[CRITIQUES] All Pigs Must Die – Nothing Violates This Nature – Southern Lord (2013)

All Pigs Must Die - Nothing Violates This Nature - Southern Lord (2013)

La Foire Aux Malheurs

Les premiers enregistrements de ce super groupe nous avaient sauvagement secoué. Assis confortablement, en terrain connu, on se pensait donc fin prêt à encaisser la deuxième galette entière. Du moins, pour ma part. Dès les mesures inaugurales de Chaos Arise, l’assurance que je croyais détenir fermement s’est dissipée d’une traite. Ça y est, j’ai la frousse. Avant même la conclusion dudit morceau, je me retrouve cul par-dessus tête, complètement ébranlé.

À peine le temps de reprendre place, d’essayer de comprendre cet élan de panique, que le véritable fun commence. Silencer est tout, sauf silencieuse. Les lumières baissent lentement, la télé (cet instrument machiavélique) s’allume et s’éteint dans un va-et-vient infernal. Le four se met à rugir tel un lion affamé, la chaleur s’impose et le détecteur de fumée commence à hurler sa vie sans censure. Le tandem BloodlinesOf Suffering semble vouloir indiquer une certaine stabilité. Le rythme effréné laisse place à une lourdeur accrue, sans scrupule. Peut-être un peu trop pesant d’ailleurs. Je me sens tout à coup descendre sur ma chaise, le tout engendrant un violent craquement. En jetant un bref regard, je constate que le plancher en a assez, qu’il veut céder, me prenant en otage pour m’entraîner dans sa chute. J’ai besoin d’une pause mais, aucun temps mort à ma disposition. Je suis prisonnier. Holy Plague! Cette célébration de la catastrophe se perpétue, à grand renfort de Slayer croisant le fer avec Converge, dans une lutte sanglante où la mort de l’un servira de trophée à l’autre. Le devoir m’appelle. Je tente sobrement de me diriger au petit coin, évitant les pas trop prononcés. Tout devient fragile dans cette jolie manifestation bordélique.

Arrive Sacred Nothing. Effectivement, plus rien n’est sacré. En moins de deux, je me retrouve propulser au plafond. Le tout gracieuseté d’un splendide jet d’eau sortant de la toilette, qui me colle au derrière comme un aimant. Naturellement, cette fontaine de jouvence se termine comme elle s’est mise en marche. Croyez-moi, ça fait mal! L’eau fait désormais partie du passé, le robinet ne répond plus. Et puis soudain, dans un vacarme épouvantable, la tuyauterie décide de plier bagage, emmenant au passage une partie du mur. Je ne crois plus en rien et la féroce Faith Eater me le rappel formellement.

En fait, lorsque Kevin Baker crie, on l’écoute. Cet homme ressent vraiment toute la haine qu’il catapulte à travers ses cordes vocales d’acier. Tellement, que ma vitrine de salon éclate en mille miettes dans une scène des plus épiques. Comme si ce n’était pas assez, ils en rajoutent. Articles Of Human Weakness s’empare du mobilier sans gêne, effritant les murs déjà bien décapés. À travers les ruines, la platine cesse de tourner et je fixe le plafond.  Ce qu’il reste? Moi, accroupi sous une chaise, tremblant comme une feuille d’arbre en plein suicide. C’est le néant. On a le choix de tout reconstruire sur de nouvelles bases ou d’abandonner. J’ai choisit la seconde option.