[ENTREVUES] Avec Craig Finn de The Hold Steady

[ENTREVUES] Avec Craig Finn de The Hold Steady

Tel une lumière divine dans ce printemps mordant et morose, Vakarme m’a accordé la tâche inouïe d’interviewer The Hold Steady à l’occasion de la sortie de Teeth Dreams, le sixième album du groupe indie-rock de Brooklyn. Évidemment, il s’agissait là d’une occasion que le fanboy en moi ne pouvait refuser et je me devais d’être à la hauteur du calibre littéraire de Craig Finn, parolier hors du commun. Voici le résultat de notre brève correspondance par e-mail. J’aimerais d’ailleurs dédier cette entrevue à mon ami Jonathan Juneau, qui a jadis insisté pour que j’écoute The Hold Steady alors qu’au même moment j’insistais pour qu’il écoute Lifter Puller!

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[original interview in english will follow]

1. a) Parlons d’abord de votre procédé de création. Comparativement à d’autres groupes, The Hold Steady a toujours semblé plus axé sur des histoires que sur des chansons en tant que tel. Lorsque vous composez, est-ce que la musique vient en premier, ou est-ce que tout commence par une histoire que vous habillez de musique par la suite?

Les chansons peuvent voir le jour de plusieurs façons, mais habituellement ça commence par Tad (Kubler, guitariste) qui propose la musique puis je (Craig Finn) trouve des paroles à y ajouter. Normalement j’entends la musique dès que Tad la montre à tout le groupe, mais pour Teeth Dreams ils ont tous développé les pièces un peu plus avant que je les entende et que j’y ajoute les textes.

1. b) Est-ce que ça a toujours été votre méthode, ou a-t-elle changé au cours des années?

C’est généralement toujours la même méthode, mais ça arrive parfois dans un autre ordre aussi.

2. Depuis l’époque de Lifter Puller et à travers le répertoire de The Hold Steady, plusieurs chansons tournent autour de personnages qui trempent dans les drogues dures et dans toutes sortes d’entreprises louches, puis qui subissent plus tard une illumination spirituelle. À quel point les thèmes de Teeth Dreams sont-ils positifs, et comment se comparent-ils à vos efforts précédents?

Teeth Dreams parle beaucoup de l’anxiété à notre époque. Les « teeth dreams » (rêves où l’individu a l’impression que ses dents s’effrittent, se font arracher, bougent ou pourrissent) sont habituellement déclenchés par l’anxiété. Les drogues sont une façon pour certains de tenter d’échapper à l’anxiété. Cet album est possiblement moins positif que les précédents sur certains points. Je crois qu’une des notions abordées est que nous vivons tous de l’anxiété et de la peur d’une façon ou d’une autre, et que cela fait partie de la nature humaine donc nous en sommes tous affectés…

3. Vos paroles sont-elles inspirées principalement d’expériences personnelles, ou représentent-elles des personnages, lieux et événements majoritairement fictifs dans le but d’avoir des histoires à raconter?

Les paroles mettent en scène des personnages, mais tout ce que j’écris contient forcément une part de moi-même. Même lorsque j’écris quelque chose de super dramatique, j’essaie de conserver une dimension humainement honnête. Je crois que ça donne des histoires intéressantes.

4. Outre l’inclusion à temps plein du guitariste Steve Selvidge, par quels aspects du procédé créatif Teeth Dreams se démarque-t-il de vos albums précédents?

Le fait de travailler avec le producteur Nick Raskulinecz a été une différence majeure. Son apport a été très pertinent et il n’avait aucune préconception envers nous et notre son.

5. a) Qu’est-ce qui est le plus agréable dans le fait de jouer de la musique? Le sentiment d’accomplissement vient-il surtout de l’enregistrement, des voyages, du fait de performer sur scène ou du temps de repos après un spectacle?

J’aime chacun de ces aspects, mais surtout le fait de jouer sur scène et de faire partie de quelque chose de plus grand. Les pires moments sont les temps d’attente où l’on ne sait pas quoi faire. Les meilleurs sont lorsque l’auditoire et le groupe se rejoignent pour vivre une soirée vraiment spéciale.

5. b) Étant un groupe de Brooklyn dont les membres sont d’origines diverses, dans quelles villes vous sentez-vous à la maison? Y a-t-il des endroits où vous ne sentez aucune connection avec l’assistance?

Il n’y a aucun endroit où le lien ne se fait pas, même si certaines foules sont plus petites que d’autres. On se sent à la maison à Brooklyn et à Minneapolis, mais j’ai toujours particulièrement aimé jouer à Londres, Leeds, Melbourne, Chicago et des tas d’autres endroits.

6. Avez-vous de bons (ou horribles) souvenirs de Montréal, soit en tant que The Hold Steady ou avec d’anciens groupes?

Mon concert préféré qu’on a fait à Montréal était avec les Constantines, qui sont un de mes groups préférés. J’ai adoré tourner avec eux et ils ont vraiment attiré beaucoup de monde à Montréal. Nous avons aussi eu beaucoup de plaisir lors de notre première visite, dans le cadre de Pop Montréal.

7. Y a-t-il des groupes plus jeunes qui vous ont impressionné dans la dernière année?

On trippe pas mal tous sur Cheap Girls, avec qui on tourne cet été, et excités de partager la scène avec So So Glos et The Front Bottoms au Pouzza Fest. J’apprécie vraiment l’album de Protomartyr aussi.

8. Qu’est-ce qui est punk en 2014? Qui fait une différence?

Je crois que l’important est d’être soi-même, mais qui sait? Des gens argumentent sur ce qui est punk depuis le tout début. Je n’ai pas cette réponse.

[original interview] 

1. a) Let’s talk about your collective creative process. Compared to other bands, The Hold Steady has always seemed much more about stories than actual songs. When you put songs together, do you start off by laying down the music, or do you plan out the story first and dress it up in sound later on?

The songs can happen a bunch of different ways but usually it’s Tad coming in with the music and me (Craig) finding lyrics to sing over the music. Usually I kind of hear the music right when Tad is showing it to the band but on Teeth Dreams those guys developed the songs more than normal before I got it and wrote the lyrics.

1. b) Has it always been this way, or has the method changed over the years?

It’s been that way mostly but as I said, it has happened other ways too.

2. Ever since the days of Lifter Puller and all the way through The Hold Steady’s repertoire, many of your songs have revolved around characters dabbling in hard drugs and all sorts of shady enterprises, then later in sudden spiritual enlightenment. How positive are the themes in Teeth Dreams and how do they compare to your earlier work?

Teeth Dreams talks a lot about anxiety in our modern age. Teeth dreams are usually triggered by anxiety. Drugs are one of the many ways people try to escape anxiety. This record is possibly less positive than the other records in some ways. But I think one of the notions is that we all experience anxiety and fear is some way, and it’s part of our human nature. So we are all in this together…

3. Are your lyrics based largely on personal experiences, or do they portray mostly fictional characters, places and events for the sake of storytelling?

The lyrics mainly feature characters but anything I write is going to have some part of me in it. I like to say that even when I’m making something up that is super dramatic I’m trying to be humanly honest about it. I think that is what makes for interesting stories

4. Aside from guitarist Steve Selvidge joining the band full-time, what aspects of the creative process set Teeth Dreams apart from previous Hold Steady albums?

One of the big things was having producer Nick Raskulinecz involved. He really had some great insights on the songs and no preconceptions of the band or what it should sound like.

5. a) What situation feels best about being in a band? Do you feel more fulfilled while recording, traveling, rocking out on stage, or after a show when you’re done loading out and you can all just relax?

I like it all but mostly I like performing the shows and being a part of something. The down time is actually the hardest part, the waiting around. The best is when the audience and the band come together to make a really special night.

5. b) Being a Brooklyn band with various personal origins, which cities feel like home the most? Are there places you play and do not feel any connection with the crowd?

There is no where that I feel zero connection to the crowd. Some are smaller crowds but I still connect on some level. I think Brooklyn and Minneapolis seem like home crowds for us but I’ve also especially always loved playing in London, Leeds, Melbourne, Chicago, and many many more.

6. Do you have any fond memories (or horrible ones) about Montreal, either related to The Hold Steady or any of your previous bands?

My favorite show we played in Montreal was with the Constantines, who are one of my favorite bands. I loved touring with them and they brought a lot of people out in Montreal. We also had a really fun time there our first visit, when we played Pop Montreal.

7. Are there any young bands that blew you away in the past year?

We are all pretty psyched on Cheap Girls, who are touring with us this summer. Also very excited to be playing at Pouzza with So So Glos and Front Bottoms, both of whom I love. Really digging this record from Protomartyr too.

8. What’s punk in 2014? Who makes a difference?

It’s about being yourself I think. But who knows, people have been debating what is punk for as long as it’s been around. I don’t have that answer.