[ENTREVUES] Avec Black Love et écoute de leur album homonyme

Black LovePhoto: David Dubé

C’est aujourd’hui, en cette première journée de septembre, que l’excellente formation montréalaise Black Love rendait enfin disponible l’écoute de son premier long jeu. Vakarme s’est donc entretenu avec Janic et JF, question d’en savoir plus sur la direction prise sur ce nouvel album, mais aussi sur leur tournée européenne à venir ainsi que sur la scène musicale montréalaise actuelle.

Vous pouvez écouter l’album éponyme de Black Love sur leur page bandcamp.

La sortie physique de l’album se fera le 13 septembre du côté de l’Europe, mais il faudra attendre jusqu’à la fin du mois pour avoir des copies disponibles au Canada et aux États-Unis. Les pre-orders sont néanmoins déjà disponibles du côté de Zegema Beach Records ainsi que chez I.CORRUPT.RECORDS.

Bonne écoute!

Enregistrer son premier album doit être une expérience en soi. Comment on se sent de le faire dans un endroit aussi magique que le Hotel 2 Tango? Comment s’est passé l’enregistrement ?

[Janic] L’enregistrement même a consisté d’une session en direct avec la plupart des instruments. Cette partie du processus a probablement été la plus facile. Les mois de préparation qui ont précédés cette session ont été difficiles, mais absolument nécessaires. La liste des artistes qui sont passés dans ces murs constitue du bon trivia et ça te rend clairement fébrile durant les premières heures. Travailler avec Radwan a définitivement été crucial pour nous. Son propre cheminement créatif a fait en sorte qu’il pouvait saisir instinctivement d’où on vient, et surtout, où on s’en va.

[JF] L’atmosphère y est tellement décontractée, on a un peu l’impression que le temps s’y écoule d’une manière différente.

Justement, sur cet album, à quoi on peut s’attendre? Quelle direction avez-vous prise?

[JF] Je dirais que c’est plus complexe et plus sombre de ce que les gens sont habitués d’entendre du groupe. On ne s’est pas vraiment posé de questions sur quelle direction on allait prendre car on a procédé de manière très instinctive. La complexité est venue d’elle-même, avec le range dynamique que le fait de jouer à trois guitares peut apporter. Le coté plus dark est venu un peu tout seul, forgé par ce qui s’est passé dans nos vies au moment de l’écriture. Plusieurs morceaux auront aussi finis par disparaître dans les limbes au terme du processus de composition, puisque notre véritable préoccupation était de livrer un tout qui allait être cohésif et authentique, dans la mesure du possible.

Une des principales qualités de Black Love, à mon avis, est sa diversité musicale. On peut sentir que les influences sont très disparates, mais aussi assemblées d’une façon très concise. Est-ce que c’est le cas auprès des membres? Avez-vous tous des préférences musicales différentes?

[Janic] Nous avons clairement chacun nos propres inclinations ou obsessions musicales, mais nos goûts se recoupent aussi en bonne partie. Ça nous permet de faire des choix informés.

Votre album sera distribué par plusieurs labels d’outre-mer, notamment en Ukraine, en Allemagne, à Londres et aux États-Unis. Comment le processus s’est-il passé, étant donné que vous n’avez jamais joué sur le vieux continent?

[JF] Plus aisément qu’on aurait pu le croire au départ. La plupart des labels que j’ai approchés montraient rarement des réticences à vouloir s’impliquer. Les rares qui ont dit non l’ont fait un peu à reculons, à cause d’horaires déjà trop chargés. Même avec l’Oeil du Tigre, dont je fais partie, c’était un peu incertain au départ dû à un budget restreint et à des retards imprévus sur nos projets précédents. Règle générale, il semblait y avoir un certain engouement pour notre album quand les labels l’écoutaient et ça fait du bien, quand t’as travaillé fort sur sa conception. Reste que d’avoir un label DIY en Ukraine qui désire s’impliquer, c’est possiblement le truc qui me fait le plus sourire quand je vois la ribambelle de labels sur notre album. Vu la situation géopolitique actuelle complexe de cette région du monde, c’est bon de se rappeler que la flamme DIY y est bien vivante, et ce, malgré un climat qui devrait pourtant être un frein à son effervescence.

Justement. Comment l’organisation de la tournée européenne s’est-elle déroulée? Avez-vous tout organisé à la DIY?

[JF] Le modèle d’organisation de la tournée penche plus vers un modèle de DIT (do it together) que de DIY. On a reçu des coups de main non-négligeables de la part de Clément de Bökanövsky et d’Ingo de I.Corrupt Records. Je ne suis pas certain que nous serions parvenus à nos fins sans ces gentlemen d’outre-mer.

Après la tournée dans les vieux pays, qu’est-ce que Black Love nous prépare?

[Janic] On s’ennuie de jouer à Montréal, donc ça va être dans les premières choses que nous voudrons faire après l’Europe. Nous jasons déjà de notre prochain passage en studio. Nous chérissons aussi le projet de faire le Midwest.

Bon. La question qui tue… La scène montréalaise: elle se porte bien ou elle traîne un peu de la patte?

[JF] Elle va bien, voyons. Y’a tout un tas de gens qui se dévouent corps et âmes de manière complètement bénévole pour que les choses se passent. Le calibre des groupes n’aura jamais été aussi élevé et c’est parfois surprenant de voir le taux de participation des gens aux événements. Bien sûr qu’il y a des hauts et des bas, mais c’est tout à fait normal. En fait, je me risquerais presque à dire que ça va trop bien parfois, dans le sens où il y a tellement de choses à faire que y’a de quoi en ressentir un réel épuisement, surtout l’été. En ce moment, y’a des groupes comme Nous Étions, Hashed Out, Dig It Up, No Bones, Khan, Bummer, Apes, Striver, Gulfer, TDOAFS, Expectorated Sequence, Albatros, Mands, Harsh Reality, Atsuko Chiba, Jet Black et Solids qui sont absolument incroyables (pour ne nommer que ceux-là). Y’a des labels comme Housebreaker Records, l’ODT (si je peux me permettre), D7i/Doomsday, Stack Your Roster et Misery Loves Company. Des boîtes de production de spectacles comme Heavy Trip, BTSB, Confluence, Loose-Fit Collective, Youth Of Nausea et Black Dot. Je pourrais m’éterniser sur le sujet longtemps et je pense que le simple fait de pouvoir faire ça démontre que la scène est en santé en ce moment.

Une petite dernière pour le gossip: Quel est votre meilleure/pire expérience live?

[JF] Meilleure? Soybomb HQ/Skramden Yards. On a vraiment du plaisir à jouer à Toronto. Mais tous les shows qu’on a joués avec TDOAFS, Albatros, ITTO, New Wings et Animal Faces seront toujours nos préférés, peu importe la ville. Le fait d’être avec ces gens là rends tout plus agréable, et ça fait que le meilleur ressort toujours, peu importe la situation. Pire? Le premier show que j’ai fait avec les gars au Café Chaos. En fait, la plupart des fois où on doit négocier le volume des amplis avec un soundman, ça vire toujours au cauchemar. Mais surtout cette fois-là.