[CRITIQUES] Dark Circles – MMXIV – Désordre Ordonné (2014)

Dark Circles - MMXIV - Désordre Ordonné (2014)

Begotten

Se sortir d’un effroyable cauchemar brusquement, sueur visqueuse sanglante sillonnant les pores vulnérables d’une peau frêle. Entendre des cris déchaînés épousant le châtiment de martèlements possédés. Quelque chose habite l’être, l’abominable vit en dedans. L’abîme remonte à la surface laissant régurgiter une marée troublante, signe d’un supplice accablant en plein contrôle. Le corps agité déploie des marques de perturbation immensément profonde. Mal de vivre accru. Hantise. Regard au mur pour apercevoir neuf cercles noirs profanant sans merci un fond blanchâtre soumis. Neuf vies? Neuf morts? Volonté impitoyable de palper l’intérieur pour brûler sa main craintive faisant d’un coup face à l’épouvante réalité. Une dualité sans merci, bataille fatale à livrer. Tout déferle suivant illégitimement les palpitations cinglantes bruitistes anthémiques. Terreur absolue. Quatre vérités en plein visage, écorchant les vertus maudites d’une détresse sans échéance pour faire taire les ricaneuses voix contaminées de l’existence.

Affronter ses démons en pleine crise de confusion. Mariage forcé avec sa bête noire, l’angoisse. Défier ces forces contradictoires régnant seules dans les profondeurs d’une âme désormais ténébreuse. Volonté sans équivoque d’exorciser par d’autres artisans machiavéliques encombrants. Cercles vicieux, fous alliés. Prisonnier du monde, sous l’emprise démentielle d’un perpétuel vide. Plonger tête première dans le néant oppressant, humanité dépravée. Sonorités nihilistes lointaines circulaires acharnées. Dérive sociale inévitable dans un élan de totalitarisme diabolique. La souffrance élit domicile dans un for intérieur corrompu. Rires colériques en toile de fond, cris austères bénéfiques. Bien et mal. Roue sans fin.

Propulsé d’un cercle à l’autre sans relâche, affligé par les ondes ennemies étouffantes. Dégoût de soi, morbidité abjecte de l’être. Vague de tourmente pestilentielle portée par le grotesque divin. Mourir en vain, combattre en force. Matérialisation du désespoir en une créature maléfique obscène, digne représentant du carnage persistant sous une carapace précaire. Tentative de purification de l’âme au goudron. Creuser sa tombe dans de sirupeux sables mouvants, malheurs bitumineux infectés d’avarice. Galère continue menée de battements dischargiens velus, tarantulesque tragédie cursienne de niveau supérieur. Beauté taciturne élevée contre l’impérialisme dépressif. Manifestation sublime du macabre sur vague audio menaçante, fresque sonore pittoresque effroyablement séduisante. La belle et la bête. Les vérités agissent en insatiable nourriture du vice. Le cercle de suffocation, celui de rémission. Prélude au changement? Ombre d’espoir, oasis de quiétude.

Perdu à travers le temps, méprisé par la décadence de l’engrenage impitoyable. Insomnie croissante du cortex cérébral, grève générale illimitée du coeur. Dégringoler l’Everest sans l’avoir préalablement gravi. Mort-né, mort de peur, mort au pouvoir. Rêver de démanteler le mécanisme qui enflamme les pensées. Avorter. Les maîtres de l’absolu allument le sinueux sentier charbon vers une quête de guérison. Visions cathartiques d’une malsaine asphyxie claustrophobique. Nausée involontaire continue. Désir soutenu d’évasion cherchant la sortie hors des murs aliénants. Esclave de la possession, du carcan étatique fascisant. Esclave de l’humanité. Munitions échappatoires en suspens dans l’une des rondeurs perverses narcissiques.

Des images d’une rare violence passent telle une aura vengeresse réparatrice. Démesure hostile dans le camp des spectres du bien-être. Brûler l’insipide connexion internet abusant incessamment d’un cerveau instable. Rompre, supporté par les quatre porte-étendards du vrai pataugeant sans pitié de cercle en cercle. En boucle, dans une envolée rotative abrupte, sans limites. Interminable trajet au-delà de l’autoroute perdue où l’obstacle se voit froissé de grisaille infernale. Nécessité de liquider ce rejeton maudit empoisonnant le gouffre encrassé d’un corps meurtri. Pénétrer son organisme à froid, automutilation de l’âme. S’extirper les entrailles à l’arraché au rythme récalcitrant d’une pluie  virulente. Plaisir ultime dans la douleur martyrisante. Torture physique, blessure mentale. Montée chaotique maîtrisée. Désordre ordonné.

Tant de gestes scabreux pour conquérir les paisibles contrées de la liberté. Le pavé de l’ouverture est maintenant tracé. Les vérités se dissipent peu à peu, triomphant des forces envahissantes. Goût amer, froideur incisive. Autopsie d’une délivrance suivant les pas lancinants d’une marche funèbre exaltante. Le vent s’épuise lentement, le drapeau noir se hisse fièrement. Retrouver un sommeil placide jusqu’au prochain réveil.

Oli