[CRITIQUES] Olde Pine – The Steve French EP (2013)

Olde Pine - The Steve French EP (2013)

J’ai découvert Olde Pine l’an dernier avec leur premier EP, Reservoir. Comme beaucoup de groupes de cette vague d’emo revival, j’ai écouté une fois, et je suis passé à autre chose. Le duo était pas mal, la première chanson commençait exactement comme celles de 10 autres bands que j’aime déjà et qui font la job. La voix était un peu lo-fi, emo à souhait, et ça me plaisait quand même bien. C’était bien construit, très mélodique, et sans abus de notes à la guitare. J’adore aussi ce son de drum enregistré sur le coin d’une table. Bref, ce duo du Massachusetts avait tout pour me faire revenir à l’écoute pour leur prochaine galette.

Voilà qui est fait, The Steve French EP est là, un an et demi plus tard, et c’est plutôt surprenant. En fait la première chanson ne surprend pas tant, mais elle a une vibe vraiment agréable, où on retrouve le chant toujours lo-fi qui m’avait accroché sur leur premier effort. Et puis sur Samsquamch, on sent beaucoup plus l’influence du projet solo du chanteur, Justin, avec l’intrusion du clavier. Faut dire que la job de sampling qu’il accomplit de son côté est très différente de ce que l’on peut entendre dans Olde Pine. On sent une twist plus ambiante, un peu dream-pop sur un titre comme Soon Enough (voir le stream bandcamp en bas de la page). Aux premières notes, ça me rappelle que The Postal Service fait un reunion. Pas le choix, quand ton unique disque est vendu au Urban Outfitters, tu peux sûrement encore faire la piass à jouer dans des amphithéâtres et autres festivals carburant aux réunions de groupes. (PS: J’irais sans doute quand même les voir s’ils venaient à Montréal).

D’ailleurs, la plupart d’entre vous se butteront au côté très électro de ses compos, mais je trouve que ça vaut vraiment la peine de s’y attarder. Et puis une fois mélangée avec la musique d’Olde Pine, c’est une audace qui vient les distinguer de tous les autres groupes qui font plus ou moins la même chose. Mais ce n’est pas seulement l’intrusion de ce troisième instrument qui me fait accrocher, c’est également le chant, où j’ai vraiment l’impression d’être dans une qualité égalant les (vieux) maîtres en la matière. Tout ça bien entouré d’une musique encore très jeune, raw et spontanée, qui nous donne l’impression de revivre notre première écoute de Shmap’n Shmazze des pionniers de Cap’n Jazz. Ce n’est pas léché et la production est toute faite maison par ce même Justin. En espérant que ça puisse continuer comme ça. Et puis ils ne sont pas très loin de chez nous, on pourrait sûrement les voir un jour jouer dans un sous-sol de Montréal, qui sait!