[CHRONIQUES] Cinq albums que j’emmènerais dans ma tombe avec Alex Vézina

Cinq Albums Que J'Emmènerais Dans Ma Tombe

Tout au long de la jeune aventure Vakarme, nous avons rencontré des personnages clés de la scène musicale indépendante de la province de Québec. Alex Vézina est l’un de ceux-là. Grand chef invétéré du label indépendant You Look Like Shit Records, il nous énumère les albums qu’il emmènerait dans sa tombe. On vous averti, c’est assez loufoque comme top 5.

Note au lecteur: Il est 2h45 du matin, je pue mais je mange des jujubes et bois du jus Oasis, ce qui me permettra d’être dans un état convenable pour remettre mon rapport à Vakarme dans les délais respectés.

S’il n’y a que cinq albums que je dois emmener dans ma tombe, à l’ère où un flo de 15 ans a pour 1 000 000$ de mp3 sur son ordi (tsé, dans l’temps, un cd c’était 15$… comptes vite, c’est pas dur…), c’est qu’on a voulu me punir.

Bomb The Music Industry! - Vacation

Bomb The Music Industry! – Vacation (2011)

Jeff Rosenttock est tellement humainement complexe qu’on a envie de lui faire un colleux pis le consoler. Il fait partie des gens qui ont tellement écrit de matériel et tellement joué dans des bands qu’ils atteignent un autre niveau de composition. Juste avec une vieille guit’ sèche, un micro d’ordi (blanc et long), une salle de bain avec un mauvais reverb, il peut te faire manquer ta sortie d’autoroute tellement tu tombes dans le mood du gars. Pis t’en a juste conscience quand tu cliques pour recommencer la chanson, mais à la fin, y’avait 6-7 instruments, 4-5 back vocals ou ben une chorale, du clavier analogue pis tout le reste que tu décortiques au fur et à mesure que tu ré-écoutes son stock. J’aurais aimé ça être Jeff Rosenstock, mais j’vais me contenter de continuer à lui envoyer des lettres de menaces pour que BTMI dé-meure.

Andrew Jackson Jihad - Knife Man

Andrew Jackson Jihad – Knife Man (2011)

AJJ va surement m’aider dans mon voyage vers l’inanimation. Même si j’ai une forte préférence pour les abysses (la grosse paix sale, pas de dieux, pas d’enfer), probable que ça me réconforterait d’entendre les comptes se régler entre Dieu pis AJJ. Il y a très peu de bands que j’arrive à apprécier quand l’enregistrement est à chier. Mais quand tu commences à comprendre les paroles (ouin, dans mon cas, c’est long, je ne suis pas très bon là-dedans…) tu plonges tête première, pis tu veux pas manquer une parole, même si t’as l’impression que ça a été recordé l’autre bord d’un mur en gyproc avec des chiens qui jappent pis du monde qui marche en haut. Heureusement, Knife Man s’est mérité du temps de studio, ce qui m’aide à comprendre chaque mot pour saisir tous les doubles sens des paroles joyeusement dark (es? darkes ou dark, ça se conjugue-tu dark?) de AJJ.

Propagandhi - Less Talk More Rock

Propagandhi – Less Talk More Rock (1996)

Wohhh. Je ne dois pas être le seul qui attraperait ce cd là sur l’coin de la table avant d’embarquer dans son char pour aller défoncer le G8 pour frapper les politiciens à coups de toilettes à 100 000$. Je ne me rappelle pas avoir eu un album*, avant celui là, que j’ai appris du début à la fin, au point d’être capable de le chanter A cappella tout de suite de même BANG c’est parti: « Sommomy otherwise brilliant prozug euh friends, are thu zen nah nah nah.. BUT YOU CAN ROOLLLL YRRRR EYES!!! BOtch ya not.. nhanhanah.. » Ok, fuck all, anyway. J’ai toute l’éternité pour le réapprendre. Pour être bref, Propag m’a fait bouffer des légumes pendant 2 ans, faire lire du Michael Moore pis du Noam Chomski (tsé moé lire, j’laisse ça aux tapettes d’habitude**). Au final, je suis plus que jamais centré sur moi même, mais ça aurait pu être pire si ce band là m’avait pas fait sentir mal de vivre à 15 ans.

Ani DiFranco - Dilate

Ani Difranco – Discographie (1990 à 2011)

Ani Difranco m’a fait décrocher du punk et du hardcore qui m’ont tenu compagnie de 12 à 19 ans. C’est pas que je n’aimais plus ça, mais j’avais l’impression d’avoir entendu ce que j’avais à entendre entre le 4 temps pis Dillinger Escape Plan. Quelqu’un m’a fait découvrir sa discographie, pis ça n’a pas été long que ce genre de beat (acoustic-folk/tap-fingerpicking/voix intense, semi-cicatrisée, sincère) me faisait beaucoup plus d’effet que la toune « BURY YOUR FUCKING DEAD » du band BURY YOUR DEAD (ahah). Éventuellement je suis retourné vers le punk rock, mais impossible de détrôner le beat acoustique qui coule dans mes veines (shit… jme re-lirai pas demain [soupir.]).

LMFAO - Sorry For Party Rocking

LMFAO – Sorry For Party Rocking (2011)

J’ai pas l’intention de me justifier plus que le nécessaire, mais mes flos trippent la dessus, la radio a fait jouer ça en boucle pendant 2 étés à la job (dans les petites radios Makita…), DANS MON CHAR, DANS LES TOILETTES PUBLIQUES, AU TÉLÉPHONE EN ATTENTE. J’suis juste un humain BÂTARD, si j’écoute Ginette Reno à cette fréquence là, c’est sûr que je vais devenir son plus grand fan. Là, j’suis en train d’en écouter pis j’bouge comme une bête devant mon laptop. Bravo si tu t’es rendu jusqu’à la fin de ce top 5 ahaha!!

* Vilain pingouin compte pas.
** C’est une joke, je laisse la lecture à tout le monde sans préjudices.