans le passé sans jamais vouloir le récréer. Ils construisent du neuf sur des fondations déjà bien fixées. Si l’ensemble se veut somme toute relativement sombre, la balance agressivité/expérimentation est à point. La voix criarde et écorchée de Christopher Barling, toujours placée bien devant, amène la dimension costaude à l’album. Un peu comme si Dennis Lyxzén venait de sortir d’un pénible séjour en prison!

Avec quatre titres livrés en quatorze minutes, le quatuor réussit le tour de force d’amener cette musique vers d’autres horizons. Et ce, en évitant le piège des clichés. Après les éblouissants opus de Code Orange Kids et Birds In Row, c’est maintenant l’Angleterre qui répond présent pour l’avenir du hardcore.

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Oli