[CHRONIQUES] Quand la Grèce se révolte

dephosphorus

Quand la Grèce se révolte

Lorsqu’un gouvernement met en branle des mesures d’austérités privant une grande partie de la population de leurs vives, on ne peut s’attendre à un acquiescement sans broncher de ces derniers. Car, réduire les salaires, licencier, couper dans les services publiques où encore ne plus respecter les conventions collectives constituent la solution pour les magouilleurs assis en haut de la pyramide.Et ce, pour se sortir de leur propre gouffre. Ce sont ses escrocs s’abreuvant à la corruption  qui se sont tiré dans le pied en plongeant la Grèce dans un abîme financier. Les gens se sont levé pour crier leur indignation, se mobilisant autour de plusieurs grèves générales sans venir à bout de ces pestes. Des élections sont même venu envenimer la situation. Profitant d’un instant de panique et d’incertitude encombrante, des fascistes se sont permis une incursion au parlement. La crise financière qui durait alors depuis un long moment s’est également mutée en crise sociale majeure. Les révoltes de plus en plus sanglantes laissent présager une lutte ardue, une révolution que les gens doivent tant bien que mal construire. Si ce coin de planète se veut le berceau de la démocratie, c’est probablement le temps ou jamais de jeter de nouvelles bases. Nous avons une belle preuve ici que cette démocratie n’est qu’un mythe qui a trop longtemps servit de déguisement aux assoiffés de pouvoir. Les esclaves travailleurs doivent se libérer collectivement en définissant des alternatives au capitalisme. C’est encourageant de voir des groupes agir indépendamment du système pour reprendre la place qui leur est du.

En période de tension, l’art généré se veut naturellement réactionnaire. N’est-ce pas là un véritable engagement, que de répliquer par le biais créatif dans un souci de changement? Dans l’urgence, intervenir en prenant d’assaut les rues ou crier son désarroi sous l’emprise artistique, s’équivalent. C’est l’unification de toutes ces forces qui peuvent, selon moi, apporter de véritables solutions de rechange. Je crois en la musique comme acte de rébellion, manifestation directe de l’être de l’inconscient vers l’accomplissement. L’art est libérateur et possède cette capacité de transcender l’absolu, de remettre en perspective tout en provoquant. Oui, provoquer. L’ouverture, la discussion, la réflexion, l’action. Voici donc quelques groupes qui, depuis un bon moment, définissent l’underground grec dans un support aux troupes qui se battent chaque jours pour un climat social sans institutions vampiresques et pour l’abolissement de ces fascistes attardés.

Dephosphorus

Je fais l’apogée de ces brillants tordus depuis déjà quelques années. C’est que, voyez-vous, Dephosphorus contribue à rendre la musique agressive inventive et des plus attrayante. Une grosse baffe mais aussi un violent vent de fraîcheur qui, espérons-le, se traduira à l’intérieur d’un cadre socio-politique nouveau.

Antimob 

Probablement la formation idéale pour accompagner les groupent qui luttent sans cesse dans les rues pour enrayer l’austérité à jamais. L’urgence et la férocité propulsés par cette musique peut parfaitement contribuer à mettre en marche des idées révolutionnaires.

Ruined Families

Ce qui ressort de ce son polygame traduit en quelque sorte la tourmente. Malgré le fait que plusieurs s’organisent extrêmement bien (on aurait d’ailleurs des leçons à prendre d’eux), la bataille est longue, épuisante et non sans craintes.

Cut Off

L’efficacité hors pairs de ce jeune groupe nous fait presque oublier qu’ils ne réinventent guère la roue. Ils y injectent plutôt un souffle nouveau, un venin réjuvénateur venant réénergiser les plus désespérés d’entre nous.

Sarabante

Ceux-là font beaucoup de bruit. En fait, ils en ont fait assez pour atterrir chez le réputé label, Southern Lord. Greg Anderson et ses acolytes y ont probablement décelé l’élément  souvent défaillant : l’honnêteté. Sarabante véhicule le raz-de-bol, la colère brute en mettant tout à feu et à flamme.

Lifewreck

Avec ce récent démo, la troupe d’Athènes ne passe pas par quatre chemins. Ils en utilisent un seul, celui qui vise à rendre le fascisme en poussière. Et si dix minutes de furie étaient suffisante pour anéantir ces dégénérés de l’aube dorée? Oui!

Oli