[CRITIQUES] Dig It Up – Manners – Stomp Records (2013)

Dig It Up - Manners - Stomp Records (2013)

Depuis quelques années maintenant, un groupe montréalais rôde aux alentours des bars crasseux et des endroits miteux de la région. Ils ont ouvert pour des shows imposants comme Propagandhi ou The Flatliners, ont tourné avec les Sainte-Catherines et None More Black, tout en sortant un split avec Prevenge et le EP Magnets. Ils se sont fait reconnaitre dans la scène grâce à une présence déchainée sans avoir l’attitude hautaine qui vient trop souvent avec. Après les avoir vus une bonne vingtaine de fois à ce jours, on avait vraiment hâte d’entendre l’album que Dig It Up! nous parlait depuis des lustres.

Dès que Too Fun To Be Jaded s’entâme, on reste en état d’alerte. La voix de Mike est plus brutale et souillée que ce à quoi on était habitué jusqu’à présent. Ça augmente d’un cran l’agressivité du groupe, ce qui n’est pas sans déplaire. On pourrait comparer le vocal à Burning Love, en version moins arrogante et, surtout, plus variée. Une des forces de Dig It Up! a toujours été de s’imprégner d’un son southern rock en version plus punky, sans toutefois jamais tomber dans le cliché trop facile des solos ou de l’attitude de post rock-star. Une voix efficace, saupoudrée de back vocals bien placés, le tout enrobé de riffs énergiques et puissants! Voilà pourquoi j’ai toujours qualifié Dig It Up! de punk’n’roll. Pour Manners, DIU! utilise la même formule gagnante: un drum aussi solide que du béton, des guitares à la fois habiles surplombées de refrains qui déménagent. Ça sonne un peu cliché comme description, mais ça représente parfaitement l’atmosphère dans laquelle DIU ! nous transporte. Manners reste donc fidèle à l’image du groupe: sale et intègre. C’est 36 minutes d’électrochocs sans interruption!

Une de mes principales craintes avant d’entendre l’album était de savoir si DIU! allait être capable de transposer l’énergie live sur l’album studio. Eh bien oui, c’est définitivement mission réussie. On retrouve la même dynamique sur les planches collantes de notre défunt Absynthe que lorsqu’on l’écoute dans le confort de notre salon. On a aussi droit à quelques feat. qui viennent rehausser d’un ton Manners. Alex Cartier de Prevenge et Erin Power de Laureate viennent représenter la crème de la scène montréalaise, et ce, à notre grand plaisir. Il y a aussi Jason Shevchuk de None More Black qui ajoute sa touche sur Southern Manner, la chanson la plus diversifiée de l’album, mais aussi une de mes favorites. Non seulement la qualité des compositions est au rendez-vous, mais le travail effectué derrière la console par Marc-Andrée Beaudet et Jon Drew est magistral. Pas trop peaufiné, mais juste assez pour rendre crédit à la qualité sonore que Dig It Up! mérite.

Manners, c’est donc une des sorties imposantes de l’année. Pas seulement au niveau local, mais en général. Le genre d’album que vous risquez d’entendre parler, non pas parce que la presse est derrière eux, mais parce qu’ils ont travaillé à la sueur de leur front entre deux jobines pour vous envoyer cet album en pleine gueule.

Lamb

PS: Le lancement de Manners à Montréal est jeudi le 30 mai au Petit Campus en compagnie de No Bones et Heisenbeards !