[CRITIQUES] The Hotelier – Home, Like No Place Is There – Tiny Engines (2014)

The Hotelier - Home, Like No Place Is There - Tiny Engines (2014)

Ça fait six mois je n’ai pas fait de review sur le site, principalement parce que c’est pu’ in en 2014, de faire des critiques d’albums. Plus personne ne croit en « l’objectivité » des médias, et plus grand monde ne prend encore le temps de lire le point de vue des autres. Pourquoi le faire quand on peut tout simplement l’écouter soi-même? Pour être franc, c’est ce que je me dis moi-même. Alors je serais bien fou d’attendre de vous un pareil zèle. Par contre, des fois, il y a des albums qui ne peuvent tout simplement pas passer inaperçus et qui méritent que j’y consacre une bonne heure d’analyse. C’est comme une redevance. Tu m’as fait vivre tel et tel autre sentiment, j’te dois ben ça. Alors aujourd’hui, j’ai tenu à vous parler du nouvel album de The Hotel Year, maintenant surnommé The Hotelier. Home, Like No Place Is There est le deuxième long-jeu du quatuor de Worcester au Massachusettes.

Mon histoire avec Hotel Year remonte à l’automne dernier quand j’ai vu Christian acoustique sur le bord d’une piscine à Gainesville. Je m’étais bien gardé d’écouter leur stock auparavant, j’imagine que c’était dû au fait que j’avais associé leur nom à un pop-punk niais à la Wonder Years. Mon cerveau est peut-être bête, mais il n’est pas têtu, car dès la première chanson, j’ai reconnu le talent et j’ai voulu en attendre plus. J’aimais aussi bien la gueule du chanteur. Il semblait humble et tourmenté. Quelques mois plus tard, me voici à écouter en boucle leur album, qui est, disons-le franchement, tout à fait humble et tourmenté.

Ça commence en bonne et due forme avec une introduction, un exercice de politesse (l’orgue d’église?) bien smooth. Un espèce de calme avant la tempête; un rituel. C’est magnifique, et ça nous prépare de manière très mielleuse à accueillir un album qui a beaucoup à dire. On tombe rapidement dans le vif avec une pièce phare, The Scope Of All This Rebuilding. La sensibilité de Christian (But I’m scared / Fingers Broken / And Ill-Prepared / To Let This Drag Out) mélangée à l’abondance des gang vocals donnent le ton à l’album. Ce sera émotif comme un Brand New, ressenti comme un Sed Non Satiata et franc comme un John K. Samson. Et je ne parle pas d’instruments ni de riffs ici.

Le rythme garde son niveau quand on enchaine avec In Framing. C’est à la fois pop, littéraire et plaignard. Tout ça dans un cocon entraînant, énergique et crier de poumons mis à nu. Nu et désemparé, comme lorsque l’on se retrouve devant les paroles de Your Deep Rest. I’m Calling Sick From Your Funeral reste dans nos têtes, à se demander si cela nous arrivera un jour. Mais la pièce maitresse ne s’arrête pas à un refrain accrocheur. Elle progresse vers une émotion à son zénith, les deux mains au visage, les veines au cou en pleine tension et le teint de la peau virant écarlate. Et puis ça continue, de chansons en chansons. Les harmonies de voix, la sensibilité des paroles, les hauts, les bas, ça se mélange et se tient dans un tout cohérent, fluide, accrocheur, et ça nous garde intéressé d’un bout à l’autre. En passant par des titres pleins de rage comme Among The Wildflowers et l’excellente Life In Drag, mais également en finissant en beauté avec la très sage Dendron, qui met en vedette Christine de Save Ends (Tiny Engines), Scott de Born Without Bones et Cody, leur ancien guitariste.

En attendant leur venu en mars avec osoosooso, Gulfer et The Inside Track au Tim Allen’s Palace ainsi qu’en mai lors du Pouzza Fest, je crois qu’il reste qu’une seule chose à faire: entrer dans leur monde, s’imprégner des paroles et anticiper un des meilleurs moments emo de 2014.