[CHRONIQUES] Compte-rendu de tournée de Bonvivant en Europe

Bonvivant - Désert

C’est dur de résumer un trip de 14 jours, 12 shows, des dizaines et dizaines de rencontres et des milliers de KMs parcourus en quelques lignes. Pour ceux qui n’ont pas le courage de lire toutes ces lignes ; Bonvivant a fait le tour de France en fourgonnette accompagné de Charly Fiasco. Périple mémorable où la bière et le Ricard coulaient à flot. En conclusion, c’est toujours plaisant de faire de la route, faire la fête et de rencontrer des gens sous prétexte de jouer du punk rock. Ce fut encore plus plaisant en faisant le ‘’Tour d’errance’’.

Pour ceux qui veulent perdre un peu leur temps devant leur ordinateur, voici, en plusieurs lignes, nos deux semaines dans le vieux pays.

22 Avril 2013, Montréal

Je termine mon examen final en 30 minutes et je retourne chez nous, où Mario Ouellette nous prend en fin de soirée. Sneaky Phong, l’Asiatique, va nous suivre durant le voyage pour prendre de belles photos et publier des vidéos en 2014 ou 2015. On prend ça mollo à l’aéroport, pas beaucoup de monde, à part un dude d’Anonymus qui va rejoindre sa copine en France. Il nous souhaite un bon voyage. Charles et  Martin sont coincés dans les sièges d’un vieil avion d’Air Transat et, 7 heures de vol plus tard, Paris nous voilà.

23 Avril – Paris

Arrivés au Transit 3, on retrouve nos bagages et on se dirige vers le fameux RER, communément appelé ‘’l’horreur’’, un genre de train de banlieue qui sillonne les villes de l’aéroport à Paris downtown. Le périple des transports en commun avec nos bagages, guitares et cymbales débute. Arrivés sur Paris, notre objectif est de retrouver Oli de Maladroit à son taf pour qu’il nous donne ses clefs d’appartement. Sneaky et Martin trouvent finalement Oli et ce dernier nous indique le chemin pour se rendre chez lui. On saute les gates du métro comme des bums et on sauve un premier 10€. Enfin déposé nos bagages à l’appart, on sort sur la rue se chercher baguettes et vino pour starter notre 1er de 14 apéros. Le temps passe vite et on repart dans le métro pour se diriger vers le Café de Paris. Arrivés au bar, le Till international nous accueille avec un souper végé au menu et une dégustation de la fameuse petite Kro. Pour notre premier soir, on joue dans la cave du café, qui est quasi plus petite que l’Esco. Comeback Kid joue à quelques coins de rue, mais ça n’a pas empêché une soixantaine de personnes de venir. Quelques Kro plus tard, la soirée commence avec Sheldon Cooper’s spot, du bon punk rock !

Le set de Maladroit est terrible. Pas le temps de prendre une gorgée que les chansons s’enchaînent back-à-back. Après avoir reçu cette tonne de briques à la figure, c’est finalement à nous d’embarquer. Très contents d’être la, mais avec le jetlag, on a plus l’air de morts vivants que des Bonvivant. Malgré tout, notre set se passe bien, le public est attentif et chaleureux. Les Français ont l’air contents d’entendre parler québécois ou allemand. En fait, ils ne comprennent rien de ce qu’on dit. On finit notre set entièrement mouillés. Pour une des rares fois du tour, ce n’est pas la bière qui en sera responsable. Les Masked Intruders closent le show et on continue à picoler au bar jusqu’à ce que nous paupières se ferment par elles-même.

Bonvivant - La Seine

24 Avril – TGV-Valence-Toulouse

Le réveil n’est pas trop brutal; vue d’un 5e étage sur une petite rue de Paris, on ne peut pas vraiment se plaindre. Plan de match de la journée: prendre une photo de la tour Eiffel pour faire comme tout le monde, et se rendre à Toulouse. Après notre fameux photoshoot, on se dirige vers le TGV. Gare de Lyon, ce n’est pas gros comme ma poche. On cherche donc où aller pour trouver notre train, à quelques minutes du départ. 2-3 heures plus tard, c’est l’arrivée à Valence, Barbara nous attends pour nous lifter jusqu’à chez elle. C’est son homme Patrick (Sons of Buddha, ISP, Bad Chickens) qui nous loue le ‘’radeau de la méduse’’. Une vieille Mercédès 9 places mythique, dans laquelle une innombrable quantité de bands ont fait le tour des Europe. Après un stop à l’épicerie pour l’achat de bières, fromages, bouteilles de vino, baguettes, fromages, charcuteries, chips et fromages, on se met en direction pour Toulouse. Google map Valence Toulouse = 4 heures. Temps avec le radeau = 7 heures. La route est longue, mais les paysages et le fromage font notre bonheur. Notre tour manager Sneaky Phong est tellement bien organisé qu’on n’a pas l’adresse de Jules des Charly Fiasco. On roule jusqu’à Toulouse et on fait un arrêt pour appeler Jules, qui nous indique le chemin, genre : gauche-droite-statue-pont-gauche-gauche-suivre le canal-tourner à droite etc…En même temps, Charles s’enligne pour un numéro deux et c’est là qu’on découvre les fameuses toilettes arabes. Avez vous déjà tenté de faire ça debout/accroupi..? Bref, Charles se désiste et on reprend la route pour se perdre dans Toulouse une bonne heure. On tourne littéralement en rond parmi les 18 milles ronds-points. Après avoir fait aller nos mains à une centaine de prostituées sur le bord des rues, on trouve enfin Jules des Charly Fiasco et on se rend à son appart. Picole le reste du caisson de Kro et dodo.

25 Avril – Pau

Le réveil n’est pas si pire, les planchers français sont assez confortables à date. Café et chocolatines au menu pour déjeuner (dépendant dans quelle région de la France nous sommes). Julien Descouens aka ‘’M. Réseau Sociaux’’ se pointe. Celui développera un amour inconditionnel avec notre Charles national au fil de la tournée. Après s’être réveillé comme il faut, on part chercher Mato : dessinateur, tetris man, geek, résout un cube rubique en 30 secondes, boit comme un trou jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une goûte de quoique ce soit, bref un sale français ivrogne. Direction Useless Pride Record / atelier de sérigraphie chercher les skuds & la merch des Charly Fiasco, on embarque aussi en passant l’irrésistible David Mareau. Enfin arrivés au local de jam, le jeu de tétris commence. Mato, comme un chef, place les cabs, drums, et la merch dans le radeau, tellement bien qu’on a gardé cette solution tout le long du tour. On passe ensuite bouffer notre premier Kebab, le premier d’une longue série… Dernier stop avant la vraie route vers Pau, on va chercher Romain Boule à 16 :00 pile. Il s’est évadé de son taf et les jeunes qu’il s’occupe n’ont vu que du feu. Départ vers Pau, la route est belle et la petite Kro coule toujours aussi bien que la première que nous avons bue. Arrivé à Pau, drop / installe le gear. La salle est grande et on a un bon backstage au deuxième étage. Des saucissons, fromages et 2 vigniers nous attendent. S’en suit comme repas principal une lasagne végé. Bref, comme accueil, c’est assez fou. Le show start avec Kevin Keisovsky, il s’appelle Kevin et il joue de la guitare acoustique. Il fait des covers de Direct Hit et de Off with Their Heads. Franchement, ça vaut le détour.

On fait notre set suivi par les Charly Fiasco. C’est notre première vraie date de tournée et c’est assez relax comme ambiance. Un peu plus en forme que notre première soirée, on enclenche donc la première vitesse et on boit des coups au bar. Le proprio a pratiquement tout payé les shots que moi et Romain commandions. Un peu sur la diagonale à la fermeture du bar on finit la soirée chez Loic, qui nous offre un whisky aux cerises comme digestif avant d’aller se coucher. Belle journée, belle soirée et belle fin de soirée.

26 Avril – Valence

Une très longue route à faire alors on décolle tôt, direction Valence. Arrivés au Bar L’Oasis, on demande le wifi et on installe le gear. On est juste les deux bands ce soir là, alors on fait les balances. Le son est trop fort (à l’américaine) alors, Charles doit flatter ses peaux de drum et nous, nous baisser au maximum. Sound check terminé, la pizza arrive et on se bouffe ça assez rapidos accompagné de bonnes bières blanches. On start le show avec un palmier qui nous accompagne sur le stage. Les gens ont l’air d’aimer ce qu’on joue et une fille tente de partir un trash. Du moins, elle s’excite un peu. Les Charly embarquent et font une bonne prestation, Romain Boule est tout un frontman, quel homme! Le show terminé, on fait la teuf terrasse style. La fille qui dansait s’appelait Anita et, comme nous sommes vendredi, c’est le party, et dans sa tête aussi. Elle nous paie des verres de whisky aux poires et du Mirabel. De l’alcool assez intense qui cogne. Un peu trop saoule, Anita décide d’éclater son verre sur la table. Après avoir frappé son verre sur la table à maintes reprises sans l’avoir brisé, elle le garroche dans la rue. Avec Anita, on sait que ça va être la fête et que c’est pas juste du pitchage d’agrumes qui se donne. Le bar ferme et on déplace la fête dans un appartement qui finit comme dans une boîte de nuit. Après avoir ingurgité tout ce qu’il restait comme alcools, les soldats tombent les uns après les autres. La deuxième vitesse était bien ; party mémorable.

27 Avril – Nancy

On reprend la route vers le nord de la France. On fait un arrêt au Quicky bouffer du fast food et pogner les vinyls de SPORT pour un label de marde nommé Housebreaker. La place où on joue est assez restreinte.  On se fait servir un repas de luxe et quelques caissons de tall boy, tout pour se mettre bien. À noter que Charles est plutôt content d’être à Nancy. Même s’il n’y a qu’une trentaine de personnes, la place est remplie. Toujours agréable de jouer à deux pouces de la face du monde. Le show se termine et on boit des coups avec le proprio, après quelques embrouilles avec un dude on marche vers l’after party. Étant donné que la route est courte demain, on se permet de veiller jusqu’à ce que le soleil soit levé. Les soldats sombrent encore une fois les uns après les autres.

28 Avril – Verdun

Réveil et Kebab. On nourrit les mouettes avec nos frites sur la place publique et on reprend la route pour une petite heure. À Verdun, on joue au Lapin qui fume, la blanche y est excellente et le repas de viandes froides est tout aussi succulent. C’est incroyable l’accueil que nous avons par rapport au Québec. La quatrième vitesse est difficile à embarquer. Ça fait presque une semaine qu’on vit comme un samedi soir. Pas d’after party ce soir-là.

Bonvivant - direction Metz

29 Avril – Metz

Douche, café et on repart pour Metz. Charles a maintenant adopté le Ricard et ne manque pas une occasion de se servir un petit verre, souplement… Arrivés à Metz, on se rend compte pourquoi l’Orchidoclaste est venu habiter à Montréal. La ville a l’air monotone, brune et fade. Y paraît que si on avait été un band d’électro, on aurait pu avoir un maudit beau party. Finalement, on joue du punk rock devant une dizaine de personnes. Romain Boule se permet tout de même de faire la teuf, jouer sur le bar, couché par terre, chanter à 2 pouces de mon d’sous d’bras. Bref, malgré les 5 entrées payantes, le fun a su tirer son épingle du jeu. Première date où l’endroit pour dormir est incertain. On rebrousse chemin à Nancy pour dormir chez un pote du show de vlà deux jours. Bières et repos pour le lendemain, Belgique !

30 Eccaussine – Belgique

Avant la Belgique, on fait un détour par le Luxembourg histoire de faire le plein de gazole et, surtout, le plein de clopes. Après l’arrêt au Lux, la vanne ressemble à une tabagie. Arrivés en Belgique, on fait un arrêt à l’épicerie acheter quelques caissons de Jupiler. Quelques gorgées dans le stationnement plus tard, on se dirige vers ‘’Notre Maison’’. Ce soir là, on joue dans une salle communautaire avec Black Sheep. Un band de punk rock / hardcore qui roule sa bosse depuis 10 ans. Écoutez et vous adopterez.

Pas de rikiki ce soir, mais beaucoup de Jupiler. J’apprends Ad Viterm Eternam des Charly Fiasco pour la faire avec eux pour le restant de la tournée. Romain Boule apprend les 4 accords de Mercredi, rien dans les poches pour la jouer pendant notre set. Le crachage de bière est rendu une tradition. Impossible de finir un set sec. Les Charly se gâtent à chacune de nos prestations, mais là, en Belgique, c’est le public qui devient aussi fou et crache autant de beer qu’à un show de Prevenge au Underworld.

1er Mai – Lille

Pas beaucoup de route à faire pour aller à Lille, on est invités par les Belges à un BBQ, j’dirais plus un festin. Ça ressemblait à la fin des épisodes d’Astérix et Obélix. C’était la grosse classe.  Pendant que les Belges jouent à la pétanque, on s’occupe de dormir au soleil une bonne partie de l’après-midi. À Lille, on joue une fois de plus dans un sous-sol. Cette fois-ci, un peu plus gros que Paris. Les escaliers en colimaçons pour descendre représentent un énorme défi pour décharger le gear. On commence à jouer et le monde se pointe pour remplir la salle au complet. Il fait assez chaud pour suer notre vie. On fini encore une fois trempés, gracieuseté de Phong et de sa blanche. Parlant de Blanche, à Lille, on était salement gâtés avec les agrumes. Over the Stars, un band de punk pop embarque et c’est pas mal du tout.

Le barman ferme le bar assez tard et nous convie à prendre notre souper. Paniers de frites, bières, bouffe. On mange comme des rois. La soirée se termine chez les Surma. Si vous passez par Lille, impossible de ne pas les rencontrer. Juliette et ses parents trop cools et trop accueillants ! Brioches, croissants, café servis à notre réveil, wow !

2 Mai – Caen

Semblable à tous les autres shows, on arrive, monte le gear, bouffe, boit de la Kro ou de la blanche. La première partie est assurée par un groupe de talme qu’on n’écoute pas vraiment. Le show se passe et on finit la soirée chez Vincent de  Buche. L’appart ressemble à un appart de Paris, et on est environ 20 là dedans. Supposé de se faire tatouer un Lagiole par sa blonde, mais étant donné l’espace insuffisant pour être capable de faire quelque chose de semi propre, le tatouage de tattoo laid comme ceux de Dédé ne se donne finalement pas.

3 Mai – Anger

Ce soir on joue dans un repère de barbu geek. Une genre de maison des jeunes, mais où on sert une profusion d’alcool. Ce soir je chauffe alors j’me met sur les litres de boisson énergétiques. Les frères de Mareau assurent très bien la première partie.

Notre set est pas mal.  Le monde apprécie et, étonnamment, on vend beaucoup de merch. En fait, pas mal plus que les Charly pour une fois. Anger, c’était pas mal cool. Bonne bouffe, ambiance parfaite.

4 Mai – La Rochelle

Réveil à Anger, on prend le temps de faire nos touristes et de marcher vers le Château d’Anger. Le genre de château de Moyen-Âge comme dans les films de Robin des bois. Le paysage est à couper le souffle. On part direction La Rochelle. Arrivés au bar, on deload et petite bière blanche terrasse pour moi, et Rikiki pour Sneaky et Charles. On chill un 4 mai comme si c’était un 4 juillet à Montréal, et ce, directement à côté de l’eau et des fortifications. Le show se passe bien et, après avoir fermé le bar, on tente de sortir dans un after. On se fait virer de bord, non pas à cause qu’on sent la marde ou à cause de nos barbes dégueulasse, mais bien parce que Martin est en shorts. La soirée se termine tard avec du fort chez les voisins de ceux où on dort.

Bonvivant - La Rochelle

5 Mai – Toulouse

C’est déjà presque terminé, on fait le retour vers Toulouse où on retrouve les Guérilla Poubelle et les Brutal Chérie. On deload et on fait les plus gros soundchecks de la tournée. Les Charly font tous leurs mimis et vont voir leurs meufs. Pendant ce temps là on chill avec les Brutal et on se compte la même histoire qui précède. On commence le show et la salle se remplit peu à peu, pour être comble durant notre set. C’est cool, la plus grande salle, avec un balcon au deuxième, plein de gens qui nous écoutent. Le dernier show de la tournée était parfait. Les Brutral enchaînent, et puis les Charly. Excellente prestation avec un invité, le rappeur de Toulouse, Dadoo, qui chante sur leurs chansons du dernier EP : sept cent soixante-dix-sept. On finit leur set avec Ad Vitam avec Till qui s’amène au vocal. Guerilla Poubelle enflamme la Dynamo. Rien à dire sur le set. Till est une bête de scène, ça termine bien un show.

Le monde quitte la salle, Mato, avec un tour de cou, nous dit au revoir, puis Mareau et Jules font leurs adieux. On verse quasiment des larmes, mais vu qu’on est des hommes avec des barbes ça ne se passe pas. Nous avons un baril de bière à finir donc, accotés au bar, les survivants encore là s’abreuvent tranquillement. Les Français travaillent tous le lendemain, mais Romain aime trop la fête pour partir tôt. Après nous avoir dit une dizaine de fois au revoir, il fini par aller se coucher. À la fermeture du bar, on se dirige chez Freddy Cost qui fait livrer des Heineken à 3-4 heures du matin.

Bon Vivant - Guerilla Poubelle - Brutal Chérie - Charly Fiasco

6 Mai – Toulouse / Valence / Paris

On se lève tôt et on part faire un long trajet de retour. 7 heures de camion, des signatures dans le livre d’or de Valence, 2 heures de TGV, métro et on revient à la case départ chez Oli Portnoit. Tellement décalé dans ma tête, je lui avais dit qu’on arrivait le 7. On arrive un jour d’avance et les Sons of Boudha sont là aussi à coucher et prendre le même avion que nous le lendemain. On va à la foire faire la maison hantée en groupe (sauf Charles et Thibault qui ont peur d’avoir peur). On bouffe des churros, prends un caisson de bières et on retourne se coucher à 10 dans un 2 1/2.

7 Mai – Montréal

Toujours plaisant de faire de la route, faire la fête et de rencontrer des gens sous le prétexte du jouer du punk rock, mais tout de même, un dur retour à la réalité. Merci à tous ceux qui ont permis de réaliser cette tournée. Dédé n’était pas là, mais on le remercie quand même.

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