[CHRONIQUES] Cinq albums que j’emmènerais dans ma tombe avec Frank Laplante-Beaudette

Cinq Albums Que J'Emmènerais Dans Ma Tombe

Ça fait longtemps qu’on attendait de voir la liste du guru derrière Panic Attack et Sick Scene Productions. Eh oui, la chronique de cette semaine met en vedette notre cher ami François Laplante-Beaudette, aka Frank Angoisse. Passionné viscéral de musique des années 80 et 90, on aime que, chaque semaine, il nous fasse découvrir et re-découvrir ses écoutes à travers différents groupes Facebook. Une vraie bibliothèque et une grande inspiration pour nous, c’est avec honneur qu’on vous livre la connaissance et la passion derrière ce noble personnage de Québec. ET NON, ce ne sont pas cinq albums de Green Day, thanks god.

Green Day - Nimrod

Green Day – Nimrod (1997)

Dites ce que vous voulez sur Green Day, vous aurez probablement raison. Cependant, si je dois enterrer des albums avec moi, ce sera ceux qui ont marqué profondément mon existence et, quoique je ne puisse défendre l’après-American Idiot, Nimrod reste un moment important de mon évolution. Alors que Dookie a été la première révélation musicale dans ma vie, et que je connais Insomniac par cœur du début à la fin, c’est Nimrod qui représente pour moi la période la plus riche de la carrière de Green Day. Un mélange instable de punk juvénile baveux (The Grouch, Platypus) et de formidable power-pop montrant la nouvelle maturité du groupe (Scattered, Uptight, Redundant), avec quelques curiosités pour étirer le plaisir. Le tout supporté par un artwork superbe et même, par extension, d’excellents b-sides. C’est la trame sonore de mon secondaire qui me suivra toute ma vie et même après.

The Distillers - Coral Fang

The Distillers – Coral Fang (2003)

J’ai connu les Distillers juste un peu en retard, avec le vidéo de City of Angels comme la plupart du monde. Les deux premiers albums sont corrects, c’est du Rancid féminin, mais Coral Fang c’est une toute autre chose! J’étais très peu intéressé par le grunge à l’époque, donc quand l’album est sorti j’en avais rien à crisser de la comparaison avec Hole. Je me fou toujours de cette comparaison. Les chansons sont super mélodiques, bien dosées en bruit et en cris, juste assez sombres pour que j’y revienne toujours. Hall of Mirrors reste dans ma tête pour des semaines chaque fois que je l’écoute.

Broccoli - Home

Broccoli – Home (1998)

Sans doute la découverte dont je suis le plus fier. Broccoli est un nom assez intriguant, si l’idée d’un band emo originaire d’Écosse ne l’est pas déjà. Pourtant, à voir leur Curriculum Vitae, il est étonnant qu’ils soient si peu connus. La plupart de leurs chansons ont été produites par Frankie Stubbs, et ils ont partagé la scène avec MTX, J Church et Jessie, en plus de tourner au Japon bien avant qu’Internet ne permette à tous les groupes de s’exporter aisément. Évidemment, le Québec est rarement au courant de ce qui se passe en Grande-Bretagne et au Japon, et comme Broccoli a fait très peu de vagues en Amérique du Nord, il est plutôt rare de trouver des fans par ici. Pour en revenir à l’album Home, dernière parution de Broccoli et lui aussi produit par le père Stubbs : une collection unique, regorgeant de riffages et de choeurs pour le moins épiques. Je pense encore aujourd’hui ce que j’ai pensé à la première écoute : c’est pile entre Leatherface et Jawbreaker. À vous de voir si ça vous convient!

The Hold Steady - Stay Positive

The Hold Steady – Stay Positive (2008)

C’est mélancolique à l’extrême, c’est épique, c’est le chanteur de Lifter Puller qui continue de raconter les mésaventures de jeunes américains en quête du meilleur high, mais sur un fond plus musical qu’avec son ancien groupe. Définitivement un concept difficile à cerner, et qui défie les conventions du indie rock et du songwriting en général. Chaque album de THS contient des incontournables, mais Stay Positive regorge de moments exceptionnels. La participation très active de Franz Nicolay et les caméos de Ben Nichols y sont sans doute pour quelque chose.

Jawbreaker - Unfun

Jawbreaker – Unfun (1990)

Décidément, choisir seulement 5 albums pour me suivre dans l’au-delà n’est pas tâche facile. Disons que je ne pourrais me permettre de passer sous le silence l’oeuvre de Blake Schwarzenbach. Évidemment, j’adore tous les albums de Jawbreaker, et la qualité des textes offerts à l’époque de Jets To Brazil est pharamineuse. Thorns of Life est un diamant brut qui aurait pu donner lieu à mon album préféré à vie, et Forgetters me plait finalement beaucoup, cependant c’est Unfun qui devra m’accompagner dans le noir. L’instrumentation y est unique, au pinnacle du grunge, et les textes me donneront de quoi réfléchir pour toute l’éternité.