[CHRONIQUES] Cinq albums que j’emmènerais dans ma tombe avec David Guilbault

Cinq Albums Que J'Emmènerais Dans Ma Tombe

Guitariste, chanteur, lyriciste et leader spirituel des Guenilles, David Guilbault (a.k.a Russ Durel) est une personalité forte de la scène Montréalaise. Si son propos ne fait pas toujours l’unanimité (car il est souvent présenté avec autant de tact qu’un album de son groupe), on ne peut pas dire qu’il a la langue dans sa poche. Il faut dire que Durel est d’abord et avant tout un homme de convictions et de passions. Derrière la façade parfois impénétrable qu’il présente aux inconnus se cache en fait un grand sensible, curieux et cultivé. Il est aussi important de spécifier que même si un certain vidéoclip de son groupe avait causé un tôlé pour le meurtre fictif d’un chat (qui revint des morts pour trucider les membres du groupe uns à uns), David aime vraiment son chien et ne ferait jamais de mal à un animal. Ça fait que les activistes animal-rights d’internet du dimanche devraient se calmer le piton un peu.

On se demandait quel genre de musique ça emmènerait dans sa tombe, un pseudo-tueur de chats, mais surtout pourquoi. On vous propose donc de le découvrir, en attendant que Les Guenilles sortent leur troisième album et choquent immanquablement vos matantes.

En tant que colonisé des nineties, ça va être ça, pis ça va ben sonner. Celui qui ne joue pas n’aura pas d’fun, pis du fun, j’essaie d’en avoir des fois. Alors voilà 5 albums qui ont changés ma vie, dans ma tête. -Durel

Nirvana-In-uteroNirvana – In Utero (1993)

Teenage angst has paid off well. Ça devrait être assez pour vous convaincre, mais puisque les adeptes de Vakarme sont trop occupés a faire des kickflips sur du BonVivant, j’va vous expliquer pourquoi. J’emmènerais In Utero dans ma tombe, même si c’est physiquement impossible d’apporter d’quoi dans sa tombe (à moins d’être prévoyant en saint-crème). C’est le son de l’honnêteté qui ne fait place à rien d’autre, rien de moins. Pis moi, l’honnêteté dans l’art, j’en mange en me levant la nuit. C’est la seule chose de libre qu’il nous reste, alors polissons-la, cette chose. Comme toute vidange a son jus, j’boirais pas Heart Shaped Box en loop, mais l’erreur est humaine. Kurt Cobain et ses comparses ont changé l’monde, ni pour le mieux, ni pour le pire, mais ils l’ont changé.

youre-living-all-over-meDinosaur Jr – You’re Living All Over Me (1987)

L’album part avec une des meilleures chansons de l’univers, Little Furry Things. Dinosaur Jr c’est comme les Beatles joué par Gandalf qui, après d’avoir entendu les Minor Threat de ce monde, a décidé de fuzzer l’mot mélodie avec des griffes de Nazguls. Les références au Seigneur des Anneaux sont faciles avec J Mascis, puisque sa personne est jouée dans le film, et non le contraire. Gandalf c’est lui, toi t’es toi, pis moi j’écris c’que j’veux! Même les tounes de Lou Barlow sont bonnes, même si l’boy a pas l’air yâb avec ses simagrées d’dépendant affectif.

Sonic Youth Daydream NationSonic Youth – Daydream Nation (1988)

Que dire de cet album à part que c’est un osti d’chef d’oeuvre de A à Z. C’pas la bonne note? On s’en caliss. C’est Sonic Youth post-container à vidanges, pré-poètes de librairie indépendante de Brooklyn. Admettons que t’es en train d’être joyeux en écoutant l’cover d’Inspecteur Gadget de Lagwagon, j’te conseille la toune Cross The Breeze. Les RAN-zopiclones sont en vente chez Pharmaprix. Si tu t’rends jusqu’à la fin, tu vas dire à ton monde que tu les aimes.

Radiohead - Ok ComputerRadiohead – Ok Computer (1997)

Juste des souvenirs de rejet. Tout l’monde écoutait du Wu-Tang, tout l’monde était populaire, sauf moi. Moi j’écoutais Ok Computer dans mon discman. J’m’étais déniché un portique ben tranquille à l’abris des regards, pas trop loin d’la poly. Sur l’heure du midi, j’allais m’cacher afin d’être rejet, j’fumais du pot que j’avais acheté aux vedettes de l’école pis j’écoutais Ok Computer. Exit Music. Let Down. Pis toute. C’est l’genre d’album qui, peu importe ce qui t’arrive dans la vie, l’imprimera dans ta tête pour l’éternité. Merci Thom Yorke.

harmonium -  si on avait besoin d'une cinquième saisonHarmonium – Si On Avait Besoin D’Une Cinquième Saison (1991)

C’est ma mère qui m’en avait parlé la première fois. J’gardais des enfants, pis avec le cash, j’achetais des cassettes. Quand j’me suis acheté celle d’Harmonium, j’ai du passer un an à l’écouter sans arrêt. La dernière chanson, Histoire Sans Paroles, continue de meubler ma vie encore aujourd’hui. J’ai même réussi à avaler l’Heptade dernièrement. Ça a été dur, mais un coup que le morceau pogné dans la gorge a fini de passer, ça s’passe en tabarnak. Merci, Serge Fiori.

P.S: C’est calissement douloureux de pas avoir assez d’place pour vous jaser de Dehors Novembre des Colocs.