[ENTREVUES] Avec Jet Black et écoute de l’album In Paradox

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On l’attendait impatiemment, celui-là. Trois années se sont écoulées depuis Escape Measures, le premier long-jeu du groupe Jet Black. Aujourd’hui, après un intense et long processus d’enregistrement, la formation de la Capitale-Nationale revient en force, le mot est faible, avec un second album baptisé In Paradox. Si vous étiez nombreux à encenser l’incroyable lourdeur des guitares dignes des meilleures formations rock/alternative cultes des 90’s, ainsi que l’intense frénésie caractérisant leur premier ouvrage, on remarque sur In Paradox que le quatuor s’est assuré de perfectionner cette même formule gagnante. On s’est récemment entretenus avec Jean-Philippe et Philippe, respectivement batteur et chanteur/guitariste du groupe, afin de causer au sujet du processus d’écriture de l’album et des plans futurs de la formation. Voici le contenu de notre discussion, accompagné d’un lecteur où vous pourrez écouter l’album dans son intégralité.

Tout d’abord, merci d’avoir accepté de prendre part à cette entrevue. Pourriez-vous me dresser un bref historique de Jet Black? Quels sont les membres composant la formation, depuis quand vous côtoyez-vous en tant que musiciens et quelle était la principale motivation derrière la création de ce projet?

Tout d’abord, les membres du groupe sont Philippe (guitare et voix), Jean-Philippe (batterie), Stéphanie (basse) et Francis (guitare). On s’est formés à la fin 2008/début 2009. On a sorti Escape Measures en 2011, et maintenant on sort In Paradox cet automne, après 1 an et demi de processus. La principale motivation derrière la création de Jet Black c’est de s’accomplir musicalement de la façon la plus intègre possible.

Votre premier album, Escape Measures, dégageait un son fortement influencé par la vague post/grunge et shoegaze des années 90. Pourriez-vous me nommer au moins cinq groupes ou autres artistes qui ont eu une influence majeure sur le son de Jet Black au fil des années?

La liste peut être longue et change constamment mais, pour le moment, je dirais Swervedriver, Failure, The Life and Times, Catherine Wheel et Pale Saints. C’est certain que chacun des membres écoute plusieurs bands de son bord, influençant indirectement le son de Jet Black. Autant dans la façon dont on compose que dans la façon dont on joue de nos propres instruments.

Près de trois ans plus tard, vous revenez en force avec In Paradox et solidifiez, par le fait même, l’identité du groupe en adoptant une approche musicale quelque peu similaire à l’album précédent. À l’aube du lancement physique, de quel aspect du processus de création de l’album êtes-vous le plus fier?

Tout simplement de l’avoir terminé. Il y a eu tellement d’embûches, de moments de marde et de problèmes inattendus que de juste avoir passé au travers, ça représente une grande fierté. Paradoxalement, malgré la lourdeur et la longueur du processus, on a eu beaucoup de plaisir à le faire. Au final, on se retrouve avec un album dont on est fier et qui représente bien notre personnalité musicale.

On ressent une solide synergie entre les paroles et la section rythmique de l’album. Seriez-vous apte à me décrire sommairement à quoi peut ressembler une session de composition ordinaire pour Jet Black? Qui arrive aux pratiques avec la majorité des idées?

Normalement, Francis ou Phil arrive avec une idée de base qui est très malléable. Chacun y met du sien et on travaille tous ensemble jusqu’à temps qu’on soit satisfait du résultat final. Généralement, c’est quelque chose qui se fait assez rapidement, mais la chanson peut changer jusqu’au dernier moment, même en studio.

Du début à la toute fin, les paroles sur In Paradox semblent traiter de l’absurdité de la vie en général. Au cours des trois dernières années, dans quel contexte s’est déroulée la composition des textes de l’album?

Jip : Je ne suis pas certain que je dirais absurdité, mais les paroles sont intrinsèquement liées à nos vies en général. Le premier album avait pour thème «la fuite», tandis qu’avec In Paradox, c’est justement l’inverse, il n’y a pas d’issue. Aussi, les paroles sont écrites généralement à la toute fin du processus de composition. Encore une fois, c’est quelque chose qui peut vraiment changer à la dernière minute.

En 2012, vous preniez part à deux festivals, le SXSW d’Austin aux États-Unis et le NXNE de Toronto. Quelles ont été les moments forts vécus là-bas? Quels ont été vos prestations coup de cœur de la part d’autres artistes? Parlez-moi de votre passage lors de ces deux évènements d’envergures.

On a fait deux beaux voyages, les deux villes ont été le fun à visiter. À Austin, il y avait vraiment une bonne vibe pendant le festival. On a aussi vu beaucoup de bons groupes, dont Nada Surf et The Wedding Present. Toutefois, les deux expériences nous ont laissé un goût quelque peu amer. Simplement parce qu’au final, ça ressemble plus à des grosses foires qu’à des festivals de musique. Il y a des milliers d’artistes qui essaient de se démarquer, d’attirer l’attention et de se faire des contacts. C’est une ambiance qui ne cadre pas du tout avec notre vision de la musique. L’aspect business y occupe une trop grande place.

Depuis quelques années, on assiste à l’éclosion de plusieurs groupes talentueux en provenance de la Vieille Capitale. Seriez-vous capables de me nommer vos groupes préférés actifs dans votre ville?

Phil : Effectivement, c’est assez actif et plaisant à Québec sur le plan musical. Dernièrement, j’ai vu Ponctuation dans une cour arrière et c’était pas mal parfait. Drogue et Los sont aussi deux groupes que j’adore.

Revenons-en à In Paradox; avez-vous déjà été approché par un label?

Non, et on vit bien avec le fait qu’on est un band indépendant.

Finalement, avez-vous des spectacles prévus afin de faire la promotion d’In Paradox, ou d’autres plans à moyen-long terme?

On a actuellement quelques shows de lancement de prévus, mais on attend d’avoir le vinyle avant de dévoiler l’horaire complet. Quelques plans de tournée en Europe sont présentement en discussion. On va aussi à New York en décembre pour participer à une Rabid Session avec Jack Rabid du magasine Big Takeover.

In Paradox est disponible dès maintenant en version digitale. Il est également possible de faire une pré-commande de la version vinyle dès aujourd’hui à partir du bigcartel de Jet Black.