[CHRONIQUES] Cinq albums que j’emmènerais dans ma tombe avec Joey Cormier

Cinq Albums Que J'Emmènerais Dans Ma Tombe

Dans notre désir de couvrir un large éventail de la musique québécoise que l’on aime, on a choisi de demander à Joey Cormier, bassiste de Great Sabatini, ce qu’il emmènerait dans sa tombe. Un autre qui n’aura pas le repos facile, vous nous direz. Eh bien on ne s’attendait pas à moins d’un des membre des très uniques Great Sabatini. Même si vous ne connaissez pas les groupes mentionnés ci-bas, on pense que ça vaut la peine de lire la bonne plume de Joey!

A top 5 list is way harder to put together than I would have thought, especially in the context of some kind of infinite void of nothing but darkness, worms and music. How do I cover all my needs in 5 records? Well, I don’t. But after re-writing this dozens of times, here’s my attempt:

Faire le top 5 de mes albums à vie fut beaucoup plus compliqué que ce à quoi je m’imaginais, surtout dans le contexte d’un néant sombre infini des vers et de la musique. Comment puis-je combler mes besoins avec seulement 5 albums? C’est impossible. Après avoir réécrit ma liste une douzaine de fois, voici ce que ça donne :

Swans - The Seer

Swans – The Seer (2012)

Clocking in at about 2 hours long, I had to include this on my list to make up for some of the shorter albums. I mean, I can’t go through eternity with a 90 minute playlist, right? That’s not to say that the album’s length is its strongest point. It’s endlessly fascinating, it covers a lot of ground. It’s going to take me a long fucking time to really get through this thing, to give it the proper listens it needs. The heavy shit rules, sometimes it’s trance inducing, it’s even delicate and pretty every once in awhile, and it’s completely soaked in weirdness. Sometimes someone writes a song that makes me think “how long is this part going to go on for?” and it’s the greatest thing I’ve ever heard. On the other hand, sometimes it’s that bullshit riff in Lenny Kravitz’s Are You Gonna Go My Way, fuck that never-ending pile of garbage.

Un album d’une durée d’environ 2 heures, je devais l’inclure dans ma liste pour contrer mes autres choix d’albums plus courts. Je veux dire, une playlist de 90 minutes ne comblera jamais mon éternité. Ça ne veut, malgré tout, pas dire que la longueur de l’album est son point le plus fort. L’album me fascine depuis toujours, il couvre beaucoup de terrain. Ça risque de me prendre beaucoup de temps pour comprendre cet album au complet et lui donner l’attention qu’il mérite. Le côté lourd de l’album est complètement fou, voire hypnotisant. C’est aussi très délicat et joli une fois de temps en temps, mais très étrange en bout de ligne. Parfois, quelqu’un va écrire une chanson qui va me faire me demander « Combien de temps est-ce que cette partie va durer? » et que c’est la meilleure chose que j’ai entendu. De l’autre côté, c’est parfois ce mauvais riff sur Are You Gonna Go My Way de Lenny Kravitz, fuck cette amas de merde.

King Crimson - Red

King Crimson – Red (1974)

I ended up going with a very simple criteria when I picked Red from all the Crimson records: it’s the record that gives me the most of that feeling, that goosebumpy, hard to explain feeling. I think it still has some of the evilest sounding riffs ever, and sometimes they’re sandwiched between almost cheerful sounding handclappy verses. Really, how cool is One More Red Nightmare? It’s certainly cooler than hepatitis. The song Starless might be one of my all-time favourite songs, but that’s hard to determine since often my very favourite song will be whatever I’m listening to at the moment.

Cette album n’a nécéssité qu’un seul critère de ma part : c’est celui qui me donne le plus de sentiments, le plus la chair de poule. C’est vraiment dur à expliquer. Je crois, malgré tout, qu’il a les riffs les plus sombres, et parfois, ils sont coincés entre des parties complètement joyeuses qui vous donne nt envie de tapper des mains. À quel point One More Red Nightmare est cool? Certainement plus que l’hépatite. La chansons Starless est sans doute l’une de mes chansons préférés à vie, mais c’est vraiment dur à déterminer parce que la plupart du temps, ma chanson préférée est celle que j’écoute à ce moment.

Last Days of Humanity - Putrefaction in Progress

Last Days of Humanity – Putrefaction in Progress (2006)

This thing is so fucking ridiculous, it’s almost impossible to listen to without laughing. It’s almost constant blasting from one of the most obnoxious sounding snares I’ve ever heard. Seriously, there’s probably less than a minute of non-blastbeats on this whole album. It’s gurgling pitch-shifted vocals. Idiotic song titles. Disgusting cover. I enjoy it in a childish way, but it’s not anything I could have enjoyed as a child. This would have scared the living shit out of me when I was 10.

Cet album est complètement ridicule, c’est presqu’impossible de l’écouter sans rire. C’est un martellement presque constant du snare au son le plus odieux que j’ai pu entendre. Sans blague, il y a probablement moins d’une minute sans blastbeat sur l’album en entier. Ces chants gutureux, ces noms de chansons complètement loufoques, son cover art complètement affreux. J’apprécie l’album d’une façon enfantine, mais ce n’est pas quelque chose que j’aurais pu apprécier lorsque j’étais enfant. Cet album m’aurait effrayé à jamais lorsque j’avais 10 ans.

Disembowelment - Transcendence into the Peripheral

Disembowelment – Transcendence into the Peripheral (1993)

What happens when Australians make doom? Wait, they put blast beats in it? And clean guitar parts over the heavy guitar parts and death metal growls? Fucking weirdos. I think this album spreads further across the spectrum from pretty to ugly than anything else I can think of. It’s like Brooklyn Decker with Freddy Krueger’s face, or a delicate rose growing out of the spilled innards of a gutted infant. It’s sort of confusing and I think that’s where the appeal lies.

Qu’arrive t-il lorsque des australiens font du doom? Attendez, ils y mettent vraiment des blastbeats? Et aussi une guitare clean par dessus une guitare heavy? Et aussi des cris death metal? Bande de weirdos. Je crois que c’est l’album qui s’étend le plus entre la beauté et la laideur que j’ai pu écouter. C’est comme Brooklyn Decker avec le visage de Freddy Krueger, ou une délicate rose poussant sur les entrailles d’un enfant éviscéré. C’est complètement mélangeant, mais je crois que c’est de là que vient tout le charme de l’album.

Watchmaker - Kill. Fucking. Everyone.

Watchmaker – Kill. Fucking. Everyone. (2003)

I thought I wanted more normal rock on my list but I just can’t leave this one off. This is what Nathan Louis Campbell must have been listening to on repeat all day just to build up the nerve to get in his car and mow those idiots down (his words, not mine) on the Venice Beach boardwalk. There is a viciousness to this album that just gets to me again and again, no matter how many times I listen to it. In fact it initially took a while for this one to sink its teeth into me. I had it for a few months before I really started to feel its impact and then, like waking up to the realization that the dead girl in your bed is your responsibility, there was no turning back. Go buy a bag of lime and a shovel, put this on and hope that the authorities never catch up with you.

Je croyais vouloir plus de rock normal sur ma liste, mais je ne peux passer à côté de cet album. C’est probablement ce que Nathan Louis Campbell écoutait sur repeat à tous les jours dans le but de trouver le courage de prendre sa voiture et écraser ces idiots (ce sont ses mots, pas les miens) sur le boardwalk de Venice Beach. Il y a un côté vicieux à cet album qui revient me chercher à chaque fois, peu importe le nombre d’écoutes. En fait, ça a prit beaucoup de temps à cet album pour faire sa marque en moi. Je l’avais depuis déjà plusieurs mois avant de vraiment ressentir son impact et ensuite, ce fut comme se réveiller, et réaliser que la fille morte dans ton lit à tes cotés est en fait ton propre crime. Il n’y avait aucun retour en arrière. Allez acheter un sac de citrons et une pelle, mettez l’album dans le tapis et espérez que les autorités ne vous attrapent jamais.

Honourable mentions / Mentions honorables :

Led Zeppelin – Houses of the Holy

Suffocation – Human Waste… no wait, Pierced from Within. No, I was right the first time, Human Waste.

Talk Talk – Laughing Stock

Assuck – Anticapital / Blindspot

Mr. Bungle – Disco Volante

Captain Beyond – Captain Beyond