[CHRONIQUES] Cinq albums que j’emmènerais dans ma tombe avec Philippe Carrier

Cinq Albums Que J'Emmènerais Dans Ma Tombe

Cette semaine, Vakarme acquiert une sagesse à travers son entretien avec Philippe Carrier, un vétéran de la scène musicale de Québec. Actuellement guitariste chez Rogue River, le parcours de Phil est parsemé d’histoires absolument cruciales. C’est le genre de personnage à la mémoire sans faille avec qui t’as le goût de prendre une bière tout en écoutant comment il a trouvé le premier show de Jets To Brazil qu’il a vu dans une salle grosse comme ton salon. Ayant partagé le stage avec des membres de Fifth Hour Hero, From Grass to Cheese, The Awards et Driftin’ Drifters, ses quelques groupes l’ont mené à former Rogue River il y a de ça cinq ans avec Dave (FHH), Paco (From First to Grass) et Max (The Awards). Si vous n’avez jamais écouté leur album, c’est foutuement le temps de vous y mettre!

The Weakerthans - Left and Leaving

The Weakerthans – Left and Leaving (2000)

Cet album là a marqué une période précise de ma vie. J’ai dû voir les Weakerthans une dizaine de fois entre 97 et 99. Tellement que je connaissais la plupart de Left and Leaving avant que l’album ne sorte. Le show de lancement de l’album reste celui que j’ai le plus aimé à vie. C’était la première fois que je voyais Steve Carroll jouer du whirly wind, puis au 2 minutes, il lançait des poignées de confettis. Après Left and Leaving, les Weakerthans sont devenus trop gros à Winnipeg et je n’ai plus été capable de les voir après la sortie de Reconstruction Site parce que je n’étais pas assez vite sur les billets. Étrangement, j’ai été capable de les voir plusieurs fois quand même lors de mes passages à Québec. Bonus : J’ai travaillé plusieurs années avec la mère de Steve Carroll dans le « Middle School » où John Samson est allé. Elle me donnait des updates de studio quand les Weakerthans enregistraient avec Greg Graffin.

The Bonaduces - The Democracy of Sleep

The Bonaduces – Democracy of Sleep (1998)

Doug Maclean est sans aucun doute mon parolier préféré. J’explique. Les Bonaduces ont commencé un peu en joke (des chansons à trois accords avec un drummer qui ne savait pas jouer, un guitariste qui passe plus de temps dans les airs que par terre, un chanteur qui prend un peu un accent british pour chanter des chansons assez ramonesques et une apparition invitée de Chris Hannah sous le nom de Bobo Bonaduce pour faire des backs sur une chanson intitulée Soy to the World). Malgré tout, depuis le début, Doug racontes des histoires complexes et très imagées dans lesquels des personnages se promènent parfois de chansons en chansons (comme l’omniprésente Rachel) pour tisser une cohérence non seulement inter-chansons, mais inter-disque. Sur Democracy of Sleep cependant, la musique atteint une maturité qui élève les paroles et les histoires d’un niveau. En fait, c’est un album concept dans lequel un groupe de personnages est confronté à la maladie et la mort éminente d’une amie. Les chansons nous transportent alors dans l’univers des personnages qui relatent divers obstacles rencontrés ensemble (la mort d’animaux domestiques, l’homophobie, la gestion d’allergies mortelles …). En passant, si la dernière pièce de cet album ne te donne pas la larme à l’œil, t’as un problème de cœur et une visite chez le docteur s’impose (En plus il y a des backs de John Samson à la fin). 12 ans plus tard, Doug a fait un suivi de ses personnages sur le double album Lit from Within de son groupe de l’époque (The Paperbacks) qui réfère directement à Democracy of Sleep. Bonus : J’ai juste booké un show dans ma vie et c’était un show des Bonaduces.

Braid - Frame & Canvas

Braid – Frames and Canvas (1997)

J’ai vu Braid la première fois dans un centre de ski de fond à la fin du mois d’août 98. Ils jouaient avec Discount, puis Darkest Hour c’était greffé au line-up (mais c’était Darkest Hour avant qu’ils soient bons là. Pré Ryan Parrish et pré Kris Norris). Braid avait complètement volé le show. Tellement que le drummer de Darkest Hour (celui qui n’était pas Ryan Parrish) faisait du air drum tout le long avec un gros sourire collé dans la face. J’ai acheté Frames and Canvas ce soir là ainsi que le 7 » split avec Poghoh, celui avec What a Wondeful Puddle. Ça serait dur de ne pas amené l’album duquel est tiré la chanson à laquelle ma fille doit son nom en grande partie (Docteur à l’accouchement : Have you thought of a name for your daughter yet (c’était à Winnipeg, fak le doc parlait Anglais)? Moi : We’re not sure, but we’re thinking Arielle. Le docteur : Oh, just like the little mermaid! Moi puis ma blonde on se regarde et on pense en même temps: Shit!) Bonus : Dave, le drummer de Rogue River était allé aux shows d’adieu à Chicago. Ceux documenté dans le film Killing a Camera.

Dinosaur Jr. - Where You Been

Dinosaur Jr – Where You Been (1993)

Si jamais François Laplante-Beaudette m’a déjà présenté à toi, bien il a dit : « Lui c’est Phil, il joue la noodle guitar dans Rogue River ». Les origines de mon noodling remontent probablement à cet album-là. J’ai acheté la cassette quand elle est sortie parce qu’un gars à mon école avait le t-shirt avec la vache, puis ça m’intriguait trop. Dès l’intro de Out There, j’étais vendu. Tellement que je me suis débrouillé pour aller les voir à Lollapaloosa 93 qui était à Barry en Ontario. Pour un flo de 15 ans de Québec, c’est quand même quelque chose. Je le sais que c’est pas un des albums du line-up classique, mais c’est probablement l’album le plus mémorable, varié tout en étant cohésif. Bonus : je m’étais même brodé une tuque pas pire de Dinosaur Jr avec la machine à coudre de ma mère.

RVIVR - The Beauty Between

RVIVR – Beauty Between (2013)

Quiconque me connait va se demander pourquoi ce spot-ci n’est pas occupé par Perversity Is Spreading de I-Spy. C’est pas mal un de mes albums préférés, mais je skippe les dernières chansons une fois sur deux, puis tsé dans ta tombe tu peux pas trop skipper des chansons. J’aurais bien amené The Sun Is Down and The Night Is Riding In de Crusades, mais il n’est pas assez long. Donc comme dans la vie j’essaie de donner des icônes rock féminines à mes flos, histoire de contrer le sexisme omniprésent dans la culture populaire, je vais opter pour RVIVR pour continuer dans cette lignée dans l’au-delà. Je sais qu’il est dans les pas mal récents, mais je me dis que si j’ai eu de la misère à écouter d’autre chose que ce disque là pendant le premier mois qu’il est sorti, je devrais être bon pour l’endurer un bon bout sous terre. Le premier LP était parfait, je sais pas comment celui-là fait pour être meilleur, mais il l’est quand même. Bonus : RVIVR c’est un vraiment bon mot pour fitter au centre d’un palindrome.