[CRITIQUES] Mands – Démo (2013)

mands

Dossier Mystère

Une énigme sévit présentement dans les sphères musicales souterraines montréalaises. Mands. Un nouveau secret trop bien gardé qui semble vouloir timidement jaillir à la surface. Très peu d’information disponible. Pas de site web, page facebook ou de label pour l’instant. De quoi venir personnellement m’allumer. Avouez que ce n’est pas une mauvaise chose en soi. Car, il fût un temps où les groupes n’avaient pas besoins de tout ce sparage promotionnel pour s’exprimer. De quoi crier : let’s get back the tape trading! Seulement ce démo, donc, sur bandcamp et quelques prestations scéniques pour le moment. Voilà, ni plus, ni moins. Aura de mystère fort attirante, désir formel d’en savoir davantage. Pourquoi? Tout simplement parce que c’est terriblement bon.

Je me souviens, en 1990, que je regardais avec intérêt Dossiers Mystères, alors animé par feu Jean Coutu (pas celui que vous pensez, l’autre!). Sa voix grave, voir inquiétante, donnait la chair de poule et amusait à la fois. Ce qui rendait la narration souvent plus captivante que les sujets eux-mêmes. On y traitait de phénomènes étranges, du surnaturel, de disparitions inexplicables et non résolues. J’aimerais bien, l’instant d’un seul épisode, pouvoir ramener l’animateur à la vie pour éclaircir ce qui se trame sous Mands. Qui sont-ils? Il s’agirait de deux femmes et d’un homme, que leur quartier général serait basé dans la petite italie.

Et ces quatre titres, donc? De quoi nous rappeler les premiers balbutiements de Sonic Youth (Dreaming, quelqu’un?) alors qu’ils contribuaient à façonner un New-York alternatif post folie CBGB et disco. Ces artisans d’une contre vague, faisant du bruit un cobaye sans merci, bercé par les délires cinématographiques d’un Jim Jarmusch en devenir. Une version redéfinie de la Beat Generation et de l’ère Velvet Underground/Nico, reflétant la contre culture de la jungle urbaine d’alors. J’entends d’ailleurs à travers Mands, une version hardcore d’une formation comme Teenage Jesus and the Jerks. Si la démence sexy de Lydia Lunch s’était fait drainer par la force mélodique angulaire de Fugazi. À cet effet, écoutez l’énorme No Records d’urgence.

Un band de la trempe de Mands confirme une fois de plus la preuve que ça grouille dans la fourmilière locale. Ouvrez les yeux, tendez l’oreille, creusez et vous serez récompensé par la richesse d’un bouillonnement parallèle à toute cette masse de consommation jetable. C’est ça, entretenir sa passion. Si, tout comme moi, vous voulez briser quelque peu le mythe, sachez que le trio sera en concert ce jeudi, 20 février, au désormais prisé Turbohaus accompagné de Gulfer, Black Love et New Wings. Décidément à ne pas manquer!

Oli