[CRITIQUES] Heartless – Certain Death – Halo Of Flies / Alerta Antifascista (2013)

Heartless - Certain Death - Halo Of Flies / Alerta Antifascista (2013)

Juste du tuage, pas de remplissage.

Le format du 7 pouces permet à certains groupes de sortir des albums qui sont parfois bien supérieurs à leurs LPs, en offrant un condensé de tout ce qui rend le groupe intéressant. Deux fois plutôt qu’une, ce groupe de hardcore aux teintes métalliques, qui nous arrive de Pittsburg, aura validé cet énoncé; tantôt avec leur EP éponyme paru en 2010, et ensuite avec leur nouveau EP intitulé Certain Death. Il faut dire que leur long jeu Hell Is Other People, paru sur Southern Lord Records en 2011, a un peu passé dans le beurre. La qualité était au rendez-vous, mais la sauce s’étirait peut-être un peu trop et parvenait difficilement à se démarquer de la masse de groupes qui s’exercent dans le même style.

Si Certain Death pourrait être un EP de hardcore moderne parmi tant d’autres, une écoute révèlera qu’il est en fait bourré, du début à la fin, de riffs vicieux et de matraquage rythmique mémorable. Parce que se faire matraquer devrait toujours être une expérience dont on se souvient, sans quoi le matraqueur manque à son devoir. Heartless nous arrive donc avec 8 titres courts et intenses qui catapultent le groupe vers de nouveaux sommets d’agressivité. Sur cet album, le groupe parvient à élever son jeu à un autre niveau, en montant la vitesse d’éxécution et la pesanteur de quelques crans. Si le groupe oscille constamment entre d-beat et blastbeat, on a à l’occasion (et seulement à l’occasion) droit à de brefs ‘répits’, quand le groupe ralentit la cadence et décide de vous laisser le temps de sortir vos meilleurs moves de mosh sur des sections mid-tempo d’une lourdeur exemplaire.

Niveau paroles, le chanteur Cory Smith n’a pas l’air d’être dans un endroit très rose. Si on peut déterminer ceci avec la simple écoute des vibrations de ses cordes vocales, un regard aux paroles vient nous confirmer le tout: Never amazed how violent nights bleed into freshly darkened mornings as indistinct blemishes become the closest thing to honesty I’ve felt this year – ouch! Ce n’est ici qu’un extrait de la première chanson car, tout au long de Certain Death, le chanteur nous communique un mal de vivre virulent. Si une telle vitrine sur la noirceur ressentie d’un individu, avec qui on ne partage aucun lien intime, peut être malaisant de par son honnêteté brutale, force est d’admettre qu’il est d’une importance capitale de crever l’abcès. Tant pis si quelques passants reçoivent un éclat de pus chemin faisant!

C’est bien ce qui est si attrayant du punk en général: cette espèce de quête perpétuelle d’exorciser des démons, qu’ils soient sociaux ou bien personnels. L’aspect personnel étant ici privilégié, ce EP se révèle en fait être la catharsis d’un individu qui se purge de sentiments inavouables via une projection dramaturgique.

Dans un ordre d’idées complètement différent: difficile de dire si le tone de bass en est le seul responsable, mais je dirais que ce nouveau EP me rappelle les belles années d’Ed Gein (en particulier sur Judas Goat and Diesel Eaters). Une attitude indubitablement punk, une vitesse d’exécution vertigineuse, l’intolérance légendaire du grindcore et une bonne dose de mal de vivre purifiant… Pas de doute, il s’agit ici du meilleur matériel d’Heartless à date, mais également d’un des meilleurs EP du genre à paraitre en 2013. Même si chez Vakarme on a horreur de donner des cotes aux albums qu’on review, Certain Death se mérite 5 tofu burgers sur 5.

PRÉCOMMANDEZ L’ALBUM ICI.

JF