[CHRONIQUES] Lamb au pays du RRROOOAAARRR

Retour sur le RRROOOAAARRR

L’an dernier, j’avais malheureusement manqué la toute première édition du RRROOOAAARRR pour plutôt essayer de gagner ma vie. Étant donné que ça ne donne rien au bout du compte, je me suis aventuré pour aller voir le line-up assez incroyable de la deuxième année incluant des bands tels que Noothgrush, Mammoth Grinder, Cro-Mags, Blasphemy et j’en passe. Puisque j’ai vu près d’une trentaine de groupes durant ce week-end, cette chronique s’attardera aux meilleurs moments de ma fin de semaine.

Pour ouvrir le bal, quoi de mieux que le quatuor de Québec Striver. Devant une foule peu nombreuse, puisque la plupart des gens étaient en train de se réchauffer à coups de bières de ruelle, le groupe s’est quand même donné à fond, comme à chaque performance que j’ai eu la chance de voir. Sincèrement, l’énergie et la hargne que le groupe dégage sont impressionnantes. Les nouvelles chansons qu’ils viennent tout juste de sortir, sur le fameux Brink Of Doom, sonnent comme une avalanche de brutalité. Un peu plus tard, j’ai fait ma découverte de la fin de semaine avec ACOUSMA. Je suis arrivé après la première chanson, mais c’était probablement les sept minutes les plus intenses de ma fin de semaine. Pour vulgariser, ça ressemblait vraiment à du bon vieux Ceremony, mais avec un chanteur encore plus disjoncté. Je te conseillerais, à ce moment même, de prendre ton courage à deux mains pour aller visiter leur page bandcamp.

Par la suite, le moment que j’attendais le plus du week-end: MAMMOTH GRINDER. Probablement un des groupes les plus solides des dernières années en matière de puissance auditive, surtout après la sortie du terrifique Underworlds et du nouveau EP seulement disponible en format cassette Cosmic Crypt. Devant une Sala Rosa bien remplie, mais aussi devant une foule encore un peu trop timide, les gars d’Austin ont livré tout un saccage musical. Pas de bla-bla entre les chansons, pratiquement aucune pause durant leur set, juste de la grosse musique bien sale pour nous blaster les oreilles solide! Immédiatement après, les vétérans de Seattle Iron Lung venaient nous enseigner comment faire du power-violence digne de ce nom. C’est justement les titres monstrueusement cours, mais brutaux d’Iron Lung qui ont finalement réveillés la foule. Le groupe doit avoir joué un bon gros 20 minutes, ce qui représente tout un exploit et un bon 25 chansons.

Ensuite, je me dirige en commençant un peu à marcher en diagonale vers la Casa pour voir les freaks de Montréal, Thee Nodes. On avait su, plus tôt dans la journée, que Mr. Nodes avait été admis à l’hôpital, ce fut donc Mme Nodes qui prit la relève devant les huées d’une Casa bien remplie, le tout parsemé d’une machine à bulles question de venir bien fucker la foule qui commençait, moi y compris,  à être bien rondelette. Après la première chanson, nul autre que Mr. Nodes dans une chemise d’hôpital, les fesses à l’air, fait son entrée en renvoyant Mme Nodes avec la populace. Un show digne de la réputation de freak punx de Thee Nodes qui continue de faire honneur à notre scène musicale à l’étranger. Après ça, je suis allé voir Noothgrush. Pis, étant donné que je voyais le chanteur en double à cause du houblon, ben je suis parti me coucher après quatre titres. Shame on me… Si tu veux voir ça du bon côté, ben dis-toi que c’était tellement lourd que ça ma assommé…

Le lendemain, on avait droit à un show d’après-midi avec les légendaires Cro-Mags dans des Katacombes vraiment over-capacité. Un bon moment pour combattre le hangover matinal avec une bonne bière sur une terrasse bien entourée, un veggie dog et un des groupes de hardcore les plus influents des années 1980. Puisque la chaleur était plus que présente, je n’ai vu que quelques bouts de chaque groupe. Ce que je peux vous dire, c’est que Enforcers est véritablement le groupe de hardcore le plus solide du grand Montréal. Même si je n’ai jamais été un grand fan de ce style musical, les gars l’ont l’affaire, tout simplement. À chaque show de Enforcers, je me plait toujours à chanter Unfit ou Out Of Time. Un peu plus tard, devant une salle remplie à craquer et remplie d’une chaleur digne de l’équateur, John Joseph et sa bande débarquent pour nous envoyer les classiques de Age Of Querrel en pleine gueule, accompagnés de quelques covers de Bad Brains. Avoir la chance de voir Cro-Mags dans un endroit aussi intime, avec une foule aussi survoltée qui crowd-surfait à tour de bras, c’était quelque chose en soi. Le genre de moment qui te reste gravé longtemps dans la mémoire. C’est probablement une des choses que j’ai les plus appréciées du RRROOOAAARRRR: la diversité musicale, qui te permet de voir dans la même soirée un groupe de raw punk, de black metal ou encore de hardcore.

Dimanche. J’ai mal à la vie, et je suis pauvre de bières. J’avais vraiment hâte de voir les Montréalais de Dethfox, puisque je n’avais jamais encore été capable encore de les voir live. Un beau trésor caché de la scène montréalaise qui vaut le détour, surtout dans ta face. Un peu plus tard, un autre moment que j’appréhendais avec grande impatience : ANASAZI. Avec une mise en scène très horror-punk pour ouvrir le bal, les New-Yorkais ont livré toute une performance, en enfilant les titres de l’excellent 7 pouces self-titled. On va se le dire, Bone Colletor rentrait au poste comme JAMAIS. Pour terminer mon expérience, Rikk Agnew, accompagné de Omegas comme musiciens, est venu clore les festivités à la Casa Del Popolo. Un maudit bon show avec une foule endiablée, mais mon corps criant au meurtre j’ai du abandonner après deux chansons. Encore une fois, shame on me

Comme première expérience au RRROOOAAARRR, je dois avouer que c’était vraiment parfait. Aucune attente, aucun embûche, pas d’attitude inutile. Juste une gang de mélomanes sales qui se sont rassemblés le temps d’un week-end pour célébrer la musique. Du lourd, du sale, du rapide, du technique, tout y était. Je tiens ici à féliciter toute l’organisation du festival et à les remercier de nous offrir ce genre d’événement beaucoup trop rare à Montréal.

Bref, on se revoit au Varning, right?