[CHRONIQUES] Cinq albums que j’emmènerais dans ma tombe avec Phil Roy

Cinq Albums Que J'Emmènerais Dans Ma Tombe

Organisateur de notre bien aimé Heartfest, chanteur du groupe Esprits Noirs, membre de Perf☮ Crew et partner d’oubli, Phil Roy était un incontournable à inviter un jour dans nos chroniques hebdos. Pour son engagement à une scène hardcore saine, ouverte et conscientisée, on est fiers de vous présenter ce qu’il a choisi d’emmener dans sa tombe; une tombe qui sera remplie de bon karma punk et d’une diversité admirable.

Brand New - The Devil And God Are Raging Inside Me

Brand New – The Devil And God Are Raging Inside Me (2006)

Je suis un dude qui recherche les émotions à travers la musique et je pense que j’aurais passé à côté de quelque chose et que ma vie serait différente si j’avais pas décidé d’acheter cet album là sur un coup de tête chez le disquaire quand j’avais 16 ans. Je sais fermement que j’ai écouté la pièce Limousine plus de mille fois et, qu’à chaque fois et encore aujourd’hui, je la chante le plus fort possible pour faire sortir le méchant. Le titre de l’album représente trop bien le mélange d’émotions dans lequel on est transporté, que tu sois décalissé ou que tu passes la meilleure journée de ta vie, l’écoute EXcessive de ce release de Brand New peut juste amener du bon. La recette emo, dépressive, d’amour raté et de vie de misère de Brand New porte à boire, mais se mérite tout de même et très facilement le #1 des albums que j’apporterais dans ma tombe.

Basement – Colourmeinkindness

Basement – Colourmeinkindness (2012)

Wiiiiiiiiiittttthhhhhhhh yooooooouuuuuu, I doooooonnnnnttttt waaaaaant to be with youuuuuhooouuuuuuu. Non mais sérieux, quel album parfait!!! Je pense que le retour de la vibe grungy (bien que je ne sois pas spécialiste des années 1990) en dit long sur l’état mental du monde au 21e siècle. Une génération de fils à maman qui se sont fait briser, très ouverts à exprimer leurs émotions et où plusieurs kids semblent se reconnaître. Les pièces Pine et Covet viennent particulièrement toucher les cordes sensibles. Malheureusement, un autre groupe qui release un album de feu et qui décide de quitter la scène. Au moins, dans leur cas, ils ont prévu de revenir d’ici quelques années. C’est bien une des seules choses qui fait que je veux que le temps passe plus vite. Regardez le vidéo de leur last show, c’est juste trop beau.

Jeff Buckley – Grace

Jeff Buckley – Grace (1994)

J’avais 12 ans, je riais de mon cousin qui écoutait un chanteur avec une « voix de fille » et maintenant le voici au #3 de mon palmarès. Vous le connaissez sûrement pour son cover de Hallelujah de Leonard Cohen, qui a ensuite été repris par des milliers d’interprètes. Vous DEVEZ aller plus loin! C’est un album à écouter idéalement avec 2-3 oz de whisky sur glace et des écouteurs top qualité. Les pièces Grace, Last Goodbye, Lover, You Should Have Come Over et Forget Her sont celles que vous devriez écouter pour voir si vous embarquez dans le train ou non. Plusieurs spécialistes considéraient qu’il était le meilleur chanteur de tout les temps, et Grace se retrouve dans pratiquement tout les tops 100, malgré le fait qu’à la sortie (1994) de l’album, Jeff était encore très marginal et peu connu. L’un des meilleurs albums de tout les temps, j’aimerais mieux pourrir sur place et me désintégrer ou encore mourir immolé par le feu que de ne pas l’emmener avec moi dans ma tombe.

Have Heart - The Things We Carry

Have Heart – The Things We Carry (2006)

Pour ceux qui me connaissent, on dirait que ça aurait été improbable de ne pas mettre un album de Have Heart dans cet article. J’ai hésité entre celui-ci et Songs to scream at the sun, mais sans c’est sans contredis The things we carry qui a le plus positivement influencé ma vie. Cet album a forgé une partie importante de l’identité à laquelle je me suis attaché depuis une décennie. J’ai jamais porté les X sur mes mains et je ne le ferai fort probablement jamais, mais n’empêche que la force des messages transmis dans les pièces Armed with a mind, The machinist et Watch me rise m’ont permis de les interpréter à ma façon et par rapport à d’autres dépendances que l’on a. Particulièrement, la dépendance à la consommation inutile et qui ne mène à rien d’autre qu’un bonheur superflu et temporaire. Si tu veux t’en sortir, si t’es dans la merde, utilise ta tête, ta plus grande ressource, la seule chose qui te permet de te différencier des autres. Si t’es pris dans la routine, que tu t’emmerdes et que te lever le matin est la pire chose qui pouvait t’arriver, rappelles-toi que tu n’es pas une machine et que tu as le contrôle sur ta vie, et qu’il est possible de faire autre chose. Finalement, soit fier de ce que tu accomplis et rappelles toi que I’d rather die on my feet than live on my knees.

Carpathian – Isolation

Carpathian – Isolation

Choisir mon #5 a été la tâche la plus ardue, mais j’ai finalement choisi de partager mon amour pour ce groupe australien qui n’a pas reçu toute l’affection qu’il aurait dû recevoir en Amérique du Nord, un peu à l’image de Ruiner. J’étudie en politique et, chaque jour, quelque chose de nouveau me met en crisse. C’est pour ça que les groupes comme Carpathian (et Ceremony) existent. C’est un album pour te révolter contre notre société corrompue et sans avenir dans le système actuel, un album pour te faire réaliser que tu es peut-être marginal, mais que tu es loin d’être le seul. Des textes qui frappent, une voix criée, mais que l’on entend bien, des mélodies qui rendent l’écoute facile, c’est Carpathian. L’entièreté de l’album est délectable, mais les pièces Cursed , Seventyk et Ceremony (avec un feat de Patt Flynn d’Have Heart) sont celles qui ont rendu cet album un incontournable pour moi.

Mentions plus qu’honorables à :

Malajube – Trompe l’Oeil

Twitching Tongues – Insane & Unhuman

Explosion In The Sky – The Earth Is Not A Cold Dead Place