[CRITIQUES] Sacridose – Anxiety Tremors – Financial Ruin (2013)

Sacridose - Anxiety Tremors - Financial Ruin (2013)

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Ah la Floride! Le soleil qui épouse ta peau plus souvent qu’autrement, la chaleur à longueur d’année, les oranges bien fraîches, Miami Vice. Bref, pas du tout pour moi. Mais attendez un instant, il reste quand même la musique. Tampa a joué un rôle crucial dans le développement des musiques extrêmes. À la fin des années 80 et au tournant de la décennie suivante, la ville constituait le berceau du death métal. Plus qu’un son, un véritable mythe naissait engendrant un raz-de-marée pratiquement planétaire. Centré autour du Morrisound Studio, les Death, Morbid Angel, Obituary, Deicide, Cannibal Corpse (s’expatriant de leur Buffalo natal pour rejoindre la vague) allaient devenir référence. La musique agressive se voyait désormais atteindre un tout nouveau niveau jamais connu alors. D’ailleurs, des groupes d’un peu partout y débarquèrent pour goûter à la touche magique de Scott Burns. Pas étonnant d’observer de violents ouragans sévirent sans merci dans cette fragile partie du sud.

Toujours en contraste avec ce climat subtropical et comprenant du personnel de Cellgraft, Bastard Deceiver et Radiation, arrive Sacridose. Le trio s’inscrit à l’impressionnante lignée de bands à tendances viscérales menés par des femmes. Suite aux subjuguant petits joyaux de Curmudgeon, Cheap Art et Svffer, Anxiety Tremors en rajoute. La situation géographique rend donc cette première parution un brin distincte. Oui, les sonorités ténébreuses classiques règnent sur l’ensemble de la fougueuse pépite. L’emphase est mise sur le tandem guitare/batterie auxquelles s’ajoutent les dissonants cris d’outre-tombe de la charmante Jaydee. On pense par moment au cultissime World Downfall  de Terrorizer pour l’aspect hybride, collision de l’esprit punk et de la mortification métallique. L’écho lointain des célébrations malveillantes de l’institut Slap-A-Ham n’est jamais bien loin, mais c’est un autre groupe floridien qui semble avoir marqué Sacridose. On sent en effet la remarquable influence d’Assück  tout au long du mini album, sans jamais toutefois s’en éprendre complètement. La défunte formation de St-Petersburg a contribuer à enrichir l’univers underground par une approche musicale unique portée par la transmission de valeurs d’un intérêt capital ( où plutôt Anticapital!) Puis, en guise d’halte à travers ce tourbillon infernal, rien de mieux qu’une reprise d’Only Human de Rudimentary Peni. Ce changement de tempo, où rythmes tribaux côtoient une désolation hideuse, est fort bienvenue avant de repartir pour le chemin de la dernière chance.

Anxiety Tremors se veut rassurant dans sa hargne. On y retrouve le désir de secouer, sans prétention en entretenant la flamme allumée par les pionniers. Chacun des titres libèrent une folie macabre rendant ce EP coup de poing. Peut-être bien que onze titres mitraillés en moins de neuf minutes est vite passé, mais sachez que le temps de récupération après écoute est d’environ une semaine. On s’y prend une sacré dose de violence.

Oli