[ENTREVUES] avec Wayfarer et écoute du deuxième extrait Translating

Wayfarer - Sleep Through To The Light

[English will follow / la version anglaise se trouve à la fin de l’article]

Il y a plusieurs mois, Housebreaker Records annonçait l’ajout sur leur roster du groupe ontarien Wayfarer. Prévoyant la sortie de leur deuxième album, le groupe semblait vouloir s’étendre sous de nouveaux horizons et la proximité avec Montréal semblait être un move le fun et différent. Depuis, un premier extrait de leur album Sleep Through The Light, la chanson intitulée Worn Out, a été lancé au public il y a quelques semaines. C’est avec plaisir que l’on s’est entretenu avec Kyle afin de discuter de l’album et aussi, pour vous permettre d’écouter en grande primeur le deuxième extrait de l’album, Translating. Bonne écoute et surtout, bonne lecture!

Bonjour Kyle, nous sommes vraiment heureux de pouvoir s’entretenir avec toi à propos du nouvel album de Wayfarer. Peux-tu nous parler un peu de ce que tu as fait, en terme de travail musical, pendant les dernières années?

Personnellement, j’ai vraiment ralenti dans les dernières années. J’étais pas mal en train d’écrire ce LP depuis le début de 2012. C’était la première fois que j’étais dans seulement un band depuis aussi longtemps, alors j’ai pris le temps de faire une démo avec l’album entier et, ensuite, de retravailler le tout avec les autres gars et qu’on prenne ça vraiment tranquillement, ce que je ne fais pas d’habitude. Pour ce qui est de mes autres projets, je remplace occasionnellement en tant que bassiste pour une formation de Kitchener appelée Exalt pendant que leur membre original doit partir pour le travail. Steve travaille vraiment fort sur son projet personnel Hinindar, et Geoff joue de la guitare dans une autre formation nommée Teen Violence. Mike est en train de faire sa maîtrise en batterie jazz à Toronto.

Les prochaines semaines verront la sortie de votre deuxième long-jeu, Sleep Through To The Light, qui est une suite logique à Our Fathers, le premier LP du groupe sorti en 2010. Comment qualifierais-tu l’évolution de la formation depuis les quatre dernières années ?

La grande différence se retrouve dans le line-up du groupe. Geoff a rejoint Wayfarer en tant que bassiste juste avant que nous sortions le split Decayfarer, en 2011. Mike Rajna est notre batteur à temps plein, mais il n’a pas pu prendre part à l’enregistrement dû à des raisons de logistique. À ce moment-là, nous étions déterminés à enregistrer tous les instruments live en même temps alors je me suis chargé de jouer la batterie sur l’album. Nous avons donc demandé à notre bon ami Marcus Wanka (qui joue aussi dans Teen Violence avec Geoff) de jouer mes parties de guitare. C’était parfait puisqu’il est un excellent guitariste, alors ça a vraiment permis à Steve et Geoff de travailler avec lui afin de perfectionner leurs parties et de faire quelque chose d’encore mieux que nous aurions pu le faire seulement par nous-même. Nous avons fait l’album rapidement, mais la qualité de l’enregistrement en ressort vraiment améliorée comparée à notre autre album. Nous avons retravaillé avec Greg Dawson aux studios BWC, où nous avions fait le split Decayfarer, et avons pris une approche live à la chose.

Pour cet album, l’écriture des chansons est plutôt devenue une affaire de groupe, ce qui était quand même quelque chose de gros. Comme je disais plus tôt, nous n’étions pas coincés dans le temps alors j’ai apporté beaucoup de choses aux pratiques, lesquelles je pensais qui ne feraient peut-être même pas partie de l’album. Par contre, après que Steve et Geoff aient travaillé sur ces idées, elles sont un peu devenues comme des valeurs sûres. Translating en est un bon exemple. J’avais pratiquement détruit la chanson, mais je l’ai ressortie quelques semaines avant le début de l’enregistrement et nous l’avons complètement retravaillée. Cet album sonne tellement plus concentré, il se tient un peu mieux que l’autre et est encore plus cohérent du début à la fin. C’est ce qui arrive naturellement quand tu vieillis de quelques années et que tu sais comment travailler avec le matériel d’un studio.

N’importe qui qui a déjà écouté Hot Water Music peut se sentir interpellé par une partie de la discographie de Wayfarer. Je suis certain que le quatuor floridien a été une grande influence pour votre groupe à ses débuts. Dans votre évolution à travers la scène punk-rock nord-américaine, considères-tu que HWM a encore un impact majeur sur les chansons que vous écrivez?

Je pense que je suis probablement le seul membre du groupe qui a vraiment grandi avec la discographie de HWM; je crois, sinon, que Mike a aussi été fan pendant un certain moment. Il n’y a vraiment pas beaucoup de groupes que nous aimons tous, mais je suis certain que HMW a laissé sa marque sur moi. Je pense que HMW a définitivement aidé à former certains aspects de notre son et a certainement été une influence dans la façon dont je suis sorti des standards d’écriture de chansons punk pour réaliser que tu peux en faire un peu plus; que la section rythmique peut être un peu non-conventionnelle et qu’elle n’a pas à toujours à être à plein régime pour entrer dans le créneau du cliché punk. C’était émotionnel aussi, ce que j’ai toujours apprécié, et je pense que j’en ai tiré beaucoup d’influences, mais, à la longue, l’étiquette HWM devient lassante. C’est certain qu’on se le fait souvent dire à cause du nom de notre groupe, mais j’ai peur que ça finisse toujours par nous caser et que ça puisse être un turn off pour plusieurs personnes. Je suis conscient que l’influence est là, mais j’espère que les gens vont quand même nous donner une chance que prouver qu’on n’est pas seulement un band de rip-off. Ou de décider, au moins par une écoute, qu’on est peut-être directement un band rip-off.

Ce nouvel album a beaucoup de choses en commun avec des chansons comme Stills Eyes de Our Fathers, dans le sens où ce n’est pas du pur punk-rock mélodique et rapide. Je pense que c’est ce que j’ai toujours aimé de Wayfarer. Ça n’a pas été toujours seulement à propos de la vitesse, mais c’était plutôt concentré sur la diversité et les émotions. Des choses qu’on peut associer à des formations telles que Samiam et, jusqu’à un certain point, Lucero. Mais aussi, une musique beaucoup influencée par le indie rock. Quelle est la place de Wayfarer dans cette scène? Avez-vous l’impression de vous être un peu distancés du punk-rock traditionnel?

Je suis content que tu dises ça. Still Eyes a toujours été ma chanson préférée de cet album et elle semble connecter avec les gens à un certain point, alors j’en suis vraiment heureux. Ce LP allait un peu dans tous les sens; c’était dix chansons que nous avions eues le temps de composer et que nous trouvions qu’elles étaient assez bonnes pour en faire un album. Par contre, le nouvel album, Sleep Through to The Light, a vraiment été intentionnellement structuré. Le côté A du vinyle rassemble les chansons que je pourrais considérer comme les plus accessibles. Ça ressemble à tout ce qu’on est capable de composer, des chansons agressives par moment, mais avec des bouts plus doux. Il se concentre plus sur les mélodies et contient des chansons avec des structures plus traditionnelles. J’essaie toujours de conserver un peu de sensibilité pop dans mon écriture et c’est sur ce côté que ça paraît le plus. Sur le côté B, nous nous sommes laissés être un peu plus moody, dans le sens où on s’est un peu plus concentrés sur les dynamiques et les gammes et avons joués avec les structures et modèles des chansons (ou encore, le manque de ces derniers). J’ai aussi envisagé ça du point de vue des nouveaux auditeurs qui n’avaient jamais entendu le groupe auparavant, alors j’ai voulu faire un album qui pourrait, d’une certaine façon, attirer leur attention. Je pense qu’en bout de ligne, les gens qui aiment le groupe vont plutôt graviter vers les chansons du côté B, mais je crois qu’on a quand même établi une bonne balance entre les deux.

Nous avons toujours eu de la difficulté avec l’équilibre indie/punk. Nous sommes toujours soit le groupe le plus punk, ou encore le moins punk, dans n’importe quel show que nous feront. Par contre, je ne suis pas gêné de faire l’un ou l’autre. Je crois que se distancer nous-même de la scène punk-rock traditionnelle s’est fait un peu naturellement. C’est juste tellement facile de devenir vraiment ennuyant très rapidement dans cette scène. L’indie est un style tellement large que ça devient facile pour quelqu’un de nous décrire ainsi, même que je l’utilise moi-même aussi parfois pour décrire notre groupe. Notre but premier est d’écrire des chansons qu’on aime et qui nous gardent intéressés à faire et enregistrer de la musique. Si ça connecte avec les fans d’indie, tant mieux. Si les punk kids aime aussi, c’est encore mieux.

Peux-tu nous parler de tes albums préférés de l’année à date?

C’est vraiment une bonne année jusqu’à présent. Un groupe de la Californie, qui s’appelle Weatherbox, a sorti en début d’année un album nommé Flies in all Directions et c’est juste incroyable. Je ne peux pas penser à aucun autre album qui est sorti dans les dernières années qui m’a atteint aussi fort que celui-là. C’est un de ces albums spéciaux qui paraissent juste au bon moment, avec lesquels je connecte dès le début. Ça a pris du temps avant qu’il sorte, mais il est parfait. J’ai l’impression qu’il pourrait être dans ma liste des dix meilleurs albums de tous les temps, mais on verra. Je suis content qu’il soit finalement sorti et j’espère que d’autres personnes prendront la peine de l’écouter. Quelques autres bons albums :

Hard Girls – A Thousand Surfaces

The Hold Steady – Teeth Dreams

Conor Oberst – Upside Down Mountains

Behemoth – The Satanist

Angel Olsen – Burn Your Fire for no Witness

La Dispute – Rooms of the House

The Menzingers – Rented World

Assez avec les influences. Peux-tu nous dire ce que vous essayez de communiquer et d’évoquer sur cet album ? Il y a de l’émotion tellement pure, et nous voulons savoir ce qui a dirigé son écriture. 

Okay, je vais essayer de concentrer les idées et les thèmes généraux derrière l’album. Les membres de mon groupe sont probablement vraiment tannés de m’entendre raconter ça de cette façon-là.

À la fin de l’année 2011, j’ai fait une session d’école à Krakow, en Pologne. Mon but était d’écrire l’album complet pendant que j’étais là-bas. C’est une bonne chose que je n’aie pas fait ça, parce qu’on va se le dire, quel genre de perdant tu serais d’être à une place comme celle-là et de passer ton temps à l’intérieur à jouer de la guitare. En tout cas, j’allais là-bas en m’attendant à passer de belles vacances loin du groupe, du travail, de la vraie vie. Cependant, ça s’est résumé à être extrêmement influent à la fois pour l’album, mais aussi pour mon point de vue général. La Pologne a une riche histoire de grands écrivains et poètes; plusieurs qui sont disparus tragiquement pendant la Seconde Guerre mondiale ou encore pendant les années suivantes sous l’emprise de l’URSS. J’ai appris beaucoup de choses des histoires de ces personnes pendant que j’étais là-bas et j’aimais les percevoir comme étant des allégories. J’ai voulu faire que chaque chanson raconte l’histoire d’une de ces personnes ou encore un moment de mon passage en Pologne. J’avais l’impression que ces histoires étaient tellement d’importantes leçons pour n’importe qui, n’importe où, considérant la façon qu’est fait notre système d’éducation et que ce n’est pas tout le monde qui a eu la chance d’en apprendre sur la façon de voir les choses de ces gens à ce moment-là. Le thème global avec lequel j’ai essayé de travailler était qu’une fois la guerre terminée, ces personnes ressentaient un grand sentiment de soulagement en pensant, qu’au moins, l’humanité venait de connaître le pire. Pourtant, avec le temps, nous avons vu l’horreur et l’oppression de la WWII prendre de nouvelles formes, encore plus manipulatrices et rusées, et exercer encore les mêmes effets sur la population. Une des premières phrases de l’album, Wish I never had to witness quickly evil changes shape, était un peu ma thèse. Comment tu décides d’échapper à ce mal ou à ces restrictions était ce que je voulais explorer, à travers les histoires des autres qui l’ont vécu, de la façon la plus englobante possible.

Quelques exemples rapides d’influences: Alpha, Beta and the Captive Mind vient du livre The Captive Mind, par Czeslaw Milosz. Ewa (prononcé Eva), était une enseignante que j’ai eue qui imprimait des livres bannis lors des années communistes et dont le père a survécu à Auschwitz. La pochette de l’album est une série de fenêtres sur un édifice gouvernemental à Krakow et le nom de l’album vient d’un poème de Czeslaw Milosz.

C’est très intéressant tout ce background derrière l’album. Si on parlait un peu de politique local pour revenir un peu à la réalité canadienne. Vous venez de Kitchener, en Ontario. Comment se porte le punk-rock de ce côté du pays ? Est-ce que les gens organisent des shows DIY, des zines ou encore des ateliers? Est-ce qu’il y a un sentiment de communauté où on se sent bien et accepté, peu importe son orientation sexuelle, son groupe ethnique ou son sexe?

Kitchener a quelques scènes musicales différentes qui restent malheureusement séparées. Notre ami Jesse Billings travaille fort pour promouvoir les shows DIY d’une manière avantageuse et nous sommes extrêmement reconnaissants pour la quantité d’efforts qu’il y met. Nous avons un festival intéressant ici qui s’appelle KOI Music Fest, en septembre, qui fait venir un tas de groupes indépendants de partout en Amérique du Nord pendant une fin de semaine. En général, Kitchener est une bonne place pour voir des concerts, mais comme chaque ville de grandeur moyenne, elle a ses hauts et ses bas.

Nous entendons tellement parler de la gentrification de Toronto ici à Montréal, surtout parce que les loyers sont presque la moitié du prix. Quelle est ton opinion sur comment cela affecte la qualité de vie des Torontois et les gens en périphérie de la ville?

Il y a tellement d’argent à Toronto et aux alentours que c’était certain que ça arriverait. J’ai fait un gros effort pour essayer de moins me plaindre dernièrement sur la ville, parce que c’est ce que j’ai toujours fait. Tout ce que je vais dire c’est que leur équipe de hockey est vraiment de la merde et quand ton équipe est aussi nulle, c’est difficile de rallier un réel esprit de communauté.

Finissons en musique si tu veux bien. Quels sont tes plans avec Wayfarer pour la prochaine année?

En ce moment, on voudrait juste pourvoir jouer le plus possible et espérer toucher le plus de gens avec notre album. Nous allons bientôt filmer une vidéo avec notre ami Erik de Hey Cadet! Productions et planifions sinon des dates au Québec et en Ontario avec d’autres amis. J’espère que nous allons faire plusieurs dates au Québec à la fin de l’année avec nos amis de Life In Vacuum. Je travaille sur des nouvelles chansons, mais il n’y a vraiment pas de presse à sortir quelque chose de nouveau bientôt.

Nous sommes vraiment contents de vous avoir ici pour le Big House Fest II le 11 octobre prochain avec Heisenbeards, Barrasso, Threes et Templeton à l’Esco. Tout le monde chez Vakarme vous souhaite la meilleure des chances pour l’année à venir. Une chose est certaine, on a beaucoup écouté Sleep Through to the Light dans les dernières semaines et l’avenir semble glorieux pour vous!

Merci beaucoup, j’ai vraiment hâte de revenir à Montréal.

Merci!

*****

A couple months ago, Housebreaker Records announced the adding of a new player on their roster, the ontarians of Wayfarer. Preparing the release of their second album, Sleep Through The Light, the band was in the process of trying to reach new horizons and they spotted Montreal like a fun and different home. Since then, we had the chance to listen to a first song from the album, Worn Out and now it’s our turn to make you listen to a new song off the band’s sophomore, Translating. We also sat down with Kyle for a little talk about the album, so here you are, we hope you’ll like it just like we did!

Hey Kyle, we’re glad to have you here to talk about the new Wayfarer album. Can you tell us a little about what you have been doing in terms of music-related work in the last few years?

The last few years have really slowed down for me personally. I’ve pretty much been writing this LP since early 2012. It was the first time I’ve really only been in one band in a long time so I took the time to demo the entire album and rework stuff with the other guys and really take it slow which usually I don’t get to do. In the way of other projects, I fill in occasionally on bass for a band called Exalt out of Kitchener when their guy is away at work. Steve works pretty solid on his own project called Hinindar and Geoff plays guitar in another band called Teen Violence. Mike is getting his masters in jazz drumming in Toronto. 

Wayfarer’s second album, Sleep Through To The Light, a logical follow up to Our Fathers, the bands first LP from 2010, will see the light in the coming weeks. How would you qualify the evolution of the band since these last 4 years?

The biggest difference is the line-up. Geoff joined the band on bass right before we put out the Decayfarer split in 2011. Mike Rajna is our full-time drummer but due to logistics he couldn’t be part of the recording. We were determined to track all the instruments live off the floor this time around so I actually dropped back to play drums on the record and we brought in our good friend Marcus Wanka (who also plays in Teen Violence with Geoff) to play all my rhythm guitar parts. This was great because he is a far superior guitar player so that really allowed Steve and Geoff to work with Marcus and open up some parts and make stuff way cooler than if I played them. We tracked it quickly but the quality of recording is greatly improved. We went back to Greg Dawson at BWC studios (where we did the Decayfarer split) and took a live approach to the whole thing.

Song writing became more of a group effort on this release, which was huge. Like I said before we weren’t strapped for time or anything so I brought a lot of stuff into practice that I thought probably wouldn’t even make the record. After Steve and Geoff worked on it though they became some of the staples of the record. Translating was a good example of this. I had basically scrapped the song and brought it back a few weeks before our recording session and we revamped it completely. This record sounds more focused, a little more put together and a lot more cohesive from top to bottom. It’s what naturally comes when you get a few years older and know how to work in a studio setting.

Anyone who has listened to Hot Water Music in his life can relate to some of Wayfarer’s discography. I’m sure the Floridian quartet has been a major influence to the band’s debut. Within your evolution in the north-american punk-rock scene, do you feel like HWM is still a major influence for the songs you’re writing?

I’m probably the only member who spent real time with the HWM discography growing up; I think Mike was pretty into it at one point too though. There are very few bands that we all agree on but I’m sure HWM has left it’s mark on me. I think HWM definitely informed aspects of the sound and certainly was one of the first ways I branched out of standard punk songwriting to realize you could do a little more, the rhythm section could get a bit unconventional and it didn’t always have to be full throttle to still fall under the punk umbrella. It was emotional too which I always liked and I think I took a lot from but the HWM tag does at times get tiring. Due to the name of the band we’ll always get it but I fear it really pigeonholes us and can be a turn off for many people. I know the influence is there but I hope people give us the chance to prove we’re not just a rip-off band. Or at least decide by actually listening to us that we are in fact a direct rip-off.

This new album has a lot in common with songs like Still Eyes from Our Fathers in the sense that it isn’t pure fast melodic punk-rock. I think that’s what I always loved about Wayfarer. It never really stuck to speed, but instead focused on diversity and emotion. Something we can associate to bands like Samiam, and to a certain extent, even Lucero. But something that is also really influenced by indie rock. What is Wayfarer’s place in all of this scene? Do you feel like you’ve distanced yourself from a more traditional punk-rock?

I’m glad you say that. Still Eyes was always my favourite song off that record and it seemed to connect with people to some extent so I’m happy about that. That LP was a little all over the place, it was the ten songs we had at the time and we figured it was good enough for a record. The new record though, Sleep Through to the Light, was formatted very intentionally. The A Side of the record is what I would consider a little more accessible. It sort of goes through everything we do, aggressive at times but with some softer moments. It focuses a little more on melody and has songs with a more traditional structure. I always try to retain some pop sensibilities in my songwriting and I think the first half is where most of that happens. The B Side we let get a little more moody, we focused on dynamics and range a little more and played around with song structures and patterns (or lack thereof). I also envisioned it from the perspective of new listeners that likely have no prior experience with the band and so starting a record a certain way may help draw in their attention. I think in the end, the people that like the band will gravitate towards the songs on the B side but I think we struck a pretty sensible balance.

We’ve always struggled with the indie/punk balance. We’re either the most punk band or the least punk band on any show we play but I don’t shy away from booking either. Distancing ourselves from traditional punk-rock happened somewhat naturally I guess. It’s just super easy to get real boring, real fast in that world. Indie is such a massive umbrella that it becomes an easy descriptor that even I use it all the time to describe the band. Our main goal is to create songs we like and that keep us interested in making and recording music. If that connects with indie fans, great. If punk kids like it too, even better.

Can you tell us about your favorite albums of the year so far?

It’s been a pretty good year so far. A band from California called Weatherbox put out a record called Flies in all Directions earlier this year and it’s incredible. I can’t think of a record that has come out in the last few years that hit me as hard as this one. It’s one of those special records for me that just came at the right time and I connected with from the start. It’s flawless in my opinion and has been a long time coming. I feel as though it may have top-ten-of-all-time staying potential but we’ll see. I’m glad it’s finally out and hope more people take the time to check it out. Some other’s quickly:

Weatherbox – Flies in all Directions
Hard Girls – A Thousand Surfaces
The Hold Steady – Teeth Dreams
Conor Oberst – Upside Down Mountain
Behemoth – The Satanist
Angel Olsen – Burn Your Fire for no Witness
La Dispute – Rooms of the House
The Menzingers – Rented World

Enough with the influences, can you tell us about what you are trying to say and evoke on this record? There is pure emotion, and we want to know what drives the writting of it.

Alright, I’ll try and compress the general themes and ideas behind the record for this. My band mates are probably so sick of hearing me talk about it by this point.

Late 2011 I did a semester of school in Krakow, Poland. My intention was to write the entire record while I was there. Good thing I didn’t because what kind of a loser do you have to be to be somewhere like that and sit inside all the time playing guitar. Anyways, I went there expecting it to be a nice vacation from bands, work, real life etc. but it ended up being hugely influential to both this record and my general viewpoint. Poland has a rich history of great writers and poets, many of whom met a tragic demise either during World War II or in the following years under the control of the USSR. I learned a lot of these people’s stories while I was there and saw them as allegories. I tried to make every song either relate to a specific character or have something to do with the time I spent there. These were stories I felt were important lessons to anyone, anywhere, yet due to the way our education system is set up not many people get to study it and they certainly weren’t getting the perspective of the people who actually lived through these times. The overarching theme that I tried to run with was that once the war ended people felt a sense of relief in thinking that at least humanity had hit its worst. With the holocaust, at least from here on out, nothing could be worse than that. Yet as time went on we saw the horror and oppression of WWII had simply taken new forms, more manipulative and cunning, and still carried out the same effects on populations. One of the first lines of the record, “Wish I never had to witness how quickly evil changes shape” was sort of my thesis. How you escape this evil or these restrictions was what I wanted to explore through the stories of others who lived it at its most encompassing.

Some quick example of the influences: Alpha, Beta and the Captive Mind all come from the book The Captive Mind by Czeslaw Milosz, Ewa (pronounced Eva) was a professor I had who used to print banned books in the communist years and whose father survived Auschwitz, the album artwork is a set of windows on a government building in Krakow and the album name comes from a Czeslaw Milosz poem.

Wow, that’s really interesting. If we come back to some local politics in the context of Canada. You guys are from Kitchener, ON. How is punk-rock in this part of the country? Are people organizing DIY shows, zines and workshops? Is there a feeling of community where everyone is comfortable and accepted, no matter what their sex-orientation, ethnic group or gender is?

Kitchener has a couple music scenes that sadly stay pretty separate. Our friend Jesse Billings works hard to promote DIY shows with an inclusive attitude and we owe him a ton of thanks for the huge amounts of effort he puts into it. We have a cool festival here called KOI Music Fest in September that brings bands from all over North America for the weekend that doesn’t just focus on DIY bands but covers all sorts of “indie” bands. Overall, Kitchener is a pretty decent place to be for shows, but like every mid-sized city, has many ups and downs.

We hear so much of the gentrification of Toronto here in Montreal because, well, the rent here is almost half the price. What’s your feeling on how it affects the living for Torontonians and the people on the periphery of the city?

There’s so much money in and around Toronto it’s just bound to happen. I’ve made a conscious effort to complain less about the city lately because I always hated on it. All I’ll say is their hockey team is bullshit and when your team is total trash it’s hard to rally a true community spirit.

Back to music, what’s your plan for the next year with Wayfarer?

Right now we just want to play as much as possible and hopefully get the record to as many people as we can. We’re filming a music video soon with our friend Erik from Hey Cadet! Productions and planning QC/ON dates with some friends. Hopefully we’ll do a bunch of Quebec with our friends in Life in Vacuum later this year. I’ve got some new songs in the works but certainly no rush to put anything else out anytime soon.

Well, we’re really happy to have you for the Big House Fest II on october 11 with Heisenbeards, Barrasso, Threes and Templeton at l’Esco. Everybody at Vakarme wishes the band all the luck for the next year. One thing sure, we’ve been listening to Sleep Through To The Light a lot in the last weeks and we think future looks bright for you guys!

Thanks so much, can’t wait to return to Montreal.

Thanks!