[DÉCOUVERTES] Édition du 16 mai 2014 – Parce qu’il n’y en a jamais assez !

Les Vendredis Découvertes

Aurélien | Je continue, cette semaine, dans la lignée de ma découverte précédente, à savoir parler d’un groupe d’ici en France et de sa première démo. C’est toujours un peu excitant d’emménager dans une nouvelle région et de se confronter au microcosme musical qui y foisonne. Il y a quelques temps, ce sont les rouennais de This is Pure Violence qui m’ont fait forte impression avec une première démo sortie l’an dernier. Quatre titres d’indie pop teintées d’emo, me rappelant sans mal des groupes comme Mineral ou American Football. À l’écoute des morceaux, je trouve parfois un peu dommage que le chant ne soit pas d’avantage mis en avant, mais qu’importe : je n’ai aucun mal à me laisser transporter par la beauté des compositions, aidé par des lignes de guitare et de basse plus qu’efficaces. Je n’ai pas l’impression que le groupe ait eu beaucoup d’actu depuis la sortie de cette démo, mis à part quelques concerts ça et là. Mais à l’heure où j’écris ces lignes, je peux voir qu’ils viennent de terminer l’enregistrement de nouveaux titres qui devraient sortir, je l’espère, cette année !

PM | J’adore quand la Californie se la joue slow, mélancolique et suintante de romantisme. Ça fait contraste avec la culture punk-rock surfeuse que l’on connait. Toner est un tout nouveau groupe qui n’a même pas encore fait son premier spectacle. Tout ce qui nous est disponible, c’est ce tape de 4 chansons, enregistré avec les moyens du bord, disponible en 28 copies sous l’étiquette maison Floorpan Records. La voix lointaine, le son low-fi, le fuzz shoegaze et l’air désinvolte, c’est pas mal ça qui vous attend. Le groupe partage des membres avec une de nos récentes découvertes, Happy Diving.

PM | Il y avait trop de nouvelle musique intéressante cette semaine dans mes oreilles pour m’en tenir à une seule découverte. En deuxième choix, je vous présente un autre groupe tout frais, comprenant des membres de Dear Landlord, Madison Bloodbath et Dan Padilla. C’est méga bien construit, très tight, et super pop. Un son pas mal pro pour un premier single, avec un refrain accrocheur, comme on peut bien se douter, avec le roster du groupe. Voici donc le premier extrait de Shallow Cuts, The Mission.

PM | Ok, après j’arrête. Celui-ci est moins nouveau, mais j’ai l’impression que trop de gens ont passé à côté (comme moi, avant la semaine dernière). Il s’agit de Weeknight, un duo post-punk cold wave dark pop (wow, quelle description) qui me ferait penser à The National qui se la jouerait shoegaze. Vraiment dans mes cordes. Voici du brooklynois à son fucking meilleur.

Karl | J’ai eu la chance de voir le groupe Not Friends il y a quelques semaines au Barfly, sur St-Laurent. Je ne connaissais pas le groupe avant de les voir, mais leur son punk hardcore ne m’a pas surpris. Je m’y attendais. À prime abord, j’ai trouvé que l’ensemble me rappelait beaucoup OFF!, le groupe de Keith Morris. Des chansons bien courtes, rapides et criées. Il faut dire que c’est une recette assez de base, mais que le groupe de St. John’s, au Canada, fait drôlement bien. Les gars de Not Friends ne réinventent aucunement la roue, mais ils la font rouler dans le bon sens. Amateurs de punk hardcore sans fla-fla, c’est pour vous.

Oli | Lorsque j’ai vu Thantifaxath la première fois en concert, c’était en 2011. Le trio se voyait alors coincé entre Ensorcelor et The Body. Durant leur vibrante prestation, je me suis surpris à penser que si l’énigmatique entité française Deathspell Omega se produisait sur scène, le résultat se rapprocherait probablement de ça. Voici maintenant que ces êtres mystérieux nous assénent un premier coup de masse longue durée. Sacred White Noise transpire une déviance métallique vertigineuse vous projetant directement dans l’abîme des ténèbres. Comme si le groupe habitait la planète Voivod, se délectant sans retenue de cauchemars Lovecraftiens tout en recevant l’enseignement d’Aleister Crowley. Une vision tordue et maléfique qui sème une sérieuse menace sur la ville de Toronto et le reste du monde.

À voir, ce soir, avec les impressionnants new-yorkais Castevet et les attendrissants locaux BlackScorn et Perchten. L’Hémisphère Gauche, 20h00.

Élodie | Cette semaine fût, pour moi, remplie à 95%. Juste un peu de temps pour relaxer et mettre mon stress de côté. C’est donc pourquoi je te présente cet album comme découverte de la semaine. Il s’agit du duo Tempel de Phoenix, en Arizona, et leur album On The Steps Of The Temple paru en janvier dernier. Ils ont choisi de faire dans le doom/metal/experimental, tout en restant instrumental. Un album de choix facile à écouter pour se vider la tête. N’empêche que malgré leur simplicité, chacune des pièces de cet album possède sa propre manière de te foutre sur le cul. Que ce soit avec sa douceur et ses transitions parfaites, ou encore avec son feeling apocalyptique, je suis persuadée que le contenu de ce full length saura te charmer autant qu’il a su le faire dans mon cas.

Lamb | En travaillant avec certains labels, on en vient à faire de belles découvertes. Notre dernier release, la réédition de Art Of Arrogance, m’a permis de mieux découvrir Anchorless Records. En fouillant, je suis tombé sur Teen Agers, un groupe d’Orlando qui donne dans le pop-punk très propre. La voix me rappelle les vieux records que j’écoutais à la mi-2000, avec une petite touche emo très bien agencée avec une énergie très punk-rockienne. Leur dernier album, You Hate It, m’a complètement séduit. Avec la fin de semaine qui s’en vient, c’est bon de se motiver avec du bon vieux punk-rock classique.

Raph | Cet hiver, j’avoue avoir excessivement écouté la discographie des feux Shiner. Il était rendu grand temps pour moi de rafraîchir mon répertoire, j’ai donc emboîté le pas et me suis mis à découvrir les projets ultérieurs des membres de ce groupe post/hardcore vétéran de Kansas City. Je suis particulièrement tombé en amour avec celui de l’excellent guitariste/vocaliste Allen Empley, son groupe rock/alternatif The Life And Times. Avec, au total, trois longs jeux et quelques EPs à son actif, le groupe mène clairement son auditoire en terrain connu. C’est comme si on assistait à une continuité logique, plus mature et plus accessible de The Eggs, dernier matériel du défunt projet d’Allen. Plus concrètement, les arrangements de guitare et la voix claire offerte par ce dernier sont très peu différents de ce à quoi il nous a habitué dans Shiner.., et, croyez-moi, c’est une excellente nouvelle ! L’ensemble est supporté par des percussions simplement rythmées et pesantes, le tout garni d’effets de reverb très ambiants. Je vous suggère de débuter l’expérience avec le plus récent album, No One Loves You Like I Do, et de bondir directement à l’excellent Suburban Hymns. Voyage spatiale planant haut en émotions garanti. Ah, et si au préalable vous n’aviez jamais entendu parler de Shiner, dites-vous qu’il n’est jamais trop tard pour d’agréables découvertes!