[DÉCOUVERTES] Édition du 13 Septembre 2013 – Shart des valeurs

Les Vendredis Découvertes

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Tanné du emo, du black métal, du crust, du screamo, du pop punk? Hey le jeune, fais attention de ne pas développer des carences en vitamines punk! Laisses JF te guider à travers un guide alimentaire punk plus sain. Le secret du succès c’est: une portion Poison Idea, deux portions de Citizen’s Arrest ainsi qu’une pincée de vieux Corrosion of Conformity pour rajouter du mordant à la concoction. Pas besoin de faire cuire ou mijoter quoi que ce soit, le tout est tellement plus nutritif et savoureux quand c’est bien raw. Mettre tous les ingrédients dans le malaxeur et mélanger à vitesse très élevée pendant 18 minutes. Concrete Cross donne 10 portions généreuse d’hardcore américain aux sonoritées résolument classiques, tout en offrant une production croustillante et moderne.

C’est pas un secret pour personne que JF a toujours eu un faible pour les groupes qui s’expriment à travers une voix féminine. Une seule écoute à la pièce Creeping Symmetry, du groupe post-punk australien Infinite Void, lui aura donc suffi pour tomber éperduement en amour. Si la délicatesse éthérée du chant est immédiatement frappante, il est aussi facile de se laisser emporter par les envolées lyriques de la guitare dégoulinante de reverb, à mi-chemin entre la mélancolie rêveuse et une nostalgie dévoranteEt que dire de la section rythmique du groupe, sinon que tous les sorts sont jetés pour ensorceler le corps et le pousser à l’expulsion de spasmes approbateurs, qui se traduiront par des hochements de têtes, des pieds qui tapent, des doigts qui martèlent un rebord de bureau. Ce serait irrespectueux de comparer sa nouvelle flamme à des histoires du passé, alors JF laissera la musique parler d’elle-même. Chaudement recommandé.

Pour finir son triplé de cette semaine (sans doute pour se faire pardonner son laxisme dégoutant au niveau des découvertes au cours des derniers mois), JF propose finalement un détour vers un des berceaux des plus fertiles en découvertes musicales: l’Allemagne. Campé dans Wiesbaden, la capitale du Hesse, Radare donne dans un doom très peu conventionnel. En effet, au lieu de suffoquer les oreilles qui les écoutent avec des murs impénétrables de distortion grotesque, le quatuor adopte une approche résolument plus ambiante et jazzée. L’audace est poussée jusqu’à l’incorporation de trombone et de touches plus électroniques. Mais ne vous laissez pas berner, car c’est bien à du doom qu’on a ici affaire: les tempos alanguis, des morceaux au-dessus de 10 minutes et une atmosphère inquiétante, voire opressante, sont tous au rendez-vous. S’il y a des fans du catalogue plus expérimental de Denovali Records qui lisent cette chronique, eh bien, empressez-vous d’appuyer sur play. Par contre, si la patience vous fait défaut, fuyez ceci comme la peste!

Les fans de screamo et de vieux Loma Prieta se régaleront, cette semaine, de la découverte de Karl. Un groupe américain, qui fait dans la même veine que mentionnée plus tôt, a sorti un EP sur leur bandcamp. Il s’agit du groupe Youth Funeral, plus exactement du New Hampshire. Cinq titres assez courts qui sauront vous charmer dès la première écoute, ce qui fut le cas de notre rédacteur. Il est agréable de voir des groupes de la nouvelle vague screamo américaine sortir du bon stock.

Notre amour pour la scène de Philly, part 19. Eh oui, le foyer du indie punk emo est à sept heures et demi de char d’ici, et c’est avec Pill Friends que PM vous le fait constater, une fois de plus. Partageant une certaine démence creepy avec l’oeuvre de Bright Eyes, le quatuor lo-fi vient, avec une panoplie d’instruments dont un orgue et un violon, nous transporter dans leur monde où tout est chancelant et morose. La musique creusera votre tombe et les paroles vous enterreront dans cette funèbre demi-heure que représente Blessed Suffering. Mais ne désespérez pas, on quitte seulement la vie pour y revenir, encore… et encore.

Ça faisait un bout que Lamb avait présenté du bon vieux punk-rock. Venant de Bristol, en Angleterre, Caves est un incontournable dans le genre. Énervé, mélodique et parfois maladroit, venant tout droit de la sympathique famille de Yo-Yo Records, leur musique ressemble quelque peu à celle de nos amis de RVIVR. Côté vocal, ça lui fait surtout penser aux défunts The Ergs! Pas besoin de plus de description pour comprendre le genre.