[CHRONIQUES] Pouzza Fest 2013 – Ecchymoses, hobos et abus d’orignaux

Pouzza Fest 2013 - Till - Show d'ruelle #1

Après s’être fait désirer pendant des mois, ma fin de semaine préférée de débauche et de junk-food était enfin arrivée. Au-delà des prestations musicales, le Pouzza Fest c’est avant tout un rassemblement d’amis et d’inconnus qui, l’instant d’une soirée, vont devenir les meilleurs chummey. Une messe punk rock parsemée de beuveries et bouffe pas très propre. Un moment dans l’année où tout s’arrête pendant 3 jours, pour faire place à un rallye de musique rapide (voir Pouzza Song de Tightrope (RIP)). T’arrêtes jamais, ça te prend deux semaines t’en remettre, mais ciboire que c’est plaisant.

Vendredi

On s’installe comme à l’habitude le vendredi, quelques heures à l’avance sur la terrasse des Foufounes, le temps de quelques bières pour bien se mettre dans le ‘’mood’’ Pouzza. On commence le marathon au douteux Piranha Bar avec nos chummey de Black Love, qui cassent la baraque comme à leur habitude. Sincèrement, chaque fois que je les fois je les aime un peu plus. Ça commence à faire pas mal d’amour vu le nombre de fois que je les ai vu déjà cette année. Place ensuite aux prodigieux Modern Primitive, qui, sans aucun artifice, nous balancent chanson après chanson devant un crowd encore un peu timide (faut dire qu’il était encore tôt). La preuve que la simplicité est toujours la plus efficace. Puis, entre un fond de poutine volé et une tête d’orignal verte à 5$, on file voir quelques pièces des charmants Gulfer, pour trop rapidement (on s’en excuse) s’engouffrer au Théatre Ste-Catherine pour aller déguster les jeunots de Run, Forever. Groupe qui ne m’avait jamais vraiment convaincu sur disque, faut dire qu’ils ont livré une bonne performance. Rien d’éclatant, juste une musique et des paroles honnêtes qui vont directement te chercher, le tout parsemé d’une énergie bien placée. Y’a du potentiel dans ce band là. Après quelques bières de ruelle, on foule les planches du Underworld pour souhaiter la bienvenue à Mixtapes, qui font leur tout premier show à Montréal. Bonne ambiance, bon groupe, petite réserve sur le choix des chansons, mais bien du plaisir quand même ! Ensuite, on débouche une grosse Grolsh pour les amis de Philadelphie, Glocca Morra. Le crew de Vakarmeux s’en est donné à cœur joie. On a foulé à quelques reprises la scène et le micro, j’ai volé quelquefois, mais maudit que c’était le fun. Première partie de réelle débauche qui nous laisse un début de grafignes et de bleus. C’était enfin commencé ! Dernier droit de la soirée (un droit qui commence à être croche, on va se l’avouer), on fonce au Quai Des Brumes pour aller voir les Sober Dawn. Final Bâton. La dérive totale, on s’y attendait. Le Gaudry qui fait du body surf avec un casque, la bière qui revole d’un bord pis de l’autre, un cover de Jawbreaker, plein d’amour saupoudré de coups d’épaules, les gars ont su finir ça en beauté. Un moment qui s’avérait triste fut finalement bien parfait, c’est toujours cool de finir ça sur une bonne note. Après un falafel relativement douteux et l’haleine qui vient avec, place au repos pour attaquer du mieux qu’on le peut le samedi.

Samedi

Après un réveil pas si difficile, on réattaque la terrasse des Foufounes pour starter la machine. Moosehead et veggie dog à la main avec le soleil qui se joint de la partie, on regarde les gars de Nuance Noire pour un petit show d’après-midi bien funny. El Pheonix pis sa gang étaient pas mal en forme mais, on va se l’avouer, ils sont moins cutes à la clarté du jour. Tout de même, une belle façon de commencer la journée. Les bières s’enlignent et on décide d’organiser un de nos désormais traditionnels shows de ruelle avec Greg Laraigne, PJ Bond, Till (Maladroit, Guérilla Poubelle) et le gars de Pooky Forest. Encouragés par une gang de croches du coin qui quêtait de la pabst, on a vraiment eu droit à un bon petit show. La visite surprise du chanteur des Flatliners est venu mettre la cerise sur le sundae. Ensuite, on court jusqu’aux Foufounes pour voir Direct Hit !. Une voix stridente, des riffs énergiques et une salle remplie à craquer, c’était un des bons moments du Pouzza. Dans la même veine que Dear Landlord ou Dopamines, c’est le genre de band qu’on adore à Montréal. Sans même bouger d’un poil, Daylight enfourche la scène avec un look post-nirvana 2013, une attitude froide digne des plus grands secs et une salle à moitié remplie (due à une confusion au sein du staff des Foufs). Sans adresser la parole, ils balancent l’un après l’autre les titres de leur nouvel album, Jar, qui s’enligne pour faire partie des sorties imposantes de l’année. Une espèce d’aura s’installait dans la salle, comme si on avait (ou, du moins, si j’avais) l’impression d’assister à quelque chose d’unique. Comme lorsque tu sais que la prochaine fois que tu risques de revoir le groupe, ça risque d’être devant une foule 50x plus imposante que celle-ci. Par la suite, on enfile quelques autres orignaux verts, pour aller visiter PJ Bond en full band, une autre tradition du Pouzza Fest pour moi ! Comme à l’habitude c’est toujours bien plaisant, les gars de Stuck Out Here étaient là pour foutre un peu la merde, et les deux musiciens l’accompagnant avaient l’air épris d’une énergie débordante, probablement due à une surdose d’excitation… Après avoir fait le plein de pizzas douteuses et de frites collantes, on bouge vers le Club Soda pour aller voir Braid, en croisant une file qui semble définitivement en colère devant les Foufounes, ne pouvant entrer pour Good Riddance. Encore une fois, on parle ici d’un problème de gérance du staff des Foufounes, où les toujours sympathiques doormans s’en donnaient à cœur joie pour te rappeler à quel point t’allais pas pouvoir entrer. Mais bon, ça fait partie de la game faut croire.

Arrivé au Club Soda on reste surpris: la salle est relativement vide et semble vouloir perdre encore du volume lorsque Make Do And Men termine son set. Quand Braid entre sur scène, on sent un léger malaise s’installer le temps de leur prestation. Pas un mauvais groupe, mais probablement pas le bon timing ni l’endroit pour ceux-ci. Quand même fier de les avoir vus, j’avais hâte qu’on passe au suivant. J’appréhendais Saves The Day, puisqu’il s’agit d’un groupe qui a marqué une partie de mes jeunes jours. La salle à peine remplie à moitié lorsque STD s’amène, nous sommes définitivement restés sur notre faim. Pas que c’était mauvais, mais il manquait un petit quelque chose. Un élément de spirit qui fait que le Pouzza est ce qu’il est. STD a offert ce qu’ils avaient à donner, sans plus. Tout le monde semblait attendre LA chanson, rien d’autre. Lorsque At Your Funeral était terminée, chacun retourna de son côté, la foule pour finir sa soirée sur une meilleure note, et le groupe pour toucher son cachet. En sortant du Club Soda la tête basse, la nouvelle tombe telle une tonne de briques. Dead To Me se produira à 2h30 AM au Théâtre Sainte-Catherine. Suite à plusieurs bières pour faire passer l’attente, et après avoir regardé les sympathiques Saint Alvia et Chris Cresswell (The Flatliners), Dead To Me arrivent dans la petite salle remplie à craquer. Les Vakarmeux étaient là pour foutre le bordel. Si vous étiez présents et que vous avez croisés un gars en bobette et trois dudes qui lançaient de la bière tout en dansant sans grâce, eh bien c’était nous. Probablement un des shows les plus trash de ma vie (ce qui n’est pas peu dire), et faut dire que j’en suis ressorti magané pas mal. Bleus, grafignes pis toute. Je pensais jamais danser les mains en l’air comme un cave durant X, ni me ramasser à chanter sur scène avec DTM et 40 autres inconnus pendant une chanson que je ne me rappelle même plus. J’ai fais plus de body-surfing cette soirée que dans tout le reste de ma vie. Bref, il était rendu 3h30 du matin, fini le flirtage de ruelle, on doit dormir.

Pouzza Fest 2013 - Show Secret de Dead To Me, Samedi

Dimanche

Après des heures (trois) de sommeil, j’enfile mon courage pour aller faire le merch mall du dimanche (d’ailleurs, merci à tous ceux qui sont venus nous acheter des zines, c’est vraiment, mais vraiment apprécié !). J’ai réussi difficilement à y survivre, mais j’en ai encore des séquelles. Peu importe, 16h arrive et on prépare notre deuxième show de ruelle avec No Bones, Forest Pooky et Mike d’After The Fall. Encore plus populaire que la dernière fois, il y a encore fallu gérer d’autres weirdos, mais cette fois-ci avec un habit du SPVM et des shorts ridicules (Tsé, le outfit de vélo là, sexy comme tout). Quelques instants plus tard, le temps de se faire expliquer quel permis on a besoin pour un évènement du genre, tout en prenant nos coordonnées pour aller prendre une bière de ruelle avec nous ultérieurement, BonVivant ont fait un show de parking, Fred bien installé dans la valise de char. Mais vu que l’évènement était clandestin, on préfère boycotter la couverture médiatique. Après, on va rejoindre les toujours sympathiques Laureate aux Foufounes Électriques le temps d’un set très efficace. Pour les avoir vus à maintes occasions dernièrement, il s’agissait probablement de l’une de leurs meilleures prestations. Un autre groupe local qui s’enligne sur un chemin ma fois très captivant. Quelques instants plus tard, une jeune demoiselle foule la scène des Foufounes, l’air dépravé, cheveux roses et chandail de Hello Kitty: Cerce s’amenait enfin. Sans trop comprendre ce qu’ils faisaient sur un line-up aussi poppy, on était plusieurs à attendre ce moment. Cerce ont vraiment démolis la baraque. Ils m’ont donné l’électrochoc qu’il me fallait pour survivre à cette dernière soirée. Le monde s’est excité à souhait et c’était un excellent moment de violence (RIP cheville à Pierre-Marc Duguay).

Le temps de quelques discussions chevronnées avec des vieux amis, un des moments que j’attendais depuis l’annonce à la conférence de presse arrivait: Lemuria. Un groupe très pop qui ne laisse personne indifférent: on adore ou on déteste. Malgré un choix de setlist un peu douteux (beaucoup de nouvelles chansons qu’on n’a pas eu le temps d’entendre encore), l’ambiance était excellente. Un bon petit show léger avant d’attaquer Dead To Me pour une deuxième fois en moins de 24 heures. Malgré une excellente prestation, c’était difficile d’accoter la performance de la nuit dernière. Pourtant, DTM était encore une fois au top (pas de la sobriété par contre, facile à remarquer..). En plus, A Day Without A War c’est pas mal une des meilleures chansons du groupe. Plus tard, Crime In Stereo venait nous balancer leur hardcore mélodique en pleine gueule. Ils étaient énergiques et m’ont réellement enivrés (d’accord, un peu aussi grâce à l’orignal vert), d’autant plus que je ne connaissais pas particulièrement le groupe. Un très bon coup de les amener sur ce lineup. Enfin, le moment que je redoutais arrivait: New Found Glory. J’étais resté pour faire plaisir à ma demoiselle, mais je vais avouer que c’était pas mal solide comme show. Une ambiance électrisante, une foule en feu, du stage dive au 4 secondes, c’était vraiment le genre de show qu’on espère vivre lors du Pouzza Fest. J’en écouterais définitivement pas sur ma playlist, mais c’était un bon moment qui cadrait curieusement très bien dans l’esprit du Pouzza Fest. Plus capable de suivre mes comparses, j’abandonnais le navire vers 1h00 AM. Désolé les amis, c’était trop. Y parait que Prevenge c’était vraiment parfait et qu’il y a eu un gaspillage intensif de bière, je m’en veux d’avoir manqué ça. Aussi, j’ai eu vent que Dead To Me ont cassé la baraque pour une troisième fois aux Katacombes, pour clore le Pouzza Fest sur une bonne note.

Pouzza Fest 2013 - Dimanche

Avant d’aller se coucher, une fierté s’installe à l’intérieur de moi: FUCK YEAH ! J’ai réussi à survivre pour une 3e année de suite. Je sais que des personnes sont insatisfaites de certaines expériences lors du séjour, mais avant de critiquer de façon facile et abusive, sachez qu’organiser un festival de cette ampleur requiert une motivation et une énergie sans borne, et que rien ne peut être parfait. Il est évident que quelques points sont encore à améliorer, mais le festival dans son ensemble est tellement agréable et bien pensé qu’on ne peut qu’en remercier les artisans. Le Pouzza Fest, c’est non seulement plus de 200 groupes dans une dizaine de salles à Montréal, mais c’est avant tout un rassemblement d’amoureux de musique qui partagent des valeurs communes. Un moment qu’on n’avait jamais encore vécu à Montréal, mais surtout, qu’on ne peut plus désormais se passer. C’est triste si t’as manqué ton groupe favori, mais je suis sûr que t’a vécu 100 autres expériences qui valaient le déplacement. Merci aux organisateurs : Hugo, Hélène, Jo Juneau, Dou Boivin et les 20484 autres bénévoles responsables de ce petit weekend de débauche. Merci vraiment de vous forcer le cul pendant une année pour nous offrir ces trois jours d’extase. À l’an prochain ponk !

Dead Lamb