[CHRONIQUES] Dix chansons pour réveiller les morts avec Élie Bérard Faubert

Dix chansons pour réveiller les morts

Dans le but de connaître et creuser sur les classiques de genres étant restés dans les coulisses sombres de la musique alternative, nous avons décidé de commencer une série d’articles explorateurs. On commence avec les 10 chansons pour réveiller les morts, avec Élie Bérard Faubert (No Bones, Nuke) qui nous dévoile son fanatisme pour le post-punk et la coldwave.

1. Joy Division – Transmission (1979)

Même si tu as l’intention d’être fancy, impossible de passer à côté d’un des bands post punk les plus influents. Dommage que la popularité de Joy Division soit en grande partie basée sur le culte de Ian et de son suicide. Pas mal sûr que, sans ça, tu ne trouverais pas de shirts de Joy Division au Hightime, entre ceux de Pink Floyd et ceux de Bob Marley. Anyway, le band a tout eu pour faire sa marque: bassline next level, drummeur nerveux, guitariste pas trop capable de faire de power chords et, bien sûr, un front man crucial. Définitivement indémodable (même si leurs t-shirts/vinyles seront plus trouvables au Urban Outfitters d’ici un an et demi.).

2. The Chameleons – Paper Tigers (1983)

Ok. J’ai choisi Paper Tigers, mais ça aurait pas mal pu être n’importe quelle track sur Script of the Bridge. Pour 83, cet album est définitivement en avance sur son temps et ce, malgré une production typiquement 80’s. Les patterns de guit sont tout simplement incroyables et les riffs, brillament catchy. Après 30 ans, Script of the Bridge est encore underrated malgré une influence majeure pour tout ce qui touche au post punk moderne. Album TRÈS important.

3. Musta Paraati – Metalliset Kasvot (1983)

« Musta Paraati, c’est un peu comme si Joy Division avait été fronté par Joe Strummer… mais finlandais. » Des fois, Victor dit les choses comme elles se doivent. Non mais sérieux, cette toune là devrait être utilisée comme tutorial d’utilisation d’un keyboard dans le punk.

4. Kraftwerk – Radioactivity (1975)

N’étant généralement pas un groupe associé à la coldwave mais plutôt à la musique électronique, Kraftwerk n’a pas l’habitude de réveiller des morts (à part peut-être ceux d’Hiroshima ou de Tchernobyl)… Cependant, leur influence sur les 80’s reste non-négligeable. Dans Radioactivity, Kraftwerk met littéralement sur la table la signification de cold dans coldwave et ce, un an avant la sortie du premier Ramones. Pas rien.

5. Bauhaus – ? (1979-1983)

Quand j’étais petit, mon père avait le VHS Shadow of Light (une compilation de vidéoclips et de footages live de Bauhaus) et a eu la bonne idée de me faire écouter ça. Autant que ça m’a fait peur (le vidéo cheap de Mask), autant que je les trouvaient cool. J’ai jamais décroché. Avec le temps, j’ai catché qu’un mélange de dub, de funk, de glam et de punk fronté par Peter Murphy peut pas être autre chose que vraiment cool. En fait, Bauhaus c’est comme une pièce de théâtre ou un opéra (avec des vampires). C’est un ensemble. C’est pour cette raison que je n’arrive pas à faire de choix. Je devrais mettre Bela Lugosi’s Dead pour fitter avec le nom de l’article, mais ça me tente pas. Écoutes Hollow Hills, In the Flat Field, The Passion of Lovers, She’s in Parties, Spirit, All We Ever Wanted, Who Killed Mr Moonlight, etc, etc. Anyway, on va se le dire; quelle toune de Bauhaus ne réveille pas de morts? PS: David J y est pour beaucoup dans ce band là, pis ça, on ne le dit pas assez.

6. Clair Obscur – Die Kinder Sind Allein (1984)

Si j’avais à réveiller un mort (pis que Bauhaus existait pas), c’est définitivement cette track/ce band là que je choisirais. Assez obscurs (duh!), très axés sur des performances visuelles et LUGUBRES AS FUCK, ces gars-là doivent pas tripper quand il fait soleil.

7. They Fade in Silence – Misery (Frozen Dreams) (1986)

Je ne suis pas un fan du band mais, cette track-là, on dirait le projet new wave de HR des Bad Brains, pis ça, ça vaut beaucoup de points dans mon livre à moi. En plus, l’agencement de la bassline et du riff de guit’ me rend fou.

8. Joy of Life – Last Fine Day (1988)

À la base, je voulais mettre une toune de Death in June sur The Guilty Have No Pride pis, après réflexion, je me suis dit que si tu lisais ça, t’avais sûrement déjà eu à dealer avec moi, après une couple de bières, qui t’explique pourquoi DIJ, c’est mon band préféré. Alors voilà, j’ai opté pour Joy of Life, avec le trop méconnu LP Hear the Children. L’album a vraiment une vibe particulière; souvent nostalgique, parfois quasiment mystique. Les compositions et arrangements sont assez minimalistes mais tellement efficaces. Le genre de beat que t’écoutes avec des headphones quand il fait pas beau.

9. Norma Loy – Frustration (1990)

Définitivement la track la plus catchy d’un de mes bands français préférés (à côté de Dernière Volonté et Kickback, tsé). L’accent est assez obvious, mais ça fait le charme.

10. Death in June – All Alone in Her Nirvana (1983)

Fuck off. Endures-moi une fois de plus. C’est trop important.

 

Et puisque chez Vakarme on aime et promeut la musique actuelle, voici quelques groupes toujours actifs conseillés par Elie:

Cold Cave

Spectres

Siamese Twins

Pleasure Leftist

Infinite Void