[CRITIQUES] Highness – Hold – Magic Bullet Records (2013)

Highness - Hold - Magic Bullet Records (2013)

Si une trâlée de bons albums à saveur emo ont su capter mon attention cette année, il y en a un qui a su le faire avec une originalité, une profondeur et un talent tout à fait unique. Hold, le premier album du groupe all star Highness, est un début tout à fait majeur pour le groupe qui partage des membres de Christie Front Drive, Pg.99, City of Caterpillar, Darkest Hour et autres groupes marquant des années 90 et 2000. Si vous vous arrêtez à cette information, vous ne saurez jamais à quel point le groupe va au-delà de leurs antécédents. En effet, si la voix placide d’Eric Ritcher (CFD) vous a déjà balancé lors d’une froide nuit d’automne, il est très probable que vous adorerez Highness. Ça se pourrait également que vous avez déjà headbang sur le beat de drum de Ryan (DH) dans Demon(s). Ou bien vous vous êtes déjà dévissé la tête en position foetale en chantant nerveusement wind sends her crumbling into the setting sun… her love was a vampire (bis). En tout cas moi, oui, avec les clap clap pis toute. Et c’est précisément pour ça que je me suis adonné à l’écoute d’Hold depuis quelques mois. Et chaque semaine depuis, j’y retourne sans cesse.

Il faut quand même que je précise que le roster reluisant du groupe n’est rien d’autre qu’un appas. Highness réussie à se projeter musicalement sur une scène à part et est TOUT sauf une pâle réplique des anciens groupes. Loin de s’être assied sur leurs anciens succès, le groupe nous a composé 10 chansons uniques, pleines d’émotions et d’une technicalité à la fois accessible et tisser sur une toile des plus mélodiques. Mélangeant des élans post-rock, progressif, post-hardcore et emo; des couplets à en crier sous la pluie comme des riffs interminables à savourer les yeux fermés, Highness évite tous les clichés et révolutionne les recettes autrefois enterrées.

Si après les deux ÉNORMES premiers titres Gaea (Strings) et If You Found Out, I Would Stay vous pensiez avoir compris la donne, le groupe vient vous surprendre avec la chanson la plus heavy de l’album, Stitched Together. Et si la brillante pause que représente la track instrumentale Forking Roads vous a laissé du repos, c’est seulement pour vous dévoiler le meilleur et plus glorieux titre de l’album, We’re All we Need. Six minutes 30 secondes qui vous transporteront vers un état de transe où chaque poil de votre corps ne pourra s’empêcher de frémir sous l’effet grandiose de ce chef-d’oeuvre de la musique. L’album aurait pu s’arrêter là et être un EP tout simplement parfait. Le deuxième côté est davantage expérimental et nous laisse sur une impression non moins grandiose, mais plutôt très mystérieuse. Par exemple, la voix d’Eric a ce petit quelque chose à la Win Butler sous des airs fugaziens dans le dernier titre Impressions. Comme si c’était l’halloween et qu’il nous faisait un creepshow dans le fin fond du Mile-End. Spécial et savoureux mélange.

Mais toutes ces descriptions ne veulent pas dire grand-chose… Abandonnez-vous, oubliez vos repères, laissez vous surprendre et charmer par la complexité et l’accessibilité de cet album riche et passionnant. Et si le déclic se fait comme c’est arrivé pour moi, vous serez délivré de savoir qu’ils seront en spectacle à Toronto, Ottawa, Québec et Montréal en fin de semaine.

vendredi 30 août – Toronto @ The Shop
samedi 31 août – Ottawa @ Lunetta
dimanche 1er septembre – Québec @ L’AgitéE
lundi 2 septembre – Montreal @ L’Esco