[CHRONIQUES] Cinq albums que j’emmènerais dans ma tombe avec Simon Leduc

Cinq Albums Que J'Emmènerais Dans Ma Tombe

Simon Leduc a, en plus d’avoir une des plumes les plus affinées du punk-rock québécois, un parcours musical qui passionne particulièrement l’équipe de Vakarme. Si vos révoltes adolescentes n’ont pas eu la chance de passer par les paroles virulentes que le groupe montréalais Suck la marde livrait il y a de ça environ 10 ans, vous avez manqué quelque chose. Depuis, le groupe est mort et Simon fait partie d’un autre groupe qu’il a créé, La Descente du Coude. C’est après un EP et trois albums que le groupe tirera d’ailleurs sa révérence le 25 octobre prochain en compagnie de Lac Estion au Divan Orange. L’événement Facebook est par ici et notre chronique sur les cinq albums qu’il emmènerait dans sa tombe par là!

La mort est quelque chose qui reste encore très abstrait pour moi. Tant mieux. Ceci dit, je m’interroge à savoir si j’aimerais mieux amener de la musique dans ma tombe ou sur une île déserte. Entre la mort physique et la mort sociale, j’aime mieux ne pas choisir. En tout cas, voici quelques choix de disques qui sont bons à mon oreille.

Pink Floyd - The Dark Side Of The Moon

Pink Floyd – The Dark Side Of The Moon (1973)

J’ai passé la fin de mon enfance et une bonne partie de mon adolescence à penser que la meilleure du monde n’était pas à faire mais qu’elle appartenait à l’époque révolue des années 60-70. J’écoutais CHOM sans jamais m’écœurer d’entendre More than a feeling et dans mon walkman, les titres des chansons de tous les albums de Pink Floyd s’effaçaient à force de se frotter à mes mains (j’avais pas l’auto-reverse!). The Dark Side of the Moon est probablement encore un de mes disques préférés du groupe, malgré les deux solos de sax assez cochons merci et les solos de David Gilmour qui gossent à force d’être parfaits.

Fugazi - The Argument

Fugazi – The Argument (2001)

Ce disque-là ne vieillit pas. C’est du punk à l’état pur : un mélange réussi d’exploration et d’exploitation du bruit auquel vient se joindre un sens de la mélodie certain. J’ai écouté ce groupe en abondance pendant la courte période de vie de Suck la marde et même si on jouait plus vite, moins bien et sans tout l’implication éthique, Fugazi a été un phare pour nous, pour moi en tout cas.

Colin Stetson - New History Warfare Vol. 2

Colin Stetson – New History Warfare Vol. 2 (2011)

J’avoue que pour amener ça dans ma tombe, faudrait que je meure vite, parce que je ne sais pas si c’est un disque qui restera longtemps dans le haut de billboard, mais ces temps-ci, j’écoute beaucoup. Ce gars-là joue du sax (encore!) comme personne d’autre, dans un esprit vraiment rock avec un son sale à souhait. La musique sort autant de son instrument que de sa gorge et à le voir suer, on se dit qu’on voudrait boire chaque goutte de son corps tellement c’est riche et généreux.

Pavement - Terror Twilight

Pavement – Terror Twilight (1999)

Meilleur band des années 90. C’est croche, assez hasardeux et tellement humain. Il y a là du génie mélodique et une approche ludique de la musique que j’ai toujours rêvé d’atteindre et que je continue de vénérer.

Refused - The Shape Of Punk To Come

Refused – The Shape Of Punk To Come (1998)

C’est un de ces groupes qui a marqué ma jeunesse et que j’aurais pu oublier si je n’avais pas vu le spectacle de retour de l’an dernier. Ces gars-là m’ont donné le goût de revenir à des sonorités que j’avais refoulées, m’ont réconcilié avec des idées qui avaient été au cœur de ma vie. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur cet album, mais la meilleure chose qui me vient en tête, c’est qu’à chaque fois que j’entends Dennis Lyxen gueuler à travers son corps squelettique, j’ai le goût de faire pareil, de me crisser à genoux et de détruire tous les mécanismes d’oppression. Facile de même!

Pas de musique francophone dans mon top 5? Quand je serai mort, je parlerai anglais