[CHRONIQUES] Cinq albums que j’emmènerais dans ma tombe avec Victor Beaudoin

Cinq Albums Que J'Emmènerais Dans Ma Tombe

Ça manquait un peu de saleté dans cette chronique, et on attendait avec impatience la petite touche de Victor pour venir cruster nos dimanches. Ancien membre de Tightrope, maintenant dans No Bones, Wrong Hands et Nuke, notre cher ami Victor enchaîne les groupes de qualité l’un après l’autre. En plus d’avoir du bon goût, il s’avère également être un collectionneur de disques assez imposant, et, avec une grande ouverture musicale. On vous laisse contempler la richesse de ses choix qu’il emmènerait sur son île déserte. Quoi? C’était pas une tombe? Well, go figure…

Discharge – Never Again

Discharge – Never Again (La compilation, réédition de 1998)

Bon, le classique des classiques: Discharge. Mon histoire personnelle avec ce disque remonte à des shows plus ou moins bons, mais marquants, à La Shop qui était dans une ruelle de la rue Moreau dans Hochelaga Maisonneuve. Comme tout bon jeune punk, je note mentalement les noms sur les patches que je vois, et j’essaye d’en découvrir le plus possible en rentrant chez moi. Quand je tombe sur ce CD compilation de Discharge, je me dis « crime, TOUT le monde a une patch de Discharge, ça doit être bon en maudit ». Effectivement, le 10$ investi a changé ma vie. Dès les premières notes de Warning, j’ai décidé que le punk, ça valait bien une dévotion complète. Encore aujourd’hui, les premiers disques de Discharge viennent me chercher d’une façon particulière, le fameux frisson que tu ressens quand tu entends EXACTEMENT ce que tu as toujours eu envie d’entendre.

* J’n’ai pas pris le 7 pouces de Fight Back. La valeur sentimentale de cette compilation est juste plus importante dans le cas présent.

Sonic Youth – Goo

Sonic Youth – Goo (1990)

Difficile de choisir UN album de la discographie phénoménale de Sonic Youth. Un groupe quasi-parfait, qui a su amener plein d’éléments de différents styles pour créer l’ultime son. Pourquoi Goo? Parce que c’est le premier album du groupe que j’ai entendu. Je ne pense pas vraiment que c’est le meilleur, mais c’est difficile de choisir entre mes préférés, je prends donc celui qui a eu le plus d’impact. Après avoir lu une entrevue de Kurt Cobain dans laquelle il faisait l’éloge de Sonic Youth, j’ai acheté Goo dans un magasin de disques usagés bien sympathique, au coin de De Lorimier et Bélanger, dans mon Rosemont natal, j’avais 12 ans. Bon, reste à remercier Nirvana d’avoir fait une grande partie mon éducation musicale.

Neil Young – Harvest

Neil Young – Harvest (1972)

Cet album-là, et l’artiste qui l’a créé,sont tout simplement des pièces importantes de l’histoire. Peu importe le genre de musique que tu écoutes, Neil Young l’a probablement touché de près ou de loin. Un artiste accompli qui donnait des shows survoltés six mois après avoir fait une rupture d’anévrisme et qui tourne encore juste pour le FUN de jouer de la musique. C’est ce que je retiens de cet album-là et de Neil Young en particulier, que les barrières, ça n’existe pas, fais juste la musique que tu veux, ça va juste être plus intéressant de te suivre.

Iron Age – The Sleeping Eye

Iron Age – The Sleeping Eye (2009)

Léger retour en arrière: en 2009, quand j’ai entendu The Sleeping Eye, ça m’a foutu une baffe assez légendaire. Un autre niveau, littéralement. Dans ce disque, j’entends TOUT ce que j’aime dans la musique agressive (ou presque). Dès les premières notes de l’album, on est transporté dans un autre univers, et je ne dis pas ça pour sonner comme un hippie qui danse sur du tam-tam. Des riffs à la Slayer, à la Black Sabbath, dans une atmosphère Sleep avec une énergie tellement puissante que tout ce qui reste à faire, c’est headbanger jusqu’à ce que mort s’en suive. Et, que dire des shows à Montréal et Sherbrooke pas longtemps après la sortie de l’album… Mais là je m’éloigne un peu de l’île déserte.

Crucifix – Dehumanization

Crucifix – Dehumanization (1983)

Dernier choix, très difficile. Au départ, j’aurais voulu mettre Age Of Quarrel, des Cro-Mags, ou bien Wind Of Pain de Bastard, OU ENCORE Victim In Pain d’Agnostic Front. Mon choix s’arrête ici sur cet album de Crucifix, que je trouve encore tellement sous-estimé malgré une composition incroyable, des paroles pertinentes (le début de Peace Or Annihilation, encore d’actualité aujourd’hui) et des divebombs venus d’une autre planète. Un album de hardcore pratiquement parfait avec une production excellente pour l’époque qui aurait, selon moi, mérité une place plus importante dans l’histoire du hardcore/punk.

* Bon, c’est bien beau me dropper sur une île déserte, mais j’ai plus d’un tour dans mon sac. En fait, je suis un punk, si je respecte toutes les règles ça serait trop plate. Mais comme j’suis un punk du salon à ma mère, je ne dépasse pas trop les limites, j’apporte juste un 7 pouces en plus. Plusieurs amis m’ont souvent entendu faire des envolées complètement ridicules sur des albums, des démos, des shows, des musiciens, mais reste que le single avec lequel j’ai probablement le plus exaspéré mon entourage est Police par Fucked Up. Pourquoi? Une raison simple: Police est probablement la meilleure toune de PUNK des dix dernières années. La première fois que je l’ai entendu live, ça a été la révélation. Mettons qu’une chanson punk parfaite, c’est comme une phrase, sujet-verbe-complément-blablabla, sauf que ça va comme Sujet (Police, Société…) – Lead de guitare (pas un solo là) accrocheur – Refrain mémorable qui amène n’importe qui dans le pit, que tu saches les paroles avant le show ou pas. Police rempli tous les critères de réussite, et est le single que j’ai définitivement le plus fait jouer.

Si je pouvais apporter UNE cassette, j’apporterais le démo d’Omegas, simplement parce que, fuck, recevoir des skis dans la face en plein mois de juillet, c’est un sentiment indescriptible qui peut être ressenti seulement à Montréal.